Les Bleues en tête, cap sur Cardiff pour enfoncer le clou
Ce samedi 18 avril 2026, l'équipe de France féminine de rugby dispute son deuxième match du Tournoi des 6 Nations face au Pays de Galles, à 16h35. Après une entrée en matière victorieuse la semaine passée contre l'Italie (40-7) à Grenoble, les coéquipières de Manae Feleu abordent ce déplacement en position de leader du classement. L'enjeu est clair : transformer l'essai et asseoir leur statut de prétendantes sérieuses au titre, qui leur échappe depuis 2018.
La rencontre est diffusée sur les chaînes habituelles du rugby féminin français, et représente le premier vrai test en déplacement pour le nouveau sélectionneur François Ratier, dont c'est seulement le deuxième match à la tête des Bleues.
Une victoire inaugurale prometteuse, mais perfectible
Une première mi-temps poussive, une seconde flamboyante
Le bilan du match d'ouverture face à l'Italie est contrasté. À la pause, les Bleues ne menaient que 5 à 0, peinant à mettre en place leur nouveau projet de jeu face à des Italiennes accrocheuses. Mais la deuxième période a été d'une toute autre nature : cinq essais inscrits, une domination totale, et un score final de 40-7 avec le bonus offensif. Une montée en puissance qui a rassuré le staff et les observateurs, même si François Ratier a été clair en conférence de presse : « Il faut gagner, il n'y a pas le choix. » Pour lui, ces 40 premières minutes réussies ne demandent qu'à être reproduites dès l'entame de match, et plus seulement après la pause.
La blessure de Joanna Grisez, seule ombre au tableau
La victoire contre l'Italie a néanmoins été ternie par la grave blessure de Joanna Grisez, touchée aux ligaments croisés. La joueuse est contrainte de déclarer forfait pour l'intégralité de la suite du Tournoi. Une perte sensible pour les Bleues, que la deuxième ligne Madoussou Fall-Raclot a tenu à relativiser avec fair-play : « Joana est une très grande joueuse. Elle nous apporte énormément, mais nous savons que ce maillot ne nous appartient pas. Toutes les joueuses qui intègrent le groupe apportent autant que celles qui partent. » Un discours de cohésion qui témoigne de l'état d'esprit voulu par le nouveau staff.
Le Pays de Galles, un adversaire à ne pas sous-estimer
Des Galloises battues de peu en ouverture
Sur le papier, le Pays de Galles figure parmi les nations les moins bien classées du Tournoi, ayant terminé aux deux dernières places lors des éditions précédentes. Mais les chiffres récents méritent attention : lors de leur match d'ouverture, les Galloises n'ont été battues que de cinq points par l'Écosse (24-19), montrant un visage combatif et une capacité à rester dans les matchs jusqu'au bout. De quoi inciter les Bleues à la prudence.
François Ratier l'a d'ailleurs dit explicitement à ses joueuses : il ne veut pas que la France soit l'équipe sur laquelle le Pays de Galles construit sa saison. Un avertissement qui rappelle que dans le rugby féminin, les écarts de niveau entre nations se sont considérablement réduits ces dernières années.
« On ne sous-estime aucune équipe »
Madoussou Fall-Raclot, l'une des leaders du pack français, a insisté sur la vigilance nécessaire avant ce déplacement : « Nous savons que les Galloises sont une grosse équipe, qu'il y aura du combat, parce qu'elles ne lâchent rien jusqu'à la fin. Donc, nous mettons tout en place pour aller les affronter. » La deuxième ligne a également décrit les contours du nouveau projet de jeu mis en place par le staff Ratier : « C'est un jeu assez structuré. Chacune connaît son rôle, même si cela peut évoluer. Nous connaissons nos placements et nous savons aussi nous adapter. C'est un projet de jeu très ambitieux. »
Un nouveau cycle, un nouveau staff, une nouvelle ambition
François Ratier aux commandes d'une reconstruction
L'arrivée de François Ratier à la tête du XV de France féminin marque le début d'un nouveau cycle après plusieurs années de résultats en demi-teinte au niveau international. Le sélectionneur, visiblement ému après son baptême du feu — il a évoqué « des émotions multipliées par 100, 1 000 » —, s'appuie sur un groupe rajeuni, avec plusieurs joueuses qui font leurs grands débuts dans ce Tournoi 2026.
Parmi les nouvelles têtes qui font parler d'elles, Chloé Correa et Bonnie Soqeta ont été citées par Madoussou Fall-Raclot pour leur apport en puissance physique. Pauline Barrat et Siobhan Soqeta, passées par les équipes de développement, ont également été capées lors du premier match. Ce renouvellement de génération est perçu comme une richesse par les cadres du groupe, qui voient dans cette jeunesse une source d'énergie et de compétitivité interne.
La quête d'un titre qui se fait attendre depuis 2018
Le dernier titre de l'équipe de France féminine dans le Tournoi des 6 Nations remonte à 2018. Huit ans sans sacre pour une nation qui dispose pourtant d'un des effectifs les plus fournis d'Europe. Cette disette alimente une motivation supplémentaire dans le groupe, et la reconstruction entreprise par Ratier semble aller dans le bon sens, à en juger par la dynamique affichée lors du premier match.
Les Bleues savent qu'elles devront compter avec l'Angleterre, grande favorite traditionelle du Tournoi, et l'Irlande, qui monte en puissance. Chaque point pris, chaque bonus offensif conquis, pourrait s'avérer décisif au classement final.
Le Tournoi U21 féminin, autre nouveauté de l'édition 2026
Parallèlement au Tournoi des 6 Nations A, l'édition 2026 voit également les débuts d'une compétition inédite dans le paysage du rugby féminin européen : les Six Nations Women's Series U21. Cette nouvelle formule, qui prend la suite des Women's Summer Series U20 lancées à l'été 2024, rassemble les six nations du Tournoi dans une compétition dédiée aux joueuses de moins de 21 ans, avec la possibilité d'incorporer jusqu'à cinq joueuses entre 22 et 23 ans.
Ce samedi 18 avril marque également le coup d'envoi de la première édition de ce tournoi jeunes dans sa nouvelle mouture. La France U21 y participe, avec dans ses rangs plusieurs joueuses issues de la nouvelle génération tricolore. L'objectif est clair : structurer davantage la formation des joueuses d'élite, créer un vivier plus profond et mieux organisé pour alimenter le XV de France A dans les années à venir. Des joueuses comme Taïna Maka, Kiara Zago ou Kelly Arbey ont déjà emprunté ce chemin des équipes de développement vers l'équipe première, illustrant la pertinence de ce pipeline de formation.
Vers un rugby féminin français en pleine structuration
Au-delà du seul résultat de ce Pays de Galles - France, ce deuxième week-end de Tournoi des 6 Nations féminin 2026 illustre une tendance de fond : le rugby féminin européen est en train de se professionnaliser et de se structurer à grande vitesse. La création d'un tournoi U21 avec une formule pérenne, la multiplication des compétitions internationales pour les jeunes joueuses, et le renouvellement des staffs techniques dans plusieurs nations témoignent d'une ambition collective de hisser le niveau du jeu.
Pour la France, l'enjeu dépasse largement les cinq matchs du Tournoi 2026. Il s'agit de poser les bases d'un projet viable sur le long terme, capable de rivaliser avec l'Angleterre de façon régulière. Ce samedi au Pays de Galles, les Bleues ont l'occasion de montrer que la dynamique enclenchée contre l'Italie n'était pas un feu de paille. Coup d'envoi à 16h35.
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