Claire Bannwarth enchaîne : victoire sur la SwissPeaks 170 à neuf jours du TOR330
Moins d'une semaine après la fin de l'UTMB, l'actualité du trail reste animée. Ce vendredi 4 septembre 2026, la Française Claire Bannwarth a remporté la SwissPeaks 100 Miles, une épreuve de 168 kilomètres et près de 11 000 mètres de dénivelé positif, dans le Valais suisse. Elle s'est imposée en 33 h 57 min 04 s, devançant Sarah Verguet Moniz (35 h 31 min 43 s) et Marie Laurent (35 h 36 min 35 s).
Cet exploit intervient seulement neuf jours avant le départ du Tor des Géants (TOR330), où elle est attendue. Un calendrier pour le moins dense, même pour une athlète habituée aux défis les plus extrêmes.
Une victoire qui en dit long sur sa forme
La SwissPeaks 100 Miles fait partie d'un ensemble de courses organisées en Valais, avec des formats allant de 10 km à plus de 600 km. Le parcours de 168 km relie le barrage de la Grande-Dixence au Bouveret, au bord du lac Léman, avec des passages très alpins et techniques. L'organisation le présente comme « exigeant », un adjectif presque anodin pour décrire une telle épreuve.
Pour Claire Bannwarth, cette victoire est d'autant plus significative qu'elle revient d'une longue blessure au pied, qui l'avait contrainte à l'opération et à une rééducation de plusieurs mois. Visiblement, la machine est de nouveau lancée.
Un enchaînement de courses qui interroge
Ce n'est pas la première fois que Claire Bannwarth enchaîne les efforts extrêmes. En à peine un mois, elle a déjà terminé 5e de l'Échappée Belle (150 km) et remporté le 100 miles de la Swiss Alps. La victoire à la SwissPeaks constitue donc son troisième cent miles en un mois.
Un rythme qui peut sembler insensé, mais qui correspond à son approche singulière de l'ultra-trail. Déjà en 2023, elle avait collectionné les victoires sur des formats très longs : la Spine Race (431 km) en janvier, la Trailcat 200 (plus de 300 km) en mars, le trail Menorca Cami de Cavalls, ou encore un podium sur le Montreux Trail. Elle avait également participé à la Barkley Marathon en 2025.
Sa capacité à enchaîner les courses sans longue récupération est devenue une signature. Mais elle a aussi ses limites : une tendinopathie du tibial postérieur et un problème mécanique au pied l'avaient contrainte à mettre la course à pied entre parenthèses pour monter sur un vélo. Une période difficile qu'elle semble avoir surmontée.
Le TOR330 comme prochain objectif
Alors que la plupart des trailers auraient besoin de plusieurs semaines de récupération après un tel effort, Claire Bannwarth s'apprête à prendre le départ du Tor des Géants, une course de 330 km dans les Alpes italiennes, avec plus de 24 000 mètres de dénivelé positif. Un challenge monumental, même pour elle.
Sa présence au départ suscite bien sûr de grandes attentes, d'autant qu'elle a prouvé qu'elle était capable de briller sur les distances les plus folles. Mais cette succession d'épreuves interroge sur les limites du corps humain et sur la gestion de la récupération à ce niveau d'exigence.
Un modèle pour le trail, mais à quel prix ?
Le cas de Claire Bannwarth illustre une tendance plus large dans l'ultra-trail : la recherche de défis toujours plus longs, toujours plus exigeants, parfois au détriment de la santé. Son parcours inspire, mais il pose aussi la question de la durabilité d'une telle carrière.
Pour l'instant, la Lapine DuDuraCell (son surnom) semble repousser ses limites avec une aisance déconcertante. Son exploit à la SwissPeaks, à neuf jours du TOR330, est un nouveau chapitre de sa légende. Reste à savoir si elle pourra tenir ce rythme sur la durée, et si sa santé lui laissera le loisir de continuer à écrire l'histoire.
En attendant, toute la communauté du trail attend avec impatience son prochain exploit dans les vallées du Tor. Un nom à suivre de très près, comme toujours.
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