Sarah Knafo relance le débat sur la pédocriminalité avec une proposition choc
L'affaire Lyhanna continue de secouer la classe politique. Invitée mercredi 10 juin sur BFMTV lors d'une émission spéciale consacrée aux défaillances judiciaires, l'eurodéputée Reconquête Sarah Knafo a mis sur la table une proposition radicale : la création d'un fichier public des pédocriminels condamnés. Une idée directement importée des États-Unis, où le "Megan's Law" existe depuis 1994.
"Je veux un fichier public des pédophiles condamnés. Leur photo, leur nom, le crime qu'ils ont commis : les parents, les écoles, les employeurs ont le droit de savoir", a tweeté Sarah Knafo le 10 juin, résumant sa position en une phrase choc.
La proposition intervient dans un contexte électrique : le meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans dont le corps a été retrouvé dans le Gers, a mis en lumière les lacunes du système judiciaire. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait fait l'objet de signalements et de plaintes sans jamais être condamné.
Un fichier inspiré du Megan's Law américain
Sarah Knafo s'appuie sur l'exemple américain. En 1994, le viol et le meurtre de Megan Kanka, 7 ans, avait conduit à la création d'un registre public des délinquants sexuels. "La maman de Megan avait dit : 'Si j'avais su quel était le passé du meurtrier, ma fille serait toujours vivante'", a rappelé l'eurodéputée lors du débat.
Concrètement, le fichier proposé par Sarah Knafo contiendrait les noms, les photos et les crimes commis par les personnes condamnées pour pédocriminalité. L'objectif est de permettre aux parents, aux écoles et aux employeurs de vérifier le passé judiciaire d'un individu.
Un dispositif qui divise la classe politique
Si la proposition de Sarah Knafo a été saluée par une partie de l'opinion, elle suscite aussi de vives critiques. Plusieurs juristes et associations de défense des droits pointent le risque de stigmatisation et d'atteinte à la vie privée. "Entre la vie privée des pédophiles et l'intérêt des enfants, j'ai choisi mon camp", rétorque l'eurodéputée.
D'autres personnalités invitées sur BFMTV ont avancé des propositions différentes : Bruno Retailleau (LR) a défendu la castration chimique, tandis que Marine Tondelier (Les Écologistes) a insisté sur la prévention.
La percée spectaculaire de Sarah Knafo dans l'opinion
Cette prise de position intervient alors que Sarah Knafo connaît une ascension fulgurante dans les sondages. Selon le dernier baromètre Cluster17 publié pour Le Point en juin 2026, l'eurodéputée de Reconquête atteint la cinquième place des personnalités politiques préférées des Français, avec 25 % d'opinions favorables.
Une stratégie patiente qui porte ses fruits
Ancienne magistrate à la Cour des comptes, Sarah Knafo semble récolter les fruits d'un travail de fond mené depuis plusieurs années. Son travail au Parlement européen, ses interventions sur les questions économiques et sa capacité à vulgariser des sujets complexes lui ont permis de gagner en visibilité au-delà de son camp.
À mesure que se rapproche l'élection présidentielle de 2027, elle multiplie les initiatives. Au printemps, elle a lancé "Le Programme pour la France", une plateforme participative destinée à recueillir les propositions des citoyens.
Affaire Lyhanna : un électrochoc pour la justice française
Le meurtre de Lyhanna a provoqué une onde de choc dans l'opinion. Le président de la République a évoqué des "dysfonctionnements manifestes", tandis que le Premier ministre a annoncé un décret visant à renforcer la motivation des classements sans suite dans les affaires de crimes sexuels sur mineurs.
Face à ce qui est perçu comme un fiasco judiciaire, la pression monte. L'affaire Lyhanna a également relancé les appels à la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin.
Quelle suite pour la proposition de Sarah Knafo ?
La proposition de Sarah Knafo s'inscrit dans un débat plus large sur la protection de l'enfance et la récidive des auteurs de violences sexuelles. Si l'idée d'un fichier public séduit une partie des Français, sa mise en œuvre soulève des questions juridiques et éthiques complexes.
En attendant, l'eurodéputée compte bien continuer à faire pression. "Ce fichier a sauvé des vies aux États-Unis", martèle-t-elle. Un argument qui, dans le contexte actuel, pourrait faire son chemin.
Commentaires