Agathe Guillemot décroche l'or mondial sur le mile à Copenhague
La Française Agathe Guillemot a remporté, ce samedi 19 septembre 2026, l'épreuve du mile des championnats du monde de course sur route à Copenhague (Danemark). La spécialiste du 1 500 mètres, âgée de 27 ans, s'est imposée au terme d'un finish puissant, coupant la ligne en 4 minutes 22 secondes et 74 centièmes. Ce temps lui permet également de s'emparer du record d'Europe de la distance, effaçant la précédente marque de référence.
La Bigoudène, licenciée au CA Bigouden et née à Pont-l'Abbé, devance l'Éthiopienne Freweyni Hailu (4'24''35) et la Kényane Mirriam Cherop (4'25''71). Il s'agit de son premier titre planétaire, elle qui avait déjà été sacrée championne d'Europe en salle du 1 500 mètres en 2025. Chez les hommes, l'Allemand Robert Farken s'est imposé en 3'51''80.
Une course maîtrisée de bout en bout
Toujours bien placée dans le peloton, Agathe Guillemot a su gérer son effort avant de placer une accélération décisive dans les derniers mètres. Cette victoire vient récompenser une saison estivale exigeante, marquée par deux quatrièmes places frustrantes : aux Mondiaux en salle de Torun (Pologne) en mars, puis aux championnats d'Europe de Birmingham (Royaume-Uni) en août sur 1 500 mètres. La Bretonne avait fait de ce mile sur route son ultime objectif de l'été, et elle l'atteint de la plus belle des manières.
Un contexte de forte concurrence
Le plateau féminin de ce mile sur route était privé de certaines des meilleures spécialistes mondiales du 1 500 mètres, la Polonaise Klaudia Kazimierska, la Britannique Georgia Hunter Bell et l'Américaine Nikki Hiltz, toutes trois montées sur le podium des championnats Ultimate sur piste la semaine précédente. Pour autant, la victoire d'Agathe Guillemot n'en demeure pas moins significative : elle a dominé la favorite éthiopienne Freweyni Hailu, référence sur la distance, et affiche un chrono de très haut niveau qui aurait probablement suffi face à une concurrence plus dense.
Une progression constante depuis les JO
Depuis les Jeux olympiques de Paris, Agathe Guillemot ne cesse de gravir les échelons. En décembre 2025, elle avait contribué à la médaille de bronze par équipes de la France aux championnats d'Europe de cross-country au Portugal, aux côtés de Marie Bouchard. En mai 2026, elle avait tenté de battre le record de France du 1 000 mètres lors du Meeting Bigouden à Pont-l'Abbé, échouant à cinq secondes près. Cette fois, c'est sur le mile qu'elle inscrit son nom dans l'histoire de l'athlétisme français.
Une fin de saison en apothéose
Cette victoire mondiale vient clore de manière idéale une saison riche en émotions. Agathe Guillemot, qui confiait avant les Mondiaux de Tokyo en septembre 2025 se sentir « mieux armée qu'avant les JO » et viser le podium du 1 500 mètres, avait finalement dû se contenter de places d'honneur. Son sacre à Copenhague efface ces déceptions et confirme sa place parmi les meilleures coureuses de demi-fond au monde.
Un record d'Europe symbolique
En plus du titre, le record d'Europe du mile sur route constitue une performance remarquable. Cette distance, moins courue que le 1 500 mètres sur piste, revêt une dimension historique dans l'athlétisme. Détenir ce record place Agathe Guillemot dans une catégorie à part, celle des athlètes capables d'allier vitesse, endurance et sens tactique sur des formats variés. Ce chrono de 4'22''74 devrait également lui ouvrir des portes pour les prochaines échéances internationales, notamment les championnats d'Europe et les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028.
Perspectives : une nouvelle dimension pour l'athlétisme français
Avec ce titre mondial, Agathe Guillemot s'impose comme la figure de proue de l'athlétisme français féminin de demi-fond. Sa polyvalence, entre piste et route, lui confère un profil rare, à l'image d'autres grands noms de la discipline. Cette victoire pourrait aussi encourager le développement des épreuves sur route en France, à l'heure où les championnats du monde de course sur route prennent une importance croissante dans le calendrier international.
Pour la Fédération française d'athlétisme, ce sacre est une bouffée d'oxygène après plusieurs saisons mitigées. Il intervient quelques semaines après la performance de Renaud Lavillenie, qui a raté de peu le record du monde des plus de 40 ans à Clermont, et confirme que le renouveau de l'athlétisme tricolore passe aussi par les nouvelles générations. Agathe Guillemot, du haut de ses 27 ans, incarne désormais cet espoir. Son nom restera associé à une journée historique pour le sport français, un 19 septembre 2026 où le mile a retrouvé des couleurs bleues.
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