Affaire Lyhanna : Alain Duhamel réclame la démission de Gérald Darmanin

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Alain Duhamel sans concession sur RTL : « Gérald Darmanin aurait dû présenter sa démission »

Ce lundi 8 juin 2026, l'éditorialiste politique Alain Duhamel a provoqué une onde de choc sur le plateau de RTL. Invité de Thomas Sotto pour commenter l'affaire Lyhanna, le journaliste de 86 ans a directement mis en cause le ministre de la Justice Gérald Darmanin. « Compte tenu de l'émotion légitime qui a été soulevée et qui est vraiment unanime, il aurait dû en tant que Garde des Sceaux, donc en tant que chef de la justice, présenter sa démission », a-t-il assené.

Pour Alain Duhamel, cette démission n'est pas une question de sanction, mais de responsabilité politique. « Même de son point de vue, même par son ambition, il aurait dû proposer sa démission. Je ne dis pas qu'on aurait forcément dû l'accepter, mais il aurait dû la présenter », a-t-il insisté. Des propos d'une rare dureté de la part d'un chroniqueur souvent mesuré, qui place désormais le ministre face à ses actes.

Une réaction qui fait écho à une colère grandissante

La sortie d'Alain Duhamel n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un concert de critiques qui monte depuis la mort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée sans vie le 5 juin 2026 dans un silo à grains près de Puycasquier (Gers). Le drame a mis en lumière de graves dysfonctionnements dans le suivi des plaintes, en particulier une plainte déposée en août 2025 qui n'aurait pas été traitée à temps.

Le même jour que l'intervention d'Alain Duhamel, le président du Rassemblement national Jordan Bardella a également estimé que Gérald Darmanin aurait dû démissionner « par honneur ». La chanteuse Lio, très engagée sur les questions de protection de l'enfance, avait elle aussi appelé à son départ, dénonçant un système qui fonctionne « comme ça » depuis des années.

Gérald Darmanin : des excuses mais pas de démission

Face à la pression, Gérald Darmanin a présenté ses excuses le 5 juin sur BFMTV. « L'institution judiciaire n'a pas su protéger cette jeune fille », a-t-il reconnu, tout en précisant que les défaillances étaient imputables à l'organisation « du service public de la justice, sûrement aussi chez les forces de l'ordre ». Il a également promis des mesures concrètes : reprise intégrale des 70 000 plaintes touchant des enfants d'ici le 14 juillet, et publication d'un rapport d'enquête administrative sous quatorze jours.

Mais ces annonces n'ont pas suffi à éteindre la polémique. Alain Duhamel, comme d'autres voix, considère que le ministre s'est « esquivé » en ne tirant pas les conséquences politiques du drame. « S'il y a un dysfonctionnement, il emporte la responsabilité politique », a-t-il martelé, reprenant une doctrine classique de la Ve République.

Un mois pour tout reprendre

Darmanin a fixé un ultimatum aux magistrats : « On se donne un mois. Et il n'y a pas un seul haut magistrat qui partira en vacances tant que je n'aurai pas vu un par un les procureurs généraux », a-t-il prévenu. Une méthode qui vise à montrer sa détermination, mais qui n'efface pas les neuf mois d'attente qui ont permis à Jérôme Barella, suspecté dans l'affaire, de rester en liberté malgré « des preuves aussi éclatantes », selon les propres mots du ministre.

Alain Duhamel sous les projecteurs : entre polémique et promotion

Ironie du calendrier, le jour même où ses propos sur RTL font la une, Alain Duhamel est également à l'honneur dans l'émission Vivement Dimanche sur France 3. Ce 14 juin 2026, Michel Drucker reçoit l'éditorialiste entouré de sa famille : son épouse France Duhamel, cheffe d'orchestre, son fils Arnaud, avocat, et son neveu Benjamin Duhamel, journaliste sur France Inter. L'occasion de promouvoir son dernier ouvrage, Le Crépuscule des dieux, qui décrypte les maladies des présidents de la République.

Cette double actualité illustre la place particulière d'Alain Duhamel dans le paysage médiatique français : figure respectée du journalisme politique, il n'hésite pas à prendre position sur les sujets brûlants, quitte à bousculer le gouvernement. Michel Drucker, qui l'invitait déjà dans les années 1980, souligne ainsi la longévité et la constance de son engagement.

Un appel qui interroge le rôle des éditorialistes

Au-delà de la simple polemique, la prise de position d'Alain Duhamel relance le débat sur la place des chroniqueurs dans l'espace public. En appelant directement à la démission d'un ministre, il franchit une ligne souvent respectée : celle de l'analyse sans prescription. Mais pour lui, le drame de Lyhanna justifie cette sortie. « Il ne s'agit pas de vengeance, mais de responsabilité », a-t-il conclu.

Vers une crise politique ? L'affaire Lyhanna rebat les cartes

L'affaire Lyhanna n'est pas seulement un fait divers tragique : elle révèle des failles structurelles dans le traitement judiciaire des plaintes pour violences sur mineurs. Le cas de Jérôme Barella, qui a pu agir pendant neuf mois malgré des signalements, pose la question de la formation des magistrats et des priorités du ministère.

La pression ne retombe pas sur Gérald Darmanin, déjà fragilisé par l'affaire Lyhanna et le budget 2027 qui compliquent son maintien au gouvernement. Certains analystes estiment que le Garde des Sceaux pourrait être poussé vers la sortie si le rapport d'enquête, attendu sous deux semaines, s'avère accablant. D'autres, comme Alain Duhamel, pensent que la démission aurait dû être immédiate, par respect pour la victime et pour l'institution judiciaire.

Alors que la France pleure Lyhanna, l'éditorialiste rappelle que les mots ne suffisent plus : il faut des actes. Et selon lui, le premier acte politique attendu était le départ du ministre.

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