Pavillon de verre à l'Assemblée : Braun-Pivet « dépassée » par la polémique

Très décrié, le projet de pavillon en verre à l'Assemblée est-il vraiment relancé ? (photo d'illustration prise en 2023)

Yaël Braun-Pivet « dépassée » par la polémique sur le pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale

La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a confié vendredi 7 août à franceinfo être « dépassée » par les critiques qui « fusent sur un projet que les gens ne connaissent pas » : celui de la construction d'un nouveau pavillon d'accueil au Palais Bourbon. Ce bâtiment moderne en verre, estimé à 52,8 millions d'euros, doit remplacer l'édifice du XIXe siècle pour améliorer l'accueil des quelque 200 000 visiteurs annuels. Mais le projet, relancé mi-juillet après l'avis favorable du Conseil de Paris, suscite une vive opposition.

Une pétition signée par près de 90 000 personnes

L'association Sites et Monuments a lancé une pétition dénonçant « l'enlaidissement de Paris par l'Assemblée nationale », qui a déjà recueilli près de 90 000 signatures. Les détracteurs jugent le bâtiment « hideux », « grotesque », un « bloc de verre incongru » incompatible avec l'architecture du Palais Bourbon et la perspective de la place de la Concorde. Stéphane Bern a critiqué sur X un projet qui « enlaidirait la perspective de la place de la Concorde avec la parfaite harmonie de ses monuments historiques ». Le rappeur JoeyStarr et l'ancien candidat à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan ont également relayé la vidéo de l'association.

Un projet suspendu puis relancé

Le projet de pavillon d'accueil était dans les cartons depuis 2023. Approuvé par le bureau de l'Assemblée en 2024, il a été suspendu en février dernier par Yaël Braun-Pivet, car il n'était pas compatible avec les règles d'urbanisme du quartier. Mais fin juillet, le Conseil de Paris a approuvé une révision du Plan de sauvegarde et de mise en valeur du 7e arrondissement, permettant la relance du chantier. Cette décision a dopé les critiques, et deux vice-présidents RN, Hélène Laporte et Sébastien Chenu, demandent une nouvelle réunion du bureau de l'Assemblée pour statuer à nouveau sur le projet, dénonçant un manque de transparence.

Un coût jugé scandaleux

Le coût du projet est au cœur de la polémique. Ségolène Royal dénonce une « débauche d'argent public scandaleuse », et l'élu écologiste Émile Meunier parle d'« une sorte d'Apple Store juste à côté de la colonnade ». Plusieurs millions d'euros ont déjà été déboursés pour ce chantier, qui devait initialement s'achever en 2028. Le projet doit encore obtenir l'aval de l'Architecte des Bâtiments de France (ABF) et de la Commission locale du site patrimonial remarquable, avant une enquête publique.

Une polémique qui dépasse le cadre politique

Cette controverse illustre les tensions récurrentes entre modernisation et préservation du patrimoine à Paris. Les défenseurs du patrimoine, soutenus par une large partie de l'opinion, s'opposent à ce qu'ils considèrent comme une atteinte à l'harmonie architecturale du site. La présidente de l'Assemblée, elle, défend un projet pensé pour améliorer l'accueil du public, dans une logique d'ouverture de l'institution.

Quelles suites pour le projet ?

Alors que la polémique enfle, la décision finale n'est pas encore prise. Les opposants demandent un débat dans l'hémicycle, et le bureau de l'Assemblée pourrait être amené à revoir sa position. En attendant, le projet de pavillon de verre reste suspendu à la validation des autorités compétentes. Une issue incertaine, qui pourrait bien faire de ce dossier l'un des serpent de mer de la rentrée politique.

Cette polémique rappelle que les projets d'architecture contemporaine dans des sites historiques suscitent régulièrement des débats passionnés. L'avenir du pavillon d'accueil de l'Assemblée nationale n'a pas fini de faire parler, et il faudra sans doute encore des mois avant de connaître le sort définitif de ce chantier controversé.

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