Mbappé sème le trouble : « On joue contre le champion d’Afrique ? »
À trois jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 pour l’équipe de France, Kylian Mbappé a ravivé la polémique qui agite le football africain depuis six mois. Interrogé par M6 sur le premier adversaire des Bleus – le Sénégal –, le capitaine tricolore a lâché une phrase qui ne passera pas inaperçue : « On joue contre le champion d’Afrique, je ne sais pas si ce sont eux ou pas (rires) vu qu’il y a le Maroc aussi. On va rester en dehors de ça (rires). »
Une sortie que les médias internationaux ont immédiatement reprise, sur fond de bras de fer institutionnel entre la Fédération sénégalaise et la CAF, dont l’épilogue est attendu devant le Tribunal arbitral du sport (TAS). En attendant, le France-Sénégal au Mondial 2026 s’annonce déjà comme l’un des matches les plus chargés de symboles du premier tour.
CAN 2025 : le trophée a changé de mains… devant les tribunaux
Pour comprendre la tension, il faut revenir au 9 février 2025. Ce soir-là, au stade de Libreville, le Sénégal bat le Maroc en finale de la Coupe d’Afrique des Nations (2-1 après prolongation). Les Lions de la Teranga soulèvent le trophée sous les vivas de leurs supporters. Mais deux mois plus tard, la CAF annonce une décision choc : une réclamation marocaine pour une erreur administrative du Sénégal est acceptée, et le titre est officiellement attribué… aux Lions de l’Atlas.
Depuis, les recours s’enchaînent. Le Sénégal a saisi le TAS, qui examine les pièces du dossier. En parallèle, le Maroc maintient qu’il est le champion d’Afrique en titre. Aucune instance ne s’est encore prononcée définitivement, mais le flou juridique a nourri un vif débat, y compris chez les anciens joueurs. L’ex-capitaine des Bleus Marcel Desailly a pris position sans ambiguïté : « Sur le terrain, pour moi, le champion d’Afrique, ça reste le Sénégal. » Avant d’ajouter que les décisions administratives sont « une autre histoire ».
Mbappé, entre malice et stratégie de communication
La phrase de Mbappé, prononcée sur un ton léger, n’en est pas moins calculée. À 27 ans, le meilleur buteur de l’histoire tricolore sait que chaque mot peut créer un effet d’aubaine. En suggérant que le statut du Sénégal est contestable, il alimente la rivalité entre les deux nations africaines et, surtout, il place la pression sur le camp adverse. Car mardi 16 juin, à 19h GMT, les Bleus affronteront bien le Sénégal – peut-être champion d’Afrique, peut-être pas, mais en tout cas porté par une ferveur patriotique que Mbappé vient involontairement de raviver.
Pour le sélectionneur Didier Deschamps, l’affaire est claire : le match se joue sur le terrain, pas dans les tribunaux. Mais comme le rappelait récemment un proche du vestiaire sénégalais, « chaque fois qu’on touche à notre légitimité, on devient plus dangereux ».
Un Mondial déjà sous le signe des polémiques
Au-delà de la querelle sénégalo-marocaine, ce début de Coupe du monde 2026 est marqué par plusieurs controverses. Les fameuses « pauses fraîcheur » – instaurées pour lutter contre la chaleur dans les stades nord-américains – ont déjà déclenché un fiasco télévisuel, de nombreux téléspectateurs se plaignant de la désynchronisation des programmes publicitaires. Le fiasco des pauses fraîcheur a même fait l’objet d’un débat à la FIFA, qui promet des ajustements dès le deuxième tour.
Par ailleurs, l’organisation du Mondial 2030 au Maroc, qui devrait être le premier pays africain à accueillir seul la compétition, ajoute une couche symbolique à ce duel indirect entre Lions de l’Atlas et Lions de la Teranga. Le Maroc, déjà qualifié pour 2026, pourrait croiser à nouveau le fer avec le Sénégal en phase finale – ou se contenter de regarder depuis les tribunes en attendant 2030.
Conclusion : un avant-goût de la fièvre du Mondial
La sortie de Kylian Mbappé, bien que mesurée par l’humour, a le mérite de remettre sur le devant de la scène une question qui fâche : qui est vraiment le champion d’Afrique 2025 ? Plus que jamais, le Sénégal aborde ce choc avec une double motivation : prouver sur le pré qu’il mérite son titre, et taire les doutes que même le capitaine français vient d’entretenir. Réponse le 16 juin, avec un public qui, de Dakar à Casablanca, retiendra son souffle.
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