Marine Tondelier maintenue, mais sous conditions
Le conseil fédéral des Écologistes, réuni en urgence dimanche 20 septembre, a adopté une motion confirmant que Marine Tondelier reste la candidate du parti pour l'élection présidentielle de 2027. Cette décision, prise dans un climat de forte tension, s'accompagne toutefois d'une clause de revoyure : les adhérents seront appelés à voter du 10 au 13 décembre pour trancher définitivement la stratégie du parti. Ils devront choisir entre une candidature autonome et un ralliement à un autre candidat.
La motion, adoptée à 69,44 % des voix exprimées avec un taux de participation de 93 %, précise que Marine Tondelier « continuera à porter et à incarner le projet et les priorités des Écologistes dans cette campagne électorale jusqu'au vote des adhérents », qui « déterminera la suite du processus ». Une victoire à saveur de sursis pour la secrétaire nationale, qui avait été désignée en 2025 comme représentante de son parti pour une primaire de la gauche qui n'a finalement jamais vu le jour.
Un parti divisé sur sa stratégie
Derrière l'apparente unité de façade, les Écologistes restent profondément divisés sur la ligne à adopter pour 2027. Trois courants s'affrontent au sein du parti. D'un côté, des partisans d'un alignement rapide derrière Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise et donné en tête des sondages à gauche. La députée Sandrine Rousseau incarne cette position, plaidant pour une union des forces de gauche autour du tribun insoumis.
De l'autre, une frange plus modérée, représentée notamment par le sénateur Yannick Jadot, milite pour un ralliement à Raphaël Glucksmann sur une ligne sociale-démocrate. Enfin, une troisième voie, portée par des militants attachés à l'identité du parti, réclame une candidature écologiste pleinement autonome.
Cette triple division illustre les difficultés des Écologistes à trouver leur place dans une course présidentielle dominée par les questionnements sur l'union de la gauche. Marine Tondelier, elle, n'a cessé de défendre sa propre candidature tout l'été, parcourant la France à bord d'un van électrique pour tracer sa route. Interrogée par La Tribune Dimanche le 15 août, elle déclarait : « La question est plutôt de savoir pourquoi je cesserais d'être candidate. »
Une campagne à poursuivre malgré tout
Même si son avenir électoral reste incertain, Marine Tondelier a d'ores et déjà annoncé qu'elle ne comptait pas ralentir le rythme. La patronne des Écologistes, qui doit accoucher dans les prochains jours, a précisé qu'elle ne comptait « pas arrêter pendant quatre mois » sa campagne. Une détermination qui contraste avec les sondages, qui la créditent de difficilement plus de 5 % d'intentions de vote à l'échelle nationale.
Ce niveau de popularité, modeste, explique en partie les doutes qui traversent son propre camp. Pour ses opposants internes, poursuivre une candidature autonome risquerait de fragmenter encore davantage une gauche déjà morcelée, offrant ainsi un boulevard à la majorité présidentielle ou au Rassemblement national. Pour ses partisans, à l'inverse, l'écologie politique doit disposer de sa propre voix dans le débat, sans se dissoudre dans des alliances qui diluent ses priorités.
Le scrutin des 10 au 13 décembre s'annonce donc comme un moment charnière pour le parti. Quel que soit le résultat, il scellera la position des Écologistes pour la présidentielle et pourrait redessiner les équilibres à gauche à un an et demi du scrutin.
Un enjeu qui dépasse les Écologistes
Au-delà du seul avenir de Marine Tondelier, c'est toute la question de l'unité de la gauche qui se pose en filigrane. Alors que les primaires socialistes ont déjà été le théâtre de tensions, illustrées par le rappel à l'ordre de Ségolène Royal après ses critiques contre Raphaël Glucksmann, les Écologistes apparaissent comme un maillon essentiel dans la construction d'une alternative crédible.
La décision de décembre pourrait ainsi avoir des répercussions bien au-delà du parti écologiste. Si les adhérents optent pour une candidature autonome, la gauche aborderait la présidentielle avec une offre encore plus éclatée. À l'inverse, un ralliement, qu'il soit à Jean-Luc Mélenchon ou à Raphaël Glucksmann, constituerait un signal fort en faveur d'une dynamique unitaire.
Dans un contexte politique où les préoccupations écologiques peinent à s'imposer dans le débat public face aux urgences sociales et sécuritaires, les Écologistes jouent également leur survie en tant que force politique autonome. Le vote de décembre sera donc bien plus qu'un simple arbitrage stratégique : il dira si le parti entend peser durablement sur la scène nationale ou se fondre dans une coalition plus large. En attendant, Marine Tondelier reste en campagne, avec l'ambition de convaincre les adhérents que sa candidature demeure la meilleure option pour porter les couleurs de l'écologie en 2027.
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