Foyer de hantavirus sur un navire de croisière : trois morts et une évacuation en cours

Hantavirus sur un bateau de croisière : des passagers en quarantaine, le débarquement s'organise

Le MV Hondius en quarantaine au large du Cap-Vert

Un navire de croisière, le MV Hondius, est au cœur d'une crise sanitaire internationale après la mort de trois passagers et la contamination d'au moins deux personnes par le hantavirus. Depuis le 4 mai 2026, le bateau est ancré au large des côtes du Cap-Vert, où les autorités locales ont refusé l'autorisation d'accoster par mesure de précaution. À son bord, 149 personnes – 88 passagers et 59 membres d'équipage – venues de 23 pays différents, dont 17 Américains, sont confinées et soumises à des mesures d'isolement strictes.

Un bilan qui s'alourdit

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), deux cas de hantavirus ont été officiellement confirmés : celui d'une ressortissante néerlandaise décédée et celui d'un Britannique de 69 ans, actuellement hospitalisé en soins intensifs à Johannesburg, en Afrique du Sud. Un troisième décès, celui d'un passager allemand, est en cours d'investigation. Deux membres d'équipage – un Britannique et un Néerlandais – présentent des symptômes et attendent une évacuation médicale urgente. Un autre patient, un proche du passager allemand, est également sous surveillance.

Chronologie d'une traversée sous tension

Le MV Hondius a quitté l'Argentine il y a environ trois semaines, à destination des îles Canaries. Les premiers symptômes sont apparus entre le 6 avril et le 29 avril. Le premier décès, celui d'un Néerlandais, est survenu en mer. Sa femme, infectée également, a été évacuée vers l'hôpital de Johannesburg après une escale à Sainte-Hélène, où elle est décédée peu après son arrivée. Le troisième mort, un Allemand, a été déclaré le dimanche 3 mai.

Un refus d'accoster qui complique la situation

Le gouvernement cap-verdien a justifié son refus de laisser le navire accoster à Praia par la nécessité de protéger sa population. La compagnie Oceanwide Expeditions, qui opère le bateau, a alors proposé une reprogrammation vers Las Palmas ou Tenerife, dans les îles Canaries. En attendant, une ambulance aérienne est en préparation pour évacuer les malades les plus graves. L'OMS a précisé que le risque pour le grand public reste faible, le hantavirus étant rarement transmis entre humains.

Qu'est-ce que le hantavirus ?

Le hantavirus est une maladie virale principalement transmise par les rongeurs, via leur urine, leurs excréments ou leur salive. L'infection peut provoquer une grave maladie respiratoire, le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), dont le taux de mortalité peut atteindre 38 % dans certaines formes. La transmission interhumaine est exceptionnelle, ce qui explique pourquoi les autorités sanitaires jugent l'alerte contenue.

Un virus rare mais redoutable

Il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique contre le hantavirus. La prise en charge repose sur une réanimation respiratoire précoce en milieu hospitalier. Les symptômes initiaux – fièvre, douleurs musculaires, fatigue – sont souvent confondus avec ceux d'une grippe, ce qui retarde le diagnostic. L'incubation peut varier de une à huit semaines.

Les leçons d'une épidémie en milieu confiné

Cette crise rappelle la vulnérabilité des grands navires de croisière face aux agents infectieux. En 2020, le Diamond Princess avait été placé en quarantaine au Japon en raison du Covid-19. Si le hantavirus est bien moins contagieux, l'épisode actuel pose des questions sur les protocoles sanitaires à bord et la coordination internationale des évacuations.

Un test pour la coopération sanitaire

L'OMS est impliquée dans la planification des évacuations médicales et la coordination avec les autorités sud-africaines et cap-verdiennes. L'absence de solution de débarquement rapide complique la logistique et accroît l'angoisse des passagers. Certains experts estiment que les navires de croisière, par leur promiscuité et leur itinéraire international, constituent un maillon faible dans la détection précoce des maladies émergentes.

Vers un renforcement des contrôles sanitaires en mer ?

Cet incident pourrait accélérer les discussions sur un durcissement des normes sanitaires pour les traversées transatlantiques. La déclaration obligatoire de tout cas suspect, l'isolement immédiat des passagers symptomatiques et la mise en place de corridors sanitaires aériens sont autant de pistes évoquées.

En attendant, les familles des victimes et les passagers du MV Hondius vivent une attente angoissante. L'espoir d'un débarquement rapide repose désormais sur l'acceptation par l'Espagne ou le Maroc d'accueillir le navire. Une réunion d'urgence est prévue ce 5 mai au siège de l'OMS à Genève.

Ce que cela change pour le voyageur

Pour le grand public, le risque immédiat est jugé négligeable. Cependant, cette affaire rappelle qu'avant de s'embarquer pour une longue traversée, il est prudent de vérifier la couverture sanitaire de son assurance voyage et de se renseigner sur l'état sanitaire de la région visitée. Les autorités recommandent également d'éviter tout contact avec les rongeurs dans les zones portuaires ou lors d'excursions.

Dans un monde où la mobilité est reine, la frontière entre un simple voyage et une crise sanitaire internationale tient parfois à quelques particules virales.

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