Victoire de Kooij : Jacquelin savoure son rôle d'équipier
Sur la 3e étape du Tour de Grande-Bretagne, vendredi 4 septembre 2026, l'équipe Decathlon-CMA CGM a frappé fort. Le sprinteur néerlandais Olav Kooij s'est imposé, et Émilien Jacquelin, son équipier, a vécu ce succès depuis l'intérieur du peloton. Quelques secondes après avoir franchi la ligne, le biathlète reconverti a confié sa joie au micro de La chaîne L'Équipe : « Je l'ai su à l'oreillette. J'ai passé la ligne une cinquantaine de secondes après Olav. Dès qu'il a célébré, l'info a été transmise. On est toujours très content quand un coéquipier peut gagner. »
Un succès qui valide le plan de route établi par la formation française. L'objectif du jour était clair : « viser le sprint avec Olav », comme l'a expliqué Jacquelin, alors que l'étape s'est avérée « tendue toute la journée ». Le Français, âgé de 26 ans, s'est montré à la hauteur de sa mission, participant activement au travail d'équipe qui a permis au Néerlandais de s'exprimer dans les derniers mètres. Une prestation qui confirme son intégration rapide dans le collectif.
Un été chargé pour Jacquelin, entre biathlon et cyclisme
Cette participation au Tour de Grande-Bretagne (2-6 septembre) s'inscrit dans un été particulièrement dense pour Émilien Jacquelin. Après avoir fait ses adieux au biathlon de haut niveau, où il a décroché l'or en relais aux Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026, il a enchaîné les courses sur route. On l'a vu à la Polynormande (88e), au Tour du Limousin (52e), où il a découvert le niveau ProSeries, puis aux Jeux Méditerranéens à la fin du mois d'août. Une 14e place, plombée par un problème mécanique qui l'a privé d'un possible Top 5.
Pour cette course britannique, l'équipe Decathlon-CMA CGM a misé sur une sélection orientée vers le sprint, avec notamment Cees Bol, Robbe Ghys, Daan Hoole, Stan Dewulf et bien sûr Olav Kooij, protégé de luxe. Le Belge Stan Dewulf, de retour après une fracture consécutive à une chute en stage fin juillet, a également fait son apparition dans cette composition. Jacquelin, lui, s'est vu confier un rôle d'équipier de premier plan, une mission qu'il a assumée avec sérieux.
Cette course marque aussi une nouvelle étape dans la transition du Français. Le week-end dernier, L'Équipe révélait qu'il se consacrerait à 100 % au cyclisme en 2027. Une décision qui confirme que le biathlète de 26 ans a définitivement tourné la page de la neige. Il a déjà entamé des démarches en ce sens, puisqu'il s'est entouré d'un agent pour trouver une équipe pour la saison prochaine. En attendant, il accumule l'expérience sur les routes européennes.
Mais avant de penser à 2027, Jacquelin doit terminer ce Tour de Grande-Bretagne. Après trois étapes, le bilan est déjà positif avec ce succès de Kooij. Le prochain rendez-vous, samedi, pourrait offrir une nouvelle occasion au sprinteur néerlandais de lever les bras. Le Français sera là pour l'épauler, comme il l'a fait vendredi, avec un plaisir non dissimulé. Dans son nouveau métier, l'ancien biathlète semble avoir trouvé sa voie.
Un changement de discipline qui interroge et impressionne
Au-delà de la performance du jour, c'est bien le parcours d'Émilien Jacquelin qui suscite l'intérêt. Passer du biathlon, sport d'hiver exigeant, au cyclisme professionnel sur route en l'espace de quelques mois est un pari osé. Mais le Français semble déterminé à réussir. Avec un palmarès déjà solide dans sa discipline d'origine – champion olympique du relais en 2026, champion du monde de poursuite en 2020 –, il aurait pu poursuivre une carrière tout en gloire. Son choix de se tourner vers le vélo, lui qui a toujours fait du cyclisme un entraînement estival, interroge certains observateurs, mais force le respect.
Sa performance en Angleterre, dans un rôle ingrat d'équipier, prouve qu'il ne vient pas pour se tourner les pouces. « C'est le métavers », avait-il ironisé après la victoire de son coéquipier, une formule qui en dit long sur son humour et son intégration. Pendant qu'Olav Kooij lève les bras, d'autres se distinguent ailleurs dans l'actualité sportive. Le Triathlon XL de Gérardmer 2026 a couronné ses champions dans les Vosges, tandis que l'UFC Paris fait vibrer les fans de MMA. Mais pour Jacquelin, l'heure est à la poursuite de sa mue, étape par étape.
D'ici la fin de saison, il devrait encore multiplier les courses pour engranger de l'expérience. Son objectif est clair : convaincre une équipe WorldTeam de lui faire confiance pour 2027. En attendant, il savoure chaque instant, comme cette victoire de Kooij qui restera comme une étape clé de son apprentissage. Le cyclisme professionnel n'a décidément pas fini de découvrir l'ancien biathlète.
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