Waldemar Kita ouvre la porte à une vente du FC Nantes
Après près de vingt ans à la tête du FC Nantes, Waldemar Kita n'a jamais semblé aussi proche de passer la main. Dans un entretien accordé à Presse Océan le 12 septembre 2026, le président nantais a révélé l'existence de « trois propositions » de rachat du club, sans toutefois les chiffrer ni dévoiler l'identité des repreneurs potentiels. Une déclaration qui intervient dans un contexte sportif délicat : le FC Nantes, relégué en Ligue 2 en mai dernier, occupe une modeste 17e place après six journées de championnat.
L'homme d'affaires franco-polonais de 73 ans, qui entame sa 20e année à la présidence, reconnaît que la situation actuelle pèse sur sa motivation. Il admet avoir « très très mal » vécu la descente et qualifie le début de saison des Canaris de « pas bon ». L'éviction de l'entraîneur Michel Der Zakarian dès la 3e journée, qui pourrait lui coûter un million d'euros, illustre les tensions qui traversent le club.
Une valorisation difficile à estimer
Interrogé sur la valeur du FC Nantes, Waldemar Kita botte en touche : « Ça peut valoir zéro comme ça peut valoir beaucoup. Maintenant, le prix n'est plus le même depuis qu'il est descendu en L2. » Selon les données consultées par Sportune, le capital social du club s'élève à 2,45 millions d'euros, et Kita en détient 99,98 % des parts et des droits de vote. Sa participation représente donc une valeur nominale d'environ 2,4495 millions d'euros. Un chiffre qui ne reflète toutefois pas la valeur réelle du club sur le marché, laquelle dépend de nombreux facteurs : situation financière, actifs, endettement, perspectives de revenus et conditions de négociation.
Les derniers comptes disponibles, arrêtés au 30 juin 2024, faisaient apparaître 1,328 million d'euros de capitaux propres pour un capital social de 2,45 millions d'euros. La relégation en Ligue 2 a nécessairement pesé sur ces équilibres, entre baisse des revenus de diffusion et perte d'attractivité.
Un club à la croisée des chemins
Dix-neuf ans de contrastes
Arrivé à la tête du FC Nantes en 2007, Waldemar Kita a connu des périodes contrastées. Sous sa présidence, le club a retrouvé la Ligue 1, remporté la Coupe de France en 2022 et participé à la Ligue Europa. Mais il a également subi deux relégations en Ligue 2, dont la plus récente au printemps 2026. Ces allers-retours entre l'élite et l'antichambre du football français ont nourri la frustration des supporters, qui reprochent régulièrement à Kita une gestion jugée opaque et un manque d'ambition sportive.
La question de la vente du club revient cycliquement depuis plusieurs années. Mais cette fois, le ton semble différent. Selon L'Équipe, le président nantais est « plus ouvert que jamais » à une cession. L'âge avançant et la lassitude accumulée après deux descentes et des projets qualifiés de « bancals » expliquent cette évolution.
Trois pistes encore floues
Si Waldemar Kita confirme l'existence de trois propositions, aucune n'a pour l'instant abouti. Aucune n'a été chiffrée publiquement. Les candidats au rachat restent discrets, et le profil des repreneurs potentiels n'a pas filtré. La prudence reste de mise : dans le passé, des discussions avaient déjà été engagées sans jamais se concrétiser.
Le club nantais, fort de son histoire et de son statut de place forte du football français, conserve un potentiel attractif. Mais la relégation en Ligue 2 complique les négociations. Un repreneur devra non seulement racheter les parts de Kita, mais aussi assumer les pertes potentielles liées à la descente et financer une remontée immédiate. Le prix, nécessairement revu à la baisse, pourrait attirer des investisseurs en quête d'une opportunité.
Quelles conséquences pour l'avenir du FC Nantes ?
L'ouverture de Waldemar Kita à une vente intervient dans un contexte plus large de mutation du football français. Plusieurs clubs de Ligue 1 et de Ligue 2 ont récemment changé de propriétaires, à l'image de l'arrivée de fonds étrangers dans des clubs historiques. Le FC Nantes, par son palmarès (8 titres de champion de France, 3 Coupes de France) et sa base de supporters, reste une marque attractive.
Mais l'incertitude demeure. Tant qu'aucune offre concrète n'aura été acceptée, le club devra continuer à fonctionner sous la direction de Kita. La priorité sportive reste la remontée en Ligue 1, objectif affiché mais compromis par un début de saison difficile. Les prochaines semaines seront décisives : un éventuel accord pourrait redessiner le paysage du football français, tandis qu'un échec des négociations prolongerait l'instabilité à la tête du club.
Pour les supporters nantais, l'annonce de trois offres suscite autant d'espoir que de prudence. Après des années de gestion contestée, l'idée d'un changement de propriétaire pourrait enfin se concrétiser. Reste à savoir qui, de Kita ou de ses successeurs, parviendra à redonner au FC Nantes sa place parmi l'élite.
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