Hantavirus : un passager français symptomatique après le rapatriement du MV Hondius

Graphic showing how hantavirus can spread

Un passager français développe des symptômes lors du rapatriement

Un passager français rapatrié du paquebot MV Hondius, touché par une épidémie de hantavirus, a montré des symptômes de la maladie lors du vol de rapatriement entre Tenerife et Paris, a annoncé ce dimanche 10 mai le Premier ministre Sébastien Lecornu. Les cinq ressortissants français évacués du navire ont été placés en isolement strict dès leur arrivée à l'aéroport du Bourget, selon un communiqué du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.

Ils ont été transportés par ambulance jusqu'à l'hôpital Bichat à Paris, où ils seront confinés pendant 72 heures et soumis à une évaluation complète, avant de pouvoir rentrer chez eux pour une quarantaine de 45 jours. Des agents en tenue de protection intégrale ont été aperçus sur le tarmac lors de l'accueil des passagers.

Le paquebot MV Hondius au centre de l'épidémie

Le MV Hondius, un navire d'expédition néerlandais, avait jeté l'ancre au large de Tenerife aux premières lueurs du jour, transportant 147 personnes. L'épidémie de hantavirus, confirmée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) comme étant due au virus Andes, a déjà causé la mort de trois passagers et contaminé six personnes. Les opérations d'évacuation se sont déroulées dimanche, avec 94 passagers de 19 nationalités différentes acheminés vers divers pays.

Quatorze Espagnols ont été transférés à Madrid pour une quarantaine obligatoire dans un hôpital militaire. Les ressortissants britanniques ont quant à eux été rapatriés vers Manchester et placés sous surveillance, bien qu'aucun d'entre eux n'ait pour l'instant présenté de symptômes, selon la UK Health Security Agency (UKHSA). Un vol transportant 26 passagers et membres d'équipage, dont huit Néerlandais, est également arrivé aux Pays-Bas.

Qu'est-ce que le hantavirus ?

Le hantavirus est un virus dangereux, généralement transmis à l'homme par contact avec des rongeurs infectés, leurs excréments ou leur salive. La souche Andes, confirmée dans l'épidémie du MV Hondius, est particulière car elle a la capacité documentée de se transmettre d'humain à humain, dans des conditions spécifiques de contact étroit et prolongé. Cette caractéristique la distingue des autres souches de hantavirus, qui ne se propagent pas entre humains.

Les symptômes et l'évolution de la maladie

L'infection par le virus Andes peut provoquer le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une maladie grave et potentiellement mortelle qui affecte les poumons. Les premiers symptômes ressemblent souvent à ceux d'une grippe : fièvre, fatigue, douleurs musculaires, maux de tête, vertiges, frissons, nausées, vomissements et diarrhée. Environ 4 à 10 jours après le début de la phase symptomatique, une toux et un essoufflement peuvent apparaître, signalant une atteinte pulmonaire sévère.

La période d'incubation varie généralement de 1 à 8 semaines après l'exposition. La maladie évolue en deux phases : une phase prodromique (symptômes grippaux) d'une durée de 3 à 7 jours, suivie d'une phase cardiopulmonaire avec détresse respiratoire aiguë. Le taux de létalité du SPH est estimé entre 30 et 50%.

La contagiosité du virus Andes

Contrairement au Covid-19 ou à la grippe, le virus Andes ne se transmet pas par voie aérienne. La transmission interhumaine, bien que documentée, reste rare et nécessite un contact prolongé et rapproché avec une personne infectée, principalement lors de la phase aiguë de la maladie. La période de contagiosité maximale semble coïncider avec les premiers jours de fièvre.

État de la situation et réponses sanitaires

Les mesures de santé publique aux États-Unis

Les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains ont activé leur plan de réponse. Dans une mise à jour datée du 8 mai 2026, le CDC indique travailler en étroite collaboration avec le Département d'État et d'autres partenaires gouvernementaux pour rapatrier les Américains présents à bord du MV Hondius. Aucun cas d'infection par le virus Andes n'a été signalé aux États-Unis à ce jour.

Le CDC estime que le risque global pour les voyageurs et la population américaine reste extrêmement faible et que les déplacements de routine peuvent se poursuivre normalement. L'agence sanitaire a également notifié les services de santé des États où résident les passagers américains qui ont débarqué du navire avant l'identification de l'épidémie, et fournit des conseils actualisés.

La quarantaine et le suivi des cas contacts

Les autorités sanitaires de plusieurs pays mettent en place des mesures de quarantaine strictes. En France, les passagers rapatriés sont placés en isolement pour 72 heures à l'hôpital, puis doivent s'auto-isoler pendant 45 jours à leur domicile. Les 14 Espagnols sont en quarantaine obligatoire dans un hôpital militaire à Madrid. Quant aux Britanniques, ils sont suivis par la UKHSA, sans symptômes rapportés pour l'instant.

Le suivi des cas contacts est une priorité : les autorités sanitaires travaillent à identifier toutes les personnes ayant pu être exposées au virus, que ce soit à bord du navire ou lors des interactions avec les passagers depuis leur arrivée à terre.

Contexte et enjeux : pourquoi cette épidémie est préoccupante

La comparaison avec le Diamond Princess

Cette épidémie rappelle la situation du Diamond Princess au début de la pandémie de Covid-19, où un navire de croisière avait été mis en quarantaine au large du Japon en février 2020. La configuration des paquebots, avec des espaces confinés et une promiscuité inévitable entre passagers et membres d'équipage, favorise la propagation des maladies infectieuses. Cependant, le hantavirus est moins contagieux que le coronavirus, ce qui limite les risques de transmission massive.

L'implication de l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé a officiellement reconnu l'épidémie et coordonne la réponse internationale. L'OMS a confirmé que la souche en cause est le virus Andes, ce qui a permis d'adapter les mesures de prévention et de contrôle. L'agence onusienne fournit une assistance technique aux autorités sanitaires nationales.

Quelles perspectives pour les semaines à venir ?

Le rapatriement des derniers passagers

Les deux derniers vols d'évacuation depuis le MV Hondius devaient partir lundi après-midi, selon les informations disponibles. Les opérations de rapatriement semblent se dérouler selon le plan établi par les autorités espagnoles, qui ont salué le bon déroulement de l'opération.

La surveillance épidémiologique

Les autorités sanitaires de plusieurs pays mettent en place une surveillance renforcée des passagers rapatriés. En France, les personnes placées en isolement seront suivies médicalement pendant toute la durée de la quarantaine. Le Royaume-Uni a mis en place un système de suivi pour les 26 passagers et membres d'équipage arrivés à Manchester.

Une menace limitée mais réelle

Le hantavirus reste une maladie rare, mais potentiellement mortelle. L'épidémie sur le MV Hondius rappelle que les voyages internationaux, en particulier sur des navires, peuvent exposer à des pathogènes inhabituels. La vigilance des autorités sanitaires et la coopération internationale sont essentielles pour contenir ce type d'épidémie.

Pour en savoir plus sur l'évolution de cette épidémie, vous pouvez consulter notre article dédié : Hantavirus sur le MV Hondius : les Américains rapatriés, l'OMS tempère les craintes.

Les recommandations aux voyageurs

Les CDC recommandent aux voyageurs de se laver fréquemment les mains, d'éviter tout contact avec les rongeurs et leurs excréments, et de consulter un médecin en cas de symptômes évocateurs après un séjour dans une zone à risque. En cas de fièvre ou de difficultés respiratoires dans les semaines suivant un voyage, il est impératif de consulter rapidement un professionnel de santé.

Commentaires