RFK Jr. recentre sa stratégie : fin des actions anti-vaccins, cap sur la santé mentale

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Le secrétaire à la Santé change de stratégie avant les midterms

À moins de six mois des élections de mi-mandat, Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé et aux Services sociaux (HHS), opère un virage spectaculaire. Selon des informations exclusives de Reuters datées du 4 mai 2026, la Maison-Blanche a exigé que Kennedy mette un terme à sa campagne controversée de réécriture de la politique vaccinale américaine. Pour préserver les chances des Républicains en novembre, le président Trump lui a ordonné de se concentrer sur des « victoires rapides » dans le domaine de la santé.

Cette inflexion intervient alors que les sondages prédisent une possible perte de la majorité républicaine dans les deux chambres du Congrès. Kennedy, qui avait notamment retiré plusieurs vaccins du calendrier vaccinal pédiatrique recommandé, est désormais prié de ne plus prendre aucune mesure contre la vaccination d'ici le scrutin.

Un plan anti-dépresseurs pour redorer son image

Le même jour, Kennedy a dévoilé une nouvelle initiative majeure : réduire la dépendance des Américains aux antidépresseurs. Lors d'un événement organisé par le think tank Make America Healthy Again, il a annoncé une campagne encourageant les cliniciens à « déprescrire » ces médicaments à leurs patients Medicare, au profit de thérapies non pharmacologiques.

La Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA) formera dès cet été les professionnels de santé aux risques des psychotropes et aux méthodes de sevrage progressif. Kennedy a confié avoir été personnellement marqué par les effets du sevrage chez un proche, qui a souffert d'idées suicidaires après l'arrêt brutal de son traitement. Cette annonce s'inscrit dans une série d'initiatives récentes visant à séduire l'électorat de Trump : un décret encourageant la recherche sur les psychédéliques et l'approbation d'une thérapie génique pour la surdité rare chez l'enfant.

Un passif embarrassant : l'incident de l'étourneau à Dulles

Alors que Kennedy tente de redorer son blason, une nouvelle affaire embarrassante a refait surface. Dimanche 4 mai, il a posté sur son compte X une photo le montrant, souriant, serrant un oiseau contre sa poitrine avec la légende : « Sauvetage d'un étourneau aujourd'hui à l'aéroport de Dulles. » La publication, vue plus de deux millions de fois, a immédiatement suscité une vague d'inquiétude et de moqueries en ligne.

Les internautes n'ont pas tardé à rappeler les antécédents de Kennedy avec les animaux : en 2014, il avait abandonné le cadavre d'un ours dans Central Park. Dans ses journaux personnels, il racontait avoir disséqué le pénis d'un raton laveur mort. Le journaliste Yashar Ali a résumé le sentiment général sur Threads : « J'ai peur… qu'est-ce qu'il va faire de cet oiseau ? »

L'étourneau sansonnet, une espèce invasive en Amérique du Nord, est particulièrement présent autour de Dulles, où près de 600 observations ont été recensées par les ornithologues. L'absence totale d'explications sur le sort de l'animal alimente les spéculations. Le Daily Beast, qui a révélé l'affaire, souligne que Kennedy est un fauconnier amateur, mais que ses méthodes de « sauvetage » restent pour le moins énigmatiques.

Les enjeux politiques d'une métamorphose forcée

Ce virage à 180 degrés est le résultat de mois de tensions entre le HHS et la Maison-Blanche. Selon des sources internes, Kennedy a reçu un ultimatum clair : une dernière action anti-vaccin en janvier 2026, et plus rien ensuite. La Maison-Blanche considère toutefois que la célébrité et le capital de sympathie de Kennedy peuvent être des atouts dans les circonscriptions difficiles où il fera campagne.

Paradoxalement, cette mise au pas pourrait sauver la carrière politique de Kennedy, tout en menaçant l'unité du parti. Les sondages montrent que ses positions anti-vaccins sont un handicap pour les candidats républicains modérés. En se recentrant sur la dépression, l'alimentation et les maladies infantiles, Kennedy tente de séduire un électorat plus large, sensible aux questions de santé publique mais rebuté par les positions complotistes.

Cette stratégie n'est pas sans rappeler la manière dont d'autres personnalités politiques françaises ont su se réinventer pour répondre aux attentes de leur base. À titre d'exemple, Cagnes-sur-Mer a récemment mis en place des cantines bio et un stationnement gratuit pour les soignants, montrant que des initiatives locales concrètes peuvent répondre à des enjeux de santé et de pouvoir d'achat.

Une santé publique sous influence politique ?

La renaissance politique de Kennedy soulève une question plus large : jusqu'où la santé publique américaine peut-elle être instrumentalisée à des fins électorales ? Les experts redoutent que le recentrage sur la déprescription des antidépresseurs ne soit qu'une opération de communication, sans fondement scientifique solide.

Si les psychiatres reconnaissent le problème du « sur-prescription », les recommandations de Kennedy manquent de détails concrets. Les nouvelles directives de l'American Psychiatric Association, publiées la semaine dernière, plaident pour une approche prudente et individualisée du sevrage, mais n'encouragent pas un abandon massif des traitements.

Alors que les Républicains jouent leur avenir politique sur ces quelques mois, Robert F. Kennedy Jr. incarne à la fois l'espoir et le risque. Sa capacité à naviguer entre les exigences de la Maison-Blanche, ses propres convictions marginales et les attentes des électeurs déterminera en grande partie l'issue des midterms. Une chose est certaine : l'étourneau de Dulles ne sera pas oublié de sitôt.

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