Parcoursup : Philippe Baptiste met en garde contre les coachs privés

Le site de Parcoursup, le 18 janvier 2023.

Parcoursup : Philippe Baptiste met en garde contre les coachs privés

Invité de l’émission Lundi c’est politique sur LCP ce 22 juin 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, a adressé un message clair aux lycéens et à leurs parents : ne pas recourir aux coachs privés pour les accompagner dans leurs démarches sur la plateforme Parcoursup. « Je déconseille très fortement à quiconque d’aller chercher des coachs privés pour Parcoursup, qui vous aident soi-disant à avoir des stratégies », a-t-il déclaré, soulignant que « les vœux sont à plat » et qu’aucune stratégie particulière ne justifie des dépenses pouvant atteindre « plus du millier d’euros ».

Le travail d’orientation au lycée comme clé de voûte

Pour Philippe Baptiste, les enseignants et les personnels chargés de l’orientation dans les établissements scolaires constituent la source d’information légitime et fiable pour les jeunes. « Ce qui est fondamental, c’est que les professeurs des lycées et les [personnels chargés de l’orientation] travaillent avec les jeunes. Et ils le font aujourd’hui », a-t-il insisté. Il a encouragé les lycéens à « discuter avec tout le monde » de leurs choix, mais en privilégiant les circuits institutionnels plutôt que des prestataires privés dont l’utilité est, selon lui, contestable.

Le ministre a également défendu le fonctionnement de la plateforme Parcoursup, qu’il a qualifiée « d’assez efficace » et de « source d’information incroyable », tout en reconnaissant qu’elle pouvait « encore être améliorée ». Il a néanmoins pointé un problème de fond : « Quel que soit le système qui est en place, […] la plupart du temps, les jeunes ne sont pas prêts. » Selon lui, beaucoup d’élèves n’ont « pas de projet » d’orientation, ce qui génère un « stress abyssal ».

Le projet de loi sur l’enseignement supérieur privé en attente

Cette prise de position intervient dans un contexte plus large de régulation du secteur privé de l’enseignement supérieur. Un projet de loi visant à mieux encadrer ces établissements a été adopté début juin au Sénat. Ce texte ambitionne de conditionner l’accès des formations privées à la plateforme Parcoursup à une validation par l’État, afin de garantir un socle de qualité. Philippe Baptiste a rappelé que cette mesure est devenue nécessaire « dès lors qu’un étudiant sur quatre est concerné » par l’enseignement privé. Toutefois, le texte n’a pas encore trouvé de place dans l’agenda de l’Assemblée nationale, laissant planer des incertitudes sur son calendrier législatif.

L’initiative vise à faire de Parcoursup « un espace de confiance » pour les futurs étudiants, en écartant les formations peu sérieuses. Certains établissements privés, accusés de pratiques commerciales agressives ou de diplômes sans reconnaissance sérieuse, pourraient ainsi voir leurs offres retirées de la plateforme. C’est un enjeu de taille pour des milliers de jeunes qui découvrent l’enseignement supérieur via cette interface unique.

Des inquiétudes persistantes chez les familles

Malgré les assurances données par le ministre, les craintes des parents d’élèves restent vives. Parcoursup est régulièrement critiquée pour son caractère anxiogène, ses algorithmes parfois opaques et la pression qu’elle exerce sur les adolescents. Certaines familles se tournent vers des coachs privés, proposant des forfaits allant de 200 à 2 000 euros, pour obtenir des conseils sur la rédaction des lettres de motivation, la hiérarchisation des vœux ou la préparation aux entretiens. Philippe Baptiste a tenté de rassurer en réaffirmant le rôle central des équipes pédagogiques, mais pour nombre de parents, le manque de personnel dédié à l’orientation dans les lycées peut alimenter le sentiment de solitude face à la machine administrative.

Perspectives : vers une orientation mieux encadrée ?

Les déclarations de Philippe Baptiste s’inscrivent dans une tendance plus large de reprise en main de l’orientation post-bac par l’État. Alors que le secteur privé de l’enseignement supérieur connaît une croissance rapide – avec des acteurs parfois contestés –, le gouvernement tente de restaurer la confiance dans le système public. Le renforcement du rôle des professeurs principaux et des psychologues de l’Éducation nationale est au cœur de cette stratégie, mais les moyens restent limités face à la demande.

Dans le même temps, l’actualité belge rappelle que la question de l’orientation et de l’accompagnement des jeunes dépasse les frontières hexagonales : le décès de l’abbé Philippe Mawet, figure marquante de l’Église de Bruxelles, a suscité une vague d’émotion dans le monde catholique. Ce prêtre, qui animait une chaîne YouTube baptisée Signe des Temps, avait fait de l’accompagnement des jeunes l’un de ses combats pastoraux. Un parallèle qui montre que le besoin d’être guidé – que ce soit dans l’orientation scolaire ou spirituelle – reste universel.

Reste à savoir si les appels du ministre suffiront à dissuader les familles de recourir aux coachs privés, alors que la pression sur Parcoursup ne faiblit pas. L’issue du débat parlementaire sur l’encadrement des formations privées apportera peut-être une réponse législative à ce qui est perçu comme un vide de régulation.

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