Paul Graou, première sélection en Bleu : le destin d'un remplaçant de luxe
C'est un moment que Paul Graou n'osait plus espérer. Ce samedi 18 juillet 2026, à Tokyo, le demi de mêlée du Stade Toulousain (28 ans) devrait fêter sa première sélection sous le maillot du XV de France, à l'occasion de la troisième journée du Championnat des nations face au Japon. Remplaçant, il est appelé à succéder au capitaine Maxime Lucu en cours de match.
Un forfait qui change tout
Cette première cape, Paul Graou la doit au forfait de son ami et coéquipier Antoine Dupont, touché à un mollet et contraint de déclarer forfait pour la tournée d'été. Alors que la liste des 33 joueurs sélectionnés était déjà bouclée, le staff tricolore a décroché son téléphone pour convoquer le Gersois, qui célébrait encore le quadruplé historique du Stade Toulousain en Top 14. "Je ne m'y attendais pas, l'heure était plutôt aux festivités", confiait son père dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Les vacances attendront.
L'appel de Fabien Galthié est donc venu bouleverser un été qui s'annonçait paisible. "Je me souviens de tout, a raconté Paul Graou en conférence de presse à Tokyo. Je savais qu'Antoine devait passer un examen, mais je ne pensais pas du tout à cette possibilité-là."
Une première pleine de symboles
Cette première sélection est placée sous le signe des retrouvailles et de la transmission. Sur la pelouse du stade de Tokyo, Paul Graou retrouvera en effet Naoto Saito, son ex-coéquipier au Stade Toulousain pendant deux saisons, reparti au Japon sitôt la finale du Top 14 gagnée. Les deux hommes, qui ont partagé la charnière toulousaine lors d'une rencontre mémorable, seront cette fois adversaires. "Paul est brillant et ça s'est très très bien passé", avait résumé le staff toulousain à l'époque de leur association.
Mais au-delà de cette opposition amicale, c'est aussi l'héritage familial qui s'invite dans ce moment unique. Paul Graou n'est autre que le fils de Stéphane Graou, ancien pilier droit international (8 sélections entre 1992 et 1995), formé à Auch et passé par Colomiers. "Je pense qu'il y a une part de transmission", glisse Paul, qui conserve dans sa chambre le maillot bleu de son père.
Un parcours tardif mais mérité
À 28 ans et 358 jours, Paul Graou devient l'un des rookies les plus âgés du XV de France. Seul Tom Staniforth (31 ans et 320 jours) fait mieux dans la liste estivale. Une statistique qui illustre parfaitement le cheminement atypique du demi de mêlée gersois.
De la ProD2 à la sélection
Car tout n'a pas été simple pour Paul Graou. En 2021, il n'était pas conservé par l'US Montauban en ProD2. À cette époque, rares étaient ceux qui pariaient sur une carrière au plus haut niveau. C'est finalement le Stade Toulousain qui lui offre une porte de sortie, avec une vision à long terme. "Une fenêtre s'est ouverte", a commenté Fabien Galthié pour expliquer ce parcours.
À Toulouse, Graou a su se bonifier et prendre confiance, s'imposant comme un rouage essentiel lorsque Dupont n'est pas là. Il a notamment disputé 100 minutes lors de la finale 2025 et 32 matchs cette saison, devenant un joueur de club fiable et performant. "Il mérite ce qui lui arrive", a insisté le sélectionneur.
Dans les pas de Maxime Lucu
Sa trajectoire rappelle étonnamment celle de Maxime Lucu, le demi de mêlée passé par la ProD2 avant de devenir international à 28 ans et 295 jours, et qui sera samedi capitaine du XV de France pour sa 36e sélection. Un symbole fort pour Graou, qui espère bien suivre la même voie et enchaîner les capes à l'approche de la Coupe du monde 2027.
Un avenir en Bleu
Au-delà de cette première sélection, c'est tout un avenir qui s'ouvre pour Paul Graou. L'objectif immédiat est de profiter de l'opportunité offerte par le forfait de Dupont pour convaincre le staff tricolore. "Participer à des matchs de l'équipe de France, c'est un rêve de toujours", a-t-il confié.
Mais à plus long terme, le Gersois vise clairement le Mondial 2027. À 29 ans le 25 juillet, il a encore plusieurs saisons devant lui pour s'imposer comme un élément régulier du groupe France. Une ambition qui n'a rien d'irréaliste, compte tenu de sa progression constante et de sa capacité à performer dans la durée.
Pendant ce temps, le Jura sous tension vit une actualité contrastée, entre incendie et fête du Tour de France. Mais pour le rugby français, l'heure est à la célébration d'un nouveau Bleu qui a bien failli ne jamais l'être.
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