TotalEnergies devient seul propriétaire de l'usine de recyclage de Grandpuits
TotalEnergies a annoncé le 10 septembre 2026 avoir acquis les 35 % d'intérêts détenus par Plastic Energy dans l'usine de recyclage avancé de plastiques de Grandpuits, en Seine-et-Marne. Le groupe détenait déjà 65 % de cette installation, qui est désormais entièrement sous son contrôle. Cette opération s'inscrit dans le cadre de la restructuration de l'actionnariat de Plastic Energy.
Mise en service en mars 2026, l'usine de Grandpuits a une capacité annuelle de traitement de 15 000 tonnes de déchets plastiques. Elle utilise un procédé de pyrolyse pour transformer des déchets difficiles à recycler, issus notamment des poubelles jaunes des ménages français, en une huile synthétique. Cette huile sert ensuite à produire des plastiques recyclés de qualité équivalente aux plastiques vierges, compatibles avec les exigences les plus strictes, y compris pour le contact alimentaire et les applications médicales.
Pour sécuriser son approvisionnement, TotalEnergies avait signé en 2023 un accord avec Citeo et Paprec. Cette acquisition renforce la position du groupe dans la chaîne de valeur du recyclage chimique, un segment en pleine croissance.
Une nouvelle découverte pétrolière en Angola
En parallèle, TotalEnergies a annoncé une découverte de pétrole sur le bloc 17 offshore en Angola, baptisée Acacia-5. La production devrait démarrer seulement trois mois après la découverte, survenue en juin 2026, grâce à la capacité disponible sur le FPSO Pazflor. Cette découverte devrait ajouter 6 000 barils par jour à la production du bloc.
TotalEnergies opère le bloc 17 avec une participation de 38 %, aux côtés d'Equinor (22,16 %), ExxonMobil (19 %), Azule Energy (15,84 %) et Sonangol E&P (5 %). Le groupe a également signé des accords avec l'Agence nationale du pétrole, du gaz et des biocarburants (ANPG) pour une participation de 40 % dans les blocs d'exploration 17/25 et 32/21, situés dans le bassin du Bas-Congo.
Cette découverte est la deuxième succès d'exploration de TotalEnergies en Angola en 2026, après une trouvaille sur le bloc 0. Le PDG Patrick Pouyanné a salué ces résultats, soulignant l'attractivité du pays et la confiance du groupe dans son avenir. TotalEnergies est présent en Angola depuis 1953 et emploie environ 1 500 personnes dans le pays.
Un contexte de prix élevés et de recompositions stratégiques
Ces annonces interviennent dans un contexte de flambée des prix du pétrole. Le Brent a clôturé à 101,21 dollars le 9 septembre 2026, son plus haut niveau depuis mai 2022, tandis que le WTI s'établissait à 96,05 dollars. Cette hausse fait suite à l'escalade des combats entre les États-Unis et l'Iran dans le golfe Persique, une région par où transite environ un cinquième du brut mondial.
Les supermajors pétroliers ont réagi en privilégiant les transactions d'actifs plutôt que le forage. Selon un commentaire de marché, Chevron, TotalEnergies, ExxonMobil, Eni et BP ont échangé des participations, cédé des opérations et, dans trois cas, renforcé leur présence au Venezuela, un pays qu'ils avaient pourtant délaissé ces dernières années. Goldman Sachs a relevé ses prévisions de prix pour décembre 2026, à 85 dollars pour le Brent et 80 dollars pour le WTI, tout en avertissant que le Brent pourrait dépasser 120 dollars en 2027 si la production du Golfe reste inférieure de 4 millions de barils par jour aux niveaux d'avant-guerre.
La flambée des prix se répercute déjà sur les consommateurs américains : l'essence a atteint un record de 4,15 dollars le gallon lors du week-end de la Fête du Travail, et le diesel devrait atteindre 6 dollars le gallon dans les jours à venir, un niveau inédit.
Perspectives : dualité entre transition et hydrocarbures
TotalEnergies illustre la dualité stratégique des grandes compagnies pétrolières : d'un côté, elles investissent dans le recyclage et les énergies bas carbone ; de l'autre, elles continuent de développer l'exploration et la production d'hydrocarbures pour répondre à la demande mondiale et profiter des prix élevés.
L'acquisition de Grandpuits témoigne de l'ambition du groupe dans l'économie circulaire, un marché émergent mais prometteur. La découverte en Angola confirme, elle, que l'exploration reste un pilier de sa croissance, notamment en Afrique où le groupe est historiquement implanté.
À l'échelle globale, la volatilité des prix du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques, pourrait accélérer les movements de consolidation et les arbitrages d'actifs. Les majors cherchent à équilibrer leurs portefeuilles entre actifs à faible coût et projets de transition, tout en maximisant les profits à court terme. La question de la sécurité énergétique, relancée par les perturbations dans le détroit d'Ormuz, devrait rester au cœur des stratégies des prochains mois.
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