Triathlon XL de Gérardmer 2026 : Dupuy et Pfister sacrés sur les rives du lac
Ce samedi 5 septembre 2026, le Triathlon XL de Gérardmer a livré son verdict au terme d'une journée aussi exigeante que spectaculaire. Les triathlètes ont affronté un parcours sélectif de 1,9 km de natation, 90 km de vélo et 21 km de course à pied, avant de voir Pierre Dupuy et Darleen Pfister s'imposer respectivement chez les hommes et chez les femmes. Une édition 2026 marquée par des conditions idéales et une foule nombreuse, venue encourager les athlètes tout au long du parcours.
Le coup d'envoi a été donné à 8h45 depuis l'Union Nautique, sous un soleil radieux et une température de l'eau annoncée à 21°C – un confort appréciable pour les nageurs. Côté français, Pierre Dupuy a signé une victoire convaincante en 4h19m48s, devançant son compatriote Pierre Le Corre de près de deux minutes. Chez les femmes, la Suissesse Darleen Pfister a dominé les débats en 5h00m56s, confirmant son statut de favorite.
Un parcours exigeant au cœur des Vosges
Le Triathlon XL de Gérardmer n'a pas volé sa réputation d'épreuve redoutable. Après une première partie de natation dans les eaux calmes du lac, les concurrents ont enchaîné sur trois boucles de 31 kilomètres dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges. Un itinéraire vallonné, ponctué de neuf bosses – dont la célèbre montée du Poli – et fort de près de 1 900 mètres de dénivelé positif cumulé. Les organisateurs n'avaient pas caché leur ambition : offrir aux athlètes un défi physique et mental de haut vol.
La course à pied, composée de trois tours de 7 kilomètres autour du lac, a ajouté 240 mètres de dénivelé supplémentaire. Un tracé mixte, ombragé sur sa première moitié puis plus roulant, qui a souvent rebattu les cartes jusqu'aux derniers kilomètres. Cette année encore, les écarts se sont creusés dans le final, confirmant que la gestion de l'effort et la stratégie sont essentielles sur ce format.
Les classements complets
Chez les hommes, le top 10 est dominé par les Français, avec trois représentants dans les cinq premiers. Pierre Dupuy s'impose en 4h19m48s, devant Pierre Le Corre (4h21m44s) et l'Autrichien Thomas Steger (4h23m48s). Tom Vaelen (Belgique) et Louis Richard (France) complètent le top 5. Côté féminin, Darleen Pfister (Suisse) remporte la course en 5h00m56s, suivie d'Anja Koller (Suisse) à 1m56s et de Sara Sandrini (Italie) à 5m18s. La première Française, Amélie Harter, se classe 9e en 5h17m00s.
Un week-end de fête pour toute la ville
Le Triathlon de Gérardmer ne se limite pas au seul format XL. Depuis jeudi, le village Expo anime les abords du lac, avec des stands, des animations et le retrait des dossards. Samedi, après l'arrivée des premiers athlètes du XL, les plus jeunes ont participé à l'épreuve SuperKids, avant une remise des prix en fin d'après-midi. Dimanche 6 septembre, place aux formats Découverte, TriKids et Distance Olympique, qui doivent réunir plusieurs milliers de participants supplémentaires.
« C'est une marée humaine qui déferle sur le lac », résume un spectateur présent dès 7 heures du matin. Les organisateurs attendaient plus de 5 500 athlètes sur l'ensemble du week-end, un chiffre en légère hausse par rapport à l'an passé. Une affluence qui confirme l'attrait de cette épreuve créée en 1989, devenue l'un des rendez-vous incontournables du triathlon longue distance en France.
Pierre Dupuy, un succès construit dans la régularité
À 29 ans, le Français Pierre Dupuy a livré une course maîtrisée de bout en bout. Sorti de l'eau dans le groupe de tête, il a su gérer son effort sur les 90 kilomètres de vélo, avant d'accélérer dans le dernier tour de course à pied pour creuser l'écart. « Je savais que le vélo serait décisif, explique-t-il après la course. J'ai gardé des forces pour la fin, car ici, tout peut basculer dans les dix derniers kilomètres. »
Une stratégie payante, qui lui permet de s'imposer devant un plateau relevé, avec notamment la présence de plusieurs internationaux. Pierre Le Corre, deuxième, s'est dit satisfait de sa performance, même s'il admet avoir manqué de « jus » dans les cinq derniers kilomètres. L'Autrichien Thomas Steger complète le podium, confirmant son aisance sur les parcours vallonnés.
Chez les femmes, Darleen Pfister a livré une course solide, malgré une concurrence accrue. La Suissesse, déjà victorieuse sur l'épreuve en 2024, n'a jamais tremblé. « C'est un parcours qui me convient parfaitement, avoue-t-elle. J'aime les efforts longs et techniques. Gagner ici, devant ce public, c'est toujours spécial. »
L'importance de l'événement pour la région
Au-delà de la performance sportive, le Triathlon de Gérardmer représente un enjeu économique et touristique majeur pour la région des Vosges. Chaque année, ce sont des milliers de visiteurs qui convergent vers la cité lacustre, remplissant hôtels, restaurants et commerces. Les retombées sont estimées à plusieurs millions d'euros pour le territoire, sans compter la notoriété offerte par la diffusion de l'événement sur les chaînes sportives et les réseaux sociaux.
« C'est un week-end crucial pour nous, confie un commerçant du centre-ville. Les gens viennent de toute la France, parfois de l'étranger, et restent souvent plusieurs jours. » La municipalité, qui soutient l'organisation depuis les débuts, se félicite de cette « vitrine exceptionnelle ». Une édition 2026 qui restera également marquée par l'engagement des bénévoles, véritables chevilles ouvrières de l'événement.
L'épreuve s'inscrit dans une dynamique plus large
Cette 38e édition intervient dans un contexte de forte croissance pour le triathlon en France. Selon la Fédération française de triathlon, le nombre de licenciés a augmenté de près de 15 % sur les cinq dernières années, et les formats longue distance attirent de plus en plus d'adeptes. Des courses comme Gérardmer, mais aussi l'Alpe d'Huez ou Embrun, participent à cette démocratisation du sport, malgré des exigences physiques redoutables.
Dans le même temps, l'épreuve doit s'adapter aux nouvelles attentes, notamment en matière d'impact environnemental. L'organisation a ainsi mis en place des initiatives pour réduire les déchets, encourager le covoiturage et protéger le lac de Gérardmer. Des efforts salués par les participants, dont beaucoup viennent aussi pour la qualité du site. L'avenir du triathlon semble donc radieux, porté par des rendez-vous comme celui-ci, où le sport se conjugue avec la beauté des paysages et la ferveur populaire.
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