Siavosh Ghazi, voix francophone de Téhéran, publie « Carnet de guerre »
Ce lundi 29 juin 2026, Siavosh Ghazi, correspondant de RFI et France 24 en Iran, est à Paris pour la sortie de son livre Carnet de guerre – 40 jours dans Téhéran sous les bombardements (First Editions). Invité de RFI dans « Le grand invité international », il a livré un témoignage saisissant sur son quotidien durant les 40 jours de frappes israélo-américaines qui ont frappé l’Iran. Selon lui, le pouvoir iranien est sorti renforcé de cette guerre, un constat qui tranche avec les analyses occidentales. Le journaliste sera également ce soir sur le plateau de « C à vous » sur France 5.
Un rythme de travail infernal
Pendant 40 jours, Siavosh Ghazi n’a dormi que 100 heures au total, soit une moyenne de 2h30 par nuit. « Quelquefois c'était une heure, quelquefois c'était trois heures », confie-t-il. Ce rythme effréné était dicté par la nécessité de couvrir un événement qu’il qualifie d’« historique pour l’Iran, pour la région, pour le monde ». Malgré la fatigue, il explique avoir puisé son énergie dans la conscience de vivre un moment charnière. « La superpuissance américaine, qui est basée sur la force du dollar, la force militaire, ne sera plus ce qu'elle a été jusqu'à maintenant », analyse-t-il, voyant dans ce conflit l’émergence d’un « nouveau monde ».
Le sentiment de « victoire totale » en Iran
Sur le terrain, le constat est clair : le sentiment d'une « victoire totale » domine chez les Iraniens. Siavosh Ghazi souligne que les bombardements ont paradoxalement soudé la population autour du régime. « Le pouvoir iranien est sorti renforcé de cette guerre », affirme-t-il dans l’interview à RFI. Une analyse qui prend tout son sens alors que Téhéran somme ce lundi la France de « ne pas compliquer davantage » la situation dans le détroit d’Ormuz, après que Paris et Mascate ont proposé des opérations de déminage conjointes.
Détroit d’Ormuz : l’Iran met en garde la France
Des tensions toujours vives dans le Golfe
La guerre au Moyen-Orient, bien que marquée par des annonces de pourparlers, reste explosive. Ce 29 juin, l’incertitude plane sur une éventuelle réunion entre l’Iran et les États-Unis à Doha, sous médiation du Qatar et du Pakistan. Donald Trump a affirmé sur Truth Social que « l’Iran a demandé une réunion », une information démentie par Téhéran. Parallèlement, la diplomatie iranienne a vivement réagi à la déclaration franco-omanaise appelant à une « navigation libre, sans conditions ni restrictions » dans le détroit d’Ormuz et prévoyant des opérations de déminage conjointes. Téhéran a sommé Paris de « ne pas compliquer davantage » la situation, un avertissement qui témoigne des tensions persistantes.
Le déminage, enjeu diplomatique majeur
Le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le transport du pétrole, a été le théâtre d’affrontements directs entre les forces américaines et iraniennes. Vendredi et samedi, l’armée américaine a mené des frappes en réponse à des attaques iraniennes contre des navires marchands. Les Gardiens de la Révolution ont riposté en bombardant des positions américaines au Koweït et à Bahreïn. Dans ce contexte, le déminage proposé par la France est perçu par Téhéran comme une ingérence, d’autant que le pouvoir iranien revendique le contrôle de la zone.
Un observateur privilégié au cœur de la guerre
Le seul journaliste francophone présent à Téhéran
Siavosh Ghazi est le seul journaliste francophone à avoir vécu les bombardements depuis Téhéran. Son carnet de guerre, publié le 2 juillet, offre un regard unique sur le conflit : nuits sans sommeil, contrôles des autorités, vie sous les frappes. Il y raconte aussi son travail sous pression, entre exigences éditoriales et censure. Une expérience qui fait écho à d’autres crises récentes, mais qui prend une dimension particulière dans le contexte iranien.
Le livre comme témoignage historique
Dans son ouvrage, Ghazi ne se contente pas de décrire les bombardements. Il analyse les dynamiques politiques et sociales qui traversent l’Iran en guerre. Le titre même, Carnet de guerre, évoque une écriture de l’urgence, un témoignage brut. Invité à Paris pour le promouvoir, il confie avoir « hâte de rentrer », car « l'histoire n'est pas terminée, elle va continuer ». Un sentiment partagé par de nombreux observateurs, alors que les négociations diplomatiques avancent sans garantie de succès.
« C à vous » : la parole d’un homme de terrain
Un invité de choix sur France 5
Ce soir, Siavosh Ghazi sera l’invité d’Anne-Elisabeth Lemoine dans « C à vous » sur France 5. L’émission mettra en lumière son parcours et son livre, mais aussi la situation actuelle en Iran. Un passage médiatique qui s’inscrit dans un contexte plus large : l’actualité est dominée par la canicule en Europe et les récents séismes au Venezuela, mais la guerre au Moyen-Orient reste un sujet brûlant.
L’Iran au cœur des enjeux mondiaux
Au-delà du témoignage personnel, la présence de Siavosh Ghazi dans les médias français rappelle l’importance stratégique de l’Iran dans les équilibres régionaux et mondiaux. Alors que l’AIEA estime qu’un « dispositif de vérification très poussé » est nécessaire pour garantir l’absence de programme nucléaire militaire iranien, les tensions avec les États-Unis et Israël ne faiblissent pas. Parallèlement, l’accord-cadre entre Israël et le Liban, annoncé par Marco Rubio, est rejeté par le Hezbollah et le Parlement libanais, compliquant encore la donne.
Une guerre qui redessine les équilibres
La fin de l’hégémonie américaine ?
Pour Siavosh Ghazi, cette guerre marque un tournant. « La superpuissance américaine ne sera plus ce qu'elle a été », affirme-t-il. Un constat partagé par de nombreux analystes, qui voient dans la résistance iranienne un signal fort envoyé aux alliés des États-Unis dans la région. L’Iran, malgré les frappes, a montré sa capacité à riposter et à tenir tête à la coalition israélo-américaine.
Quelles perspectives pour la paix ?
Les pourparlers de Doha, s’ils se concrétisent, pourraient ouvrir la voie à une désescalade. Mais les positions restent figées. L’Iran exige la fin des sanctions et la reconnaissance de son droit à la défense, tandis que Washington conditionne tout accord à un abandon du programme nucléaire. Dans l’intervalle, des sujets comme le déminage d’Ormuz ou le conflit au Liban continuent d’alimenter les tensions. Siavosh Ghazi, lui, sera de retour à Téhéran dès jeudi, prêt à couvrir la suite de « l’histoire ».
Un témoignage qui résonne au-delà des frontières
L’importance des journalistes sur le terrain
Dans un conflit où l’information est souvent contrôlée, le travail de Siavosh Ghazi rappelle l’importance des journalistes indépendants. Son carnet de guerre est un document brut, sans filtre, qui permet de comprendre ce que vivent les Iraniens. Un récit qui, au-delà de l’actualité immédiate, interroge sur le rôle des médias en temps de guerre et sur la résilience des populations civiles.
Un ouvrage qui fera date
À l’heure où les négociations diplomatiques peinent à aboutir, Carnet de guerre offre un éclairage précieux sur un conflit qui a déjà changé la région. Siavosh Ghazi, par son témoignage, donne une voix à ceux qui ne peuvent pas parler. Un livre qui, comme son auteur, incarne la force de la presse libre, même sous les bombes.
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