Sarah Knafo au cœur de la tempête : plainte contre Marianne, invitation de Sardoche et polémiques

Sarah Knafo (32 ans) : "Zoomez pour voir son soutif...", sa tenue légère étrillée par une autre femme politique

Sarah Knafo porte plainte contre Marianne et s'explique sur les réseaux sociaux

L'eurodéputée Reconquête ! Sarah Knafo a annoncé ce matin, sur ses réseaux sociaux, avoir saisi son avocat pour déposer une plainte contre le magazine Marianne. En cause : un long article à charge publié par l'hebdomadaire, qui affirme notamment que la femme politique aurait entretenu une relation étroite avec le milliardaire Xavier Niel, propriétaire du Monde et proche d'Emmanuel Macron, tout en combattant le macronisme. L'article, relayé par plusieurs cadres du Rassemblement national (RN), dont Jean-Philippe Tanguy, accuse Sarah Knafo d'avoir fait pression sur le député Charles Alloncle pour éviter que Xavier Niel soit auditionné par une commission d'enquête parlementaire.

Dans sa réponse, Sarah Knafo a dénoncé une « belle boule puante à la veille d'une élection présidentielle ». Elle affirme que l'article ne repose sur aucune preuve, seulement sur des « on-dit » anonymes provenant, selon elle, de ses concurrents politiques. Elle précise : « Je n'ai jamais fait pression sur Charles Alloncle, que je connais et apprécie depuis nos études, il y a dix ans. » La plainte vise à établir la vérité, assure-t-elle.

Parallèlement, la compagne d'Éric Zemmour est également sous le feu des projecteurs pour une tout autre raison : l'invitation du streamer Sardoche à son université d'été. Andréas Honnet, de son vrai nom, a confirmé sa participation à l'événement de Reconquête, prévu fin août, par admiration pour Sarah Knafo. Une nouvelle qui a fait réagir la toile, d'autant que le streamer, connu pour ses coups de sang et ses polémiques, a aussi accepté l'invitation de David Lisnard, candidat à la présidentielle.

Sardoche, invité surprise : la stratégie de séduction du streaming par Knafo

Sardoche, 33 ans, est une figure historique du streaming francophone. Depuis une dizaine d'années, il diffuse ses parties de jeux vidéo en direct, notamment sur League of Legends (LoL), où il s'est fait connaître dans les années 2010 pour ses performances esport et sa « culture de la rage » — des débordements en direct qui lui ont valu des suspensions sur Twitch, pour comportement auto-destructeur. Il a aussi été au cœur de controverses pour des propos sexistes, qu'il dit regretter, et pour des accusations de cyberharcèlement.

En acceptant l'invitation de Sarah Knafo, Sardoche, qui se revendique ultralibéral, s'immisce dans la campagne présidentielle. Il a d'ailleurs déclaré vouloir peser sur l'élection, allant jusqu'à menacer de quitter la France si l'issue du scrutin ne lui convenait pas. Interrogé par BFM Tech, il a confirmé sa présence aux universités d'été de David Lisnard, dont il avait écrit en avril : « Il doit vaincre en 2027 et il le fera. »

Cette invitation est un pari pour Sarah Knafo, qui cherche à capter un électorat jeune, souvent peu enclin à se déplacer aux meetings politiques. Mais elle est risquée, vu le passif sulfureux du streamer, qui a qualifié le système de retraite de dispositif pour « des débiles qui ne savent pas économiser » et les partisans de Jean-Luc Mélenchon de « vermine LFIste ». Sardoche se dit néanmoins prêt à débattre avec le leader insoumis, ainsi qu'avec Jordan Bardella, qu'il juge « très socialiste ». Une ouverture qui pourrait brouiller les cartes à droite de l'échiquier politique.

La polémique du « savoir » : Sarah Knafo moquée sur les réseaux

Outre ces deux affaires, Sarah Knafo est au centre d'une polémique sur les réseaux sociaux, déclenchée par un échange avec le compte parodique Matmouth, qui compte plus de 240 000 abonnés sur X. Le 2 août, Matmouth a répondu à une de ses publications en écrivant : « Oui Sarah : le savoir c'est de gauche, l'ignorance de droite », en référence à un précédent message de Knafo sur l'éducation nationale. Sarah Knafo a répliqué le 3 août avec un simple « Le savoir en question. 😂⤵️ », accompagné d'un lien vers un article.

Très vite, la publication a enflammé la toile, cumulant plus de 2,4 millions de vues. Sardoche a commenté avec un « Oof 😭 », tandis que Matmouth a enfoncé le clou : « Mme Knafion, merci de prouver mon point. La droite déteste la science, la recherche et in fine le savoir […] On ferme sa gueule de fachotte. » Un autre compte, Prince de Cannes, a ironisé sur la qualité du travail universitaire de l'eurodéputée : « Mais c'est pas possible ? Comment un directeur de mémoire a pu accepter de valider ça comme sujet ?!!! »

Cette séquence, bien que légère en apparence, illustre la difficulté pour Sarah Knafo de contrôler son image médiatique. Elle, qui se veut la figure intellectuelle de Reconquête, se retrouve prise en tenaille entre des accusations de compromission et une moquerie virale sur son rapport au savoir. Une situation d'autant plus délicate qu'elle intervient à quelques mois de la présidentielle de 2027, où son rôle au sein du parti d'Éric Zemmour est scruté de près.

Les enjeux pour Sarah Knafo et Reconquête : une crédibilité en jeu

Ces trois événements — la plainte contre Marianne, l'invitation de Sardoche et la polémique sur le savoir — dessinent un été agité pour Sarah Knafo, qui doit à la fois défendre sa probité et maintenir sa ligne politique. La plainte contre Marianne est un classique de la communication politique : elle permet de se poser en victime de la presse et de la concurrence, tout en tentant de discréditer une enquête gênante. Mais elle est risquée : si la justice ne donne pas raison à l'eurodéputée, elle pourrait être perçue comme une tentative d'intimidation.

Le choix de Sardoche comme invité à l'université d'été de Reconquête relève, lui, d'une stratégie de séduction des jeunes électeurs, séduits par les codes du streaming et de la culture geek. Mais cette stratégie a un coût : elle expose le parti à des critiques sur son amateurisme et son manque de sérieux. D'autant que Sardoche, avec ses sorties provocatrices, n'est pas le porte-étendard idéal pour un parti qui cherche à normaliser son image auprès de l'électorat conservateur.

Enfin, la polémique sur le savoir, si elle peut sembler anecdotique, touche à une corde sensible pour Sarah Knafo, qui a bâti sa notoriété sur un discours de rupture avec les élites. En se faisant moquer pour son mépris supposé de la science, elle alimente le récit de ses adversaires qui la décrivent comme une arriviste, soutenue par le système pour diviser le camp national. Une image que son tacle contre l'Éducation nationale — « Ça existe déjà, ça s'appelle l'Éducation nationale » — n'a fait que renforcer.

Quelles conséquences pour la droite et la campagne présidentielle ?

Au-delà du cas personnel de Sarah Knafo, ces événements éclairent les dynamiques plus larges de la campagne présidentielle de 2027. D'un côté, l'invitation de Sardoche par Reconquête, mais aussi par David Lisnard, montre que les personnalités politiques cherchent à capter l'attention via des figures populaires de la culture internet, y compris dans leurs rangs. C'est un signe de l'importance croissante des influenceurs et des streamers dans la fabrique de l'opinion, un phénomène que l'on observe aussi dans d'autres pays.

D'un autre côté, la plainte contre Marianne et les accusations de Jean-Philippe Tanguy, député RN, révèlent les fractures au sein du camp national. La rivalité entre Reconquête et le RN est ancienne, mais elle s'exacerbe à l'approche du scrutin. Les attaques personnelles et les fuites médiatiques pourraient fragiliser l'ensemble de la droite, qui espère pourtant faire de l'élection une confrontation avec le macronisme.

Pour Sarah Knafo, l'enjeu est double : prouver son intégrité et imposer sa légitimité. Si elle parvient à transformer l'essai judiciaire contre Marianne, elle pourra se poser en victime d'un système médiatique hostile. En revanche, si la procédure n'aboutit pas, ou si de nouvelles révélations émergent, sa crédibilité sera sérieusement écornée. À l'heure où elle tente de peser sur la ligne de Reconquête, cette tempête médiatique est un test grandeur nature de sa capacité à naviguer dans le monde politique.

Le streaming et la politique : un mélange des genres en pleine expansion

L'irruption de Sardoche dans le débat politique est emblématique d'une tendance lourde : la porosité croissante entre la culture du streaming et la politique. Après les gilets jaunes, les agriculteurs ou les influenceurs lifestyle, ce sont désormais les streamers les plus clivants qui sont courtisés par les partis. Cette stratégie, déjà utilisée par Jean-Luc Mélenchon avec des figures comme LeBouseuh, ou par le RN avec des jeunes youtubeurs, vise à toucher un public jeune, souvent déconnecté des médias traditionnels.

Mais ce mélange des genres n'est pas sans risques. Les streamers, habitués à la provocation et à l'immédiateté, peuvent déborder du cadre politique et causer des scandales difficiles à contrôler. Et leur crédibilité est souvent sujette à caution : comme le montrent les polémiques récurrentes sur le cyberharcèlement, leur influence peut avoir des effets néfastes. Pour Sarah Knafo, l'invitation de Sardoche est un pari audacieux, qui pourrait être vu comme une tentative de rajeunir une image, mais aussi comme une compromission avec des valeurs contraires à celles de son camp.

Quoi qu'il en soit, ces événements confirment que la campagne présidentielle de 2027 ne se jouera pas seulement dans les médias traditionnels. Les réseaux sociaux, les plateformes de streaming et les polémiques virales sont devenus des arènes politiques à part entière, où les personnalités se construisent et se détruisent. Sarah Knafo, en s'engageant sur ce terrain, joue sa place dans cette nouvelle configuration. Reste à savoir si elle en sortira grandie ou affaiblie.

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