Luc Besson : la justice refuse de rouvrir l'enquête pour viol, la plaignante se pourvoit en cassation

Luc Besson : la justice refuse de rouvrir l'enquête pour viol, la plaignante se pourvoit en cassation

La cour d'appel de Paris clôt la voie d'une réouverture

Ce mardi 23 juin 2026, la cour d'appel de Paris a officiellement rejeté la requête de l'actrice Sand Van Roy visant à rouvrir l'enquête pour viol à l'encontre du réalisateur Luc Besson. Une décision qui confirme le non-lieu déjà prononcé en 2021, après cinq années d'instruction. Les juges ont estimé que les analyses ADN réalisées sur un sous-vêtement, présentées par la défense de la plaignante comme un « élément nouveau », ne constituaient pas une preuve suffisante pour remettre en cause les conclusions antérieures. Immédiatement après l'annonce, l'avocat de Sand Van Roy, Me Antoine Gitton, a annoncé son intention de se pourvoir « en cassation », dénonçant une « non-justice ».

Des années de procédure pour une même conclusion

Chronologie d'une affaire qui dure depuis 2018

Tout commence le 18 mai 2018, lorsque Sand Van Roy, actrice belgo-néerlandaise ayant tourné dans plusieurs films de Luc Besson, porte plainte pour viol après un rendez-vous dans un palace parisien. Elle accuse le réalisateur de lui avoir imposé une pénétration digitale, malgré ses injonctions à arrêter, provoquant un évanouissement. Deux mois plus tard, elle ajoute d'autres accusations de viols et agressions sexuelles, décrivant une « relation d'emprise professionnelle » entre 2016 et 2018, sous la menace de « rétorsion sur sa carrière d'actrice ». De son côté, Luc Besson a toujours reconnu une relation extra-conjugale dans un contexte de « subordination », mais en affirmant un rapport consenti, « empreint de douceur ».

Les décisions de justice successives

En 2021, l'enquête aboutit à un non-lieu. Entre 2018 et 2023, six procureurs, deux juges d'instruction et trois juges de la cour d'appel (tous des femmes, selon la défense) ont conclu à l'absence de preuve du défaut de consentement. La défense de Luc Besson, menée par Me Thierry Marembert, se félicite donc que la justice « refuse de rouvrir cette affaire déjà maintes fois jugée ». Malgré cela, Sand Van Roy a saisi la cour d'appel en 2024 avec un nouvel argument : des analyses ADN sur un sous-vêtement. Insuffisant pour les magistrats, qui ont maintenu la position initiale.

Les implications d'une affaire emblématique

Une question de justice ou de crédibilité ?

Ce rejet intervient dans un contexte où les affaires de violences sexuelles dans le milieu du cinéma continuent de défrayer la chronique. La décision de justice ne remet pas en cause la parole de la plaignante, mais elle en souligne les limites légales : en l'absence d'élément matériel probant établissant l'absence de consentement, le bénéfice du doute reste au prévenu. Pour Sand Van Roy, la bataille judiciaire n'est pas terminée : le pourvoi en cassation constitue la dernière voie possible. Cette affaire, longue de huit ans, illustre la complexité des procédures pour viol, où la seule parole de la victime peine à emporter la conviction des juges. En parallèle, d'autres affaires récentes, comme celle de Dupond-Moretti condamné pour diffamation : une amende symbolique, des questions persistantes, montrent que la justice reste parfois sous le feu des critiques.

Un réalisateur sous pression mais libre

Luc Besson, malgré ces années de procédure, reste l'un des cinéastes français les plus prolifiques. Ce nouveau non-lieu confirme sa position juridique, mais ne ferme pas le débat public sur ses pratiques et sur les rapports de pouvoir dans l'industrie du septième art. La parole des victimes, bien que reconnue, se heurte souvent à une exigence de preuve très élevée. L'affaire Besson pourrait ainsi inspirer de futures réformes sur la définition du consentement ou sur le délai de prescription dans les affaires de viol. En attendant, Sand Van Roy et son avocat comptent sur la Cour de cassation pour une ultime chance. Pendant ce temps, l'actualité française est aussi marquée par des événements comme le Parcoursup : Philippe Baptiste met en garde contre les coachs privés ou la Fête de l'Humanité 2026 : une programmation éclectique entre rap, électro et punk.

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