KLM dévoile son premier Airbus A350 « La Ronde de Nuit » avec un problème en business

La compagnie néerlandaise KLM a dévoilé le nom de son premier Airbus A350, baptisé   La Ronde de nuit » en hommage au chef-

KLM dévoile son premier Airbus A350-900 « La Ronde de Nuit »

KLM a officiellement présenté son tout premier Airbus A350-900, un appareil qui marque un tournant dans la stratégie de renouvellement de sa flotte long-courrier. L’avion, immatriculé PH-ZNA, a été baptisé « The Night Watch » (« La Ronde de Nuit »), en hommage au célèbre tableau de Rembrandt van Rijn. Actuellement en phase de préparatifs finaux à Toulouse, en France, il doit être livré à la compagnie néerlandaise à la fin du mois d’août 2026, avec une mise en service commerciale prévue en septembre.

Ce nom inaugure une nouvelle thématique pour la flotte A350 de KLM. L’abandon des références aux places de villes, aux fleurs ou aux sites UNESCO – utilisées jusqu’alors – laisse place à des noms inspirés des chefs-d’œuvre de la peinture néerlandaise. La compagnie, qui relie les Pays-Bas au monde depuis 1919, souhaite ainsi associer modernisation de sa flotte et rayonnement culturel. L’A350 sera déployé sur plusieurs lignes intercontinentales, et le premier vol commercial devrait relier Amsterdam à Toronto Pearson (YYZ).

Un problème de certification pour la classe Affaires

Si la fierté est de mise, un couac technique jette une ombre sur le lancement. KLM a reconnu que les sièges de la classe World Business Class (WBC), fournis par Stelia Aerospace (Airbus Atlantic) avec le produit Opera, ne seront pas prêts pour les premières rotations. En cause : une interprétation révisée des exigences réglementaires par les autorités de l’aviation, qui n’ont pas encore finalisé la certification de ces sièges.

Résultat : les deux premiers A350 livrés – dont « La Ronde de Nuit » – entreront en service sans leur cabine Affaires, pourtant la plus rémunératrice. Seules les classes Premium Comfort (26 sièges, disponible dès le premier jour) et Économie (271 sièges) seront opérationnelles. Le transporteur assure que le fabricant travaille d’arrache-pied pour boucler le processus de certification le plus rapidement possible, mais avec seulement deux mois avant le premier vol commercial, le temps presse.

Un renouvellement de flotte accéléré

L’arrivée de l’A350 est cruciale pour KLM, car il s’agit du premier avion de ce type à intégrer sa flotte, contrairement à sa maison mère Air France qui en exploite déjà. La compagnie prévoit de réceptionner trois A350 en 2026, puis un total de 22 exemplaires dans les années à venir, dans le cadre d’une commande groupée de 50 gros-porteurs passée par le groupe Air France-KLM en septembre 2023. Ces appareils remplaceront progressivement les Airbus A330 (dont les A330-200, dont la retraite est accélérée – cinq exemplaires sont encore en service, le sixième ayant été retiré en juin 2026) ainsi que les Boeing 777-200ER.

Le nouveau biréacteur affiche une capacité de 331 passagers (34 en Business, 26 en Premium Comfort, 271 en Économie) et consomme environ 25 % de carburant en moins que les avions qu’il remplace, un atout majeur pour les objectifs de réduction d’émissions et de nuisance sonore. KLM exploite par ailleurs une flotte diversifiée comprenant des Boeing 787, des Airbus A330 et, plus récemment, des Airbus A321neo pour le court-courrier.

Implications pour l’industrie et la concurrence

Ce contretemps certifié illustre les difficultés récurrentes que rencontrent les compagnies et les équipementiers dans la mise en conformité des nouvelles cabines haut de gamme. Alors que la demande pour les produits premium reste très forte, tout retard de certification peut impacter la stratégie commerciale et la promesse faite aux passagers. Pour KLM, qui mise sur une expérience client renouvelée pour justifier ses investissements, l’absence de la classe Affaires au lancement pourrait temporairement freiner la conquête de clients d’affaires, pourtant essentiels sur des liaisons long-courriers comme Amsterdam-Toronto.

Sur un plan plus large, l’arrivée de l’A350 chez KLM confirme la tendance de fond du secteur : la transition vers une flotte plus efficiente et plus respectueuse de l’environnement, avec des constructeurs comme Airbus qui dominent le marché des gros-porteurs de nouvelle génération. Ce renouvellement s’inscrit également dans le contexte plus large de consolidation et de concurrence accrue en Europe, où chaque compagnie tente de se démarquer par l’innovation et le confort.

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