Cagnes-sur-Mer : agriculture bio dans les cantines, stationnement gratuit pour les soignants

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Une municipalité au tournant : nouveau maire, nouvelles priorités

Cagnes-sur-Mer vit un véritable basculement politique et social en ce printemps 2026. Après trente ans de mandature, le maire historique Louis Nègre a cédé son fauteuil à Bryan Masson, élu dès le premier tour des municipales de mars. Cette passation de pouvoir, marquée par un hommage appuyé du successeur à son prédécesseur, n’a pourtant pas stoppé l’action municipale : la nouvelle équipe multiplie les annonces concrètes, de la gratuité du stationnement pour les soignants à l’essor d’une agriculture locale et bio destinée aux cantines scolaires.

Une mesure sociale immédiate

À compter du 1er juin 2026, les infirmiers et aides-soignants pourront stationner gratuitement sur l’ensemble de la voirie cagnoise. "Une reconnaissance de leur engagement quotidien", justifie la mairie, qui répondait ainsi à une demande de longue date : ces professionnels croulaient sous les amendes en effectuant leurs tournées. La commune avait annoncé la mesure le 28 avril. Parallèlement, une tolérance de 15 minutes est instaurée pour tous les automobilistes, calquée sur le modèle niçois. La gratuité s’étend aussi aux véhicules électriques, sous réserve d’enregistrement de la plaque auprès du gestionnaire Indigo. Un signal fort, alors que le malaise des fonctionnaires et l’explosion des coûts interpellent les collectivités.

Une ferme coopérative pour nourrir les écoliers

Parallèlement, un projet agricole d’ampleur émerge dans le vallon fertile de la Cagne. Le couple Branda, déjà connu pour leur brasserie locale "À la Fût", lance une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) baptisée "Ferme" (Fédérer, éduquer, relocaliser, manger). L’ambition : acquérir une quinzaine d’hectares pour y installer des maraîchers et fournir les cantines scolaires en produits bios et locaux. Les parents d’élèves eux-mêmes (leurs enfants sont scolarisés à Cagnes), Mélanie et Aymeric veulent rompre avec l’importation de produits lointains et souvent peu qualitatifs. Ils prévoient de cultiver des variétés anciennes et locales : tomate cœur-de-bœuf, courgette ronde de Nice, oignon rose de Menton, etc. Un pêcheur du Cros-de-Cagnes sera même embauché pour approvisionner les réfectoires en poisson de la baie des Anges issu de la pêche artisanale. Un magasin de vente directe et des visites pédagogiques compléteront le dispositif, avec un élevage de 300 poules en plein air.

Contexte : une ville en mutation rapide

Ces annonces s’inscrivent dans un contexte de profonde transformation politique. La défaite de Louis Nègre, prof de sport devenu sénateur-maire, met fin à une "dynastie" politique locale. Son successeur, Bryan Masson, incarne un renouvellement générationnel et affiche des priorités différentes. La gratuité du stationnement pour les soignants, mesure populaire, illustre cette nouvelle approche proche du terrain.

Une route fermée, entre risques et tensions

Mais tous les dossiers ne se règlent pas aussi vite. Le chemin du Collet-des-Grailles reste fermé à la circulation depuis plusieurs mois, en raison de mouvements de terrain récurrents. La municipalité a déployé un réseau de capteurs et d’inclinomètres pour ausculter onze propriétés menacées. Selon la mairie, la réouverture "n’aura pas lieu avant 2027", et peut-être jamais si les études géotechniques concluent à un risque trop élevé. Les riverains sont divisés : certains souhaitent la réouverture pour ne plus subir de détours, d’autres apprécient la tranquillité retrouvée. Le maire Bryan Masson a prévenu : "Je ne prendrai pas de risques inconsidérés." Une affaire qui illustre la difficulté de concilier sécurité, intérêts locaux et contraintes budgétaires.

Perspective : quel modèle pour Cagnes-sur-Mer ?

Au-delà des mesures ponctuelles, ces dossiers dessinent les contours d’une ville qui cherche à conjuguer proximité, écologie et pragmatisme. La ferme coopérative incarne une tendance de fond : la relocalisation de l’alimentation dans les collectivités, encouragée par la loi EGAlim. À l’heure où Julia Simon, reine du biathlon français, rempile pour la gloire à domicile en 2030, l’exemple cagnois pourrait faire des émules dans les Alpes-Maritimes. De même, la gratuité du stationnement pour les soignants répond à une pénurie de personnel paramédical, notamment en zones périurbaines. Enfin, la gestion des risques naturels devient un enjeu politique majeur, amplifié par le changement climatique. Cagnes-sur-Mer, avec son nouveau maire, semble vouloir prendre le virage de la modernité sans perdre de vue l’humain.

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