Macron s'invite dans la crise de la FIFA pour faire échouer la réforme d'Infantino

Gianni Infantino et Emmanuel Macron

Emmanuel Macron en première ligne dans la crise de la FIFA

Le président de la République, Emmanuel Macron, s'est personnellement impliqué dans la tempête qui secoue la FIFA et son président Gianni Infantino. Selon des informations concordantes de L'Équipe et de Foot Mercato, le chef de l'État s'est entretenu par téléphone avec le patron de l'instance mondiale, jeudi dernier, pour lui faire part de son opposition au projet de création d'une société commerciale chargée de gérer les droits commerciaux de la Coupe du monde, dont une partie aurait été confiée à des investisseurs privés.

Ce projet, révélé il y a quelques jours, a provoqué une vive contestation au sein des instances du football mondial, notamment de l'UEFA et de son président Aleksander Čeferin. Face à la pression, Gianni Infantino a finalement décidé de rétropédaler, abandonnant l'idée avant même la fin du délai de consultation qu'il avait lui-même proposé. Un recul que beaucoup attribuent en partie à l'intervention directe d'Emmanuel Macron, qui aurait également échangé avec le président de la FFF Philippe Diallo, le patron de l'UEFA, mais aussi avec le président de la CAF, Patrice Motsepe.

Une mobilisation présidentielle assumée

Du côté de l'Élysée, on assume cette implication. "Il y a une mobilisation du Président de la République", confie un proche du gouvernement au quotidien sportif. Et d'ajouter : "De la même façon qu'il s'était clairement opposé au projet de Super Ligue européenne, qui remettait notamment en cause les principes de solidarité et de mérite sportif." Une référence directe à la tentative de création d'une ligue fermée en 2021, que le président avait alors contribué à faire échouer.

Malgré le recul d'Infantino, l'Élysée prévient que Macron "continuera à garder les yeux ouverts" et qu'il "continuera de suivre ce sujet avec la plus grande attention". Le président de la République estime en effet que son engagement n'a pas vocation à s'arrêter là.

Le football, un terrain politique pour Macron

Cette intervention n'est pas un cas isolé. Depuis son premier mandat en 2017, Emmanuel Macron s'est régulièrement invité dans le monde du football, que ce soit pour soutenir l'équipe de France lors des grands tournois ou pour peser dans les dossiers sensibles. On se souvient notamment de son opposition frontale au projet de Super Ligue, de ses échanges avec Kylian Mbappé ou encore de ses hommages appuyés à Diego Maradona.

Le chef de l'État a toujours défendu l'idée que "le sport ne doit pas être politisé", mais ses actions montrent qu'il considère le football comme un enjeu diplomatique majeur. En s'impliquant dans la crise de la FIFA, Macron renforce son image de leader capable d'influencer les grandes instances internationales, tout en défendant une certaine conception du sport basée sur la solidarité et le mérite.

Une relation privilégiée avec Infantino

Les relations entre Emmanuel Macron et Gianni Infantino ne datent pas d'hier. En 2018, le président français avait introduit le patron de la FIFA au Forum économique de Davos, un geste qui avait été perçu comme un signe de soutien. Depuis, Infantino n'a cessé de cultiver des liens avec les grandes figures politiques mondiales.

Aujourd'hui, cette proximité semble avoir ses limites. En s'opposant frontalement au projet de réforme, Macron envoie un signal clair : il n'hésitera pas à utiliser son influence pour défendre les principes qu'il juge essentiels, même contre un allié potentiel.

Quelles implications pour l'avenir du football mondial ?

Cette crise révèle les tensions croissantes au sein de la gouvernance du football mondial. La tentative de la FIFA de créer une société commerciale avec des investisseurs privés a suscité une levée de boucliers, non seulement de la part des fédérations européennes, mais aussi des dirigeants politiques.

Le recul d'Infantino est une victoire pour ses opposants, mais elle pourrait ne pas être durable. Le contexte géopolitique, avec des tensions entre les grandes puissances, complique la donne. L'Union européenne devrait d'ailleurs jouer un rôle clé dans le processus de réélection d'Infantino, comme le souligne un article récent de Foot Mercato.

Au-delà de la FIFA, c'est la question de la place des États dans le sport qui est posée. Emmanuel Macron, en s'immisçant dans cette affaire, affirme une vision dans laquelle les dirigeants politiques ont leur mot à dire sur la gestion des grandes compétitions sportives. Une position qui ne manquera pas de faire débat.

En attendant, la trêve estivale ne rime pas avec accalmie pour le football mondial. Les prochains mois s'annoncent décisifs pour l'avenir de la gouvernance de ce sport, et la France, par la voix de son président, entend bien y jouer un rôle de premier plan.


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