Italie : Maldini sur le départ, Chiellini en piste pour le remplacer

Cartes Italie

La tempête secoue la Fédération italienne : Paolo Maldini envisage de quitter son poste

Alors qu'il était devenu directeur technique de la FIGC il y a seulement quelques semaines, Paolo Maldini se trouverait déjà à un tournant critique. Selon plusieurs médias italiens, dont La Gazzetta dello Sport, l'ancien capitaine de l'AC Milan serait prêt à claquer la porte. La raison ? La candidature de son favori, Andrea Pirlo, au poste de sélectionneur de la Nazionale, a été rejetée en bloc, jetant une ombre sur l'autorité et le projet du nouveau directeur technique.

Cette situation explosive survient après l'échec des négociations avec Pep Guardiola et Carlo Ancelotti. Le technicien espagnol, grand rêve de la fédération, a décliné l'offre pour une raison inattendue, forçant Maldini à se tourner vers d'autres options. Ancelotti, sous contrat avec le Brésil jusqu'en 2030, reste une cible mais son départ semble peu probable. Le rejet de Pirlo, pourtant soutenu par Maldini, est vécu comme une véritable humiliation pour l'ancien défenseur, qui voit son autorité contestée.

Pourquoi Pirlo a été rejeté et quel avenir pour Maldini ?

La candidature d'Andrea Pirlo, pourtant plébiscitée par une partie du public et des médias, a été jugée irrecevable pour des raisons extra-sportives. La polémique autour de son sponsor russe, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine, a fourni un motif politique aux détracteurs de l'ancien maestro. Le tollé médiatique a été tel que Pirlo lui-même a dû se désolidariser publiquement de cette candidature sur les réseaux sociaux. Ce fiasco discrédite directement Paolo Maldini, qui a fait de ce choix une de ses premières grandes décisions.

Dans le même temps, l'échec des discussions avec Guardiola a fragilisé le projet de rénovation ambitieux promis par le président Giovanni Malagò. Le dirigeant avait fait appel à Maldini en espérant capitaliser sur son aura et sa vision. Aujourd'hui, le technicien de 58 ans se retrouve isolé. Selon des sources proches de la fédération, son départ pourrait être officialisé dans les heures ou les jours qui viennent. Dans ce cas de figure, la FIGC se retrouverait sans sélectionneur et sans directeur technique, un mois seulement après l'élection de Malagò.

L'option Chiellini pour remplacer Maldini

Si le départ de Maldini se confirme, un nom émerge avec insistance pour lui succéder : Giorgio Chiellini. L'ancien capitaine de la Nazionale, champion d'Europe en 2021, est aujourd'hui dirigeant à la Juventus (Chief Club Affairs Officer). Sa double casquette de dirigeant fédéral et de figure respectée du football italien en ferait un candidat naturel. Présent à Rome pour le conseil fédéral de demain, il pourrait être approché pour une proposition "indécente", selon La Gazzetta dello Sport. Son profil, à la fois pensant et proche du terrain, semble correspondre aux attentes de Malagò.

Chiellini et Conte : le nouveau duo pour relancer l’Italie ?

Dans ce scénario de recomposition, le nom d'Antonio Conte revient avec insistance pour le poste de sélectionneur. Selon la presse italienne, Conte serait en tête de liste pour la panchina azzurra si Chiellini devenait directeur technique. L'ancien entraîneur de la Juventus, de l'Inter et de Naples bénéficierait du soutien de la Serie A, mais son tempérament clivant et son passif avec la Nazionale (démission en 2021) pourraient freiner sa nomination. Roberto Mancini, également cité, reste une option mais divise trop le monde du football italien.

La situation est donc rapidement devenue chaotique pour la FIGC. Alors que le football italien peine à se relever de l'échec de la qualification pour la Coupe du Monde 2026, la fédération doit naviguer dans une double crise de direction. L'avenir de Paolo Maldini, et avec lui la crédibilité du projet de rénovation, se joue dans les prochaines heures.

Un feuilleton qui rappelle les difficultés structurelles du football italien

Cette crise de gouvernance intervient dans un contexte où le football italien est régulièrement secoué par des polémiques internes. La difficulté à trouver un sélectionneur après l'échec de Gennaro Gattuso en avril a révélé les divisions profondes entre les clubs et la fédération. Le cas Maldini illustre un problème récurrent : la difficulté à concilier les ambitions personnelles des grands noms du football italien avec les contraintes politiques et médiatiques du poste.

La situation de l'Italie fait écho à d'autres crises institutionnelles dans le football. Par exemple, les tensions autour de la rénovation du Tour Montparnasse montrent à quel point les blocages peuvent paralyser les projets d'envergure. De même, la pression politique peut parfois éclipser les enjeux sportifs, comme dans le cas de l'Affaire Barbara Butch où les réseaux sociaux ont exacerbé une crise.

Pour l'instant, tous les regards sont tournés vers la FIGC. Le feuilleton de l'été italien pourrait connaître un dénouement rapide, mais l'incertitude plane. L'Italie, pays des soixante millions de sélectionneurs, n'a jamais semblé si loin d'en trouver un.

Commentaires