Jannik Sinner bat le record de Djokovic et file en demi-finales à Rome

Jannik Sinner bat le record de Djokovic et file en demi-finales à Rome

Jannik Sinner pulvérise le record de Djokovic et poursuit son rêve romain

Le 15 mai 2026 restera une date historique pour le tennis italien. Jannik Sinner, numéro un mondial, a inscrit son nom encore un peu plus dans la légende en battant le record de Novak Djokovic du plus grand nombre de victoires consécutives dans les tournois ATP Masters 1000. En dominant Andrey Rublev 6-2, 6-4 en quart de finale de l'Open d'Italie, le Transalpin a porté sa série à 32 succès d'affilée dans la catégorie, effaçant des tablettes la marque de 32 victoires établie par le Serbe en 2011.

Sinner n'a pas seulement battu un record : il a survolé son match. Face au douzième tête de série russe, il n'a laissé que des miettes, breakant dès le premier jeu de chaque manche. Rublev, auteur de 28 fautes directes, n'a jamais trouvé la clé face à un Sinner impérial, porté par un public en fusion dans le Stadio Centrale du Foro Italico. « Je ne joue pas pour les records, je joue pour ma propre histoire », a-t-il humblement déclaré après la rencontre. « Mais en même temps, cela signifie beaucoup pour moi. »

Une demi-finale contre Medvedev pour un doublé en or

Sinner affrontera ce vendredi Daniil Medvedev en demi-finale. Le Russe, septième tête de série, a dû batailler pour venir à bout du lucky loser espagnol Martin Landaluce (1-6, 6-4, 7-5), sauvant les meubles après avoir perdu les cinq premiers jeux du match. Un combat de trois sets qui pourrait jouer en faveur du numéro un mondial, qui a bénéficié d'un parcours plus tranquille et d'un jour de repos supplémentaire.

Medvedev, vainqueur du tournoi en 2023, reste sur neuf défaites lors de leurs dix dernières confrontations. Il n'a pas remporté un set contre Sinner depuis près de deux ans. L'Italien part donc avec une confortable avance psychologique, même s'il se méfie : « Chaque match est une histoire différente. Demain, ce sera une rencontre nocturne, des conditions différentes. »

En route vers un sixième Masters 1000 consécutif

Avec cette 32e victoire, Sinner confirme son hégémonie sur le circuit. Il a déjà remporté cette année les Masters 1000 d'Indian Wells, Miami, Monte-Carlo et Madrid, s'offrant ainsi cinq titres consécutifs dans la catégorie — une première dans l'histoire du tennis. S'il venait à triompher à Rome, il porterait cette série à six, un exploit inédit.

Le natif de San Candido a également égalé Rafael Nadal en devenant le seul joueur, avec l'Espagnol, à avoir atteint les demi-finales des cinq premiers Masters 1000 de la saison. À 24 ans, il compte 121 victoires pour seulement 29 défaites à ce niveau, soit le deuxième meilleur bilan derrière Nadal (123 victoires) depuis la création du format en 1990.

Contexte : un exploit qui s'inscrit dans une saison stratosphérique

Pour comprendre l'ampleur de l'exploit, il faut replonger dans la saison 2026 de Jannik Sinner. Depuis sa dernière défaite dans un Masters 1000 — un abandon en huitième de finale à Shanghai en 2024 — il a remporté 45 de ses 47 derniers matches toutes compétitions confondues. En Masters 1000, il a gagné 64 des 66 sets qu'il a disputés, soit un ratio de près de 97 %.

Le record de Djokovic, établi en 2011 — l'une des saisons les plus dominantes de l'histoire du tennis —, paraissait inatteignable. Sinner l'a pourtant effacé, consolidant sa place de numéro un mondial et s'affirmant comme le grandissime favori pour Roland-Garros, qui débute le 24 mai. Le tournoi parisien est le seul Grand Chelem qui manque encore à son palmarès pour un Grand Chelem en carrière.

Le poids du public et de l'histoire

Jouer à la maison, devant son public, ajoute une pression supplémentaire. Mais Sinner semble la transformer en énergie positive. Il est en quête d'un titre qui échappe aux Italiens depuis Adriano Panatta en 1976, soit exactement 50 ans. « Le soutien du public est incroyable, a-t-il confié. Émotionnellement, cela demande beaucoup, mais je vais tout donner. Quoi qu'il arrive, c'est une situation gagnant-gagnant. »

Sa popularité ne cesse de croître. Les fans italiens, souvent munis de banderoles et de drapeaux, ont envahi les travées du Foro Italico pour le voir écrire l'histoire. Comme le soulignent les photographes présents sur place, chaque point, chaque geste est célébré avec une ferveur rare.

Medvedev, le challenger en quête de rachat

En face, Daniil Medvedev vit une saison contrastée. S'il a élevé son niveau dans la troisième manche contre Landaluce, le Russe peine à retrouver la constance qui l'a porté au sommet. Son jeu offensif, soudain, peut le rendre dangereux sur terre battue — surface qu'il a pourtant longtemps détestée. Mais contre Sinner, c'est surtout son mental qui devra répondre présent.

« Ce sera un énorme défi », a reconnu Medvedev. Une remarque qui en dit long sur le respect, mêlé d'appréhension, que lui inspire le rouleau compresseur italien.

Perspective : un héritage en construction et un tennis qui change

Au-delà de la performance sportive, la série de Sinner redessine la hiérarchie du tennis mondial. Avec l'absence sur blessure de Carlos Alcaraz — son grand rival —, Sinner se retrouve seul maître à bord. Il incarne désormais la nouvelle génération qui bouscule l'ordre établi, après des années de domination sans partage de Djokovic, Nadal et Federer.

Vers un nouveau "Big Three" ?

Si Alcaraz a montré des éclairs de génie, c'est bien Sinner qui fait preuve d'une régularité de métronome. Beaucoup voient en lui le prochain grand champion à remporter une multitude de titres majeurs. Son jeu fondé sur une puissance explosive couplée à une intelligence tactique rare le rend redoutable sur toutes les surfaces.

Son entraîneur, Darren Cahill, souligne souvent la capacité de Sinner à s'adapter. « Il apprend de chaque match, s'améliore chaque jour. Son éthique de travail est exceptionnelle », confiait-il récemment. Ce perfectionnisme pourrait bien le mener vers une domination similaire à celle de Djokovic à son apogée.

L'enjeu de Roland-Garros et du Grand Chelem en carrière

Le prochain objectif, et non des moindres, est le sacre à Paris. Sinner n'a jamais dépassé les quarts de finale à Roland-Garros, mais sa forme actuelle et sa confiance en font un candidat ultra-sérieux. Un titre à Paris lui offrirait le Grand Chelem en carrière, puisqu'il a déjà remporté l'Open d'Australie, Wimbledon et l'US Open. Seuls Djokovic, Nadal, Federer, Roy Emerson, Rod Laver, Don Budge, Fred Perry et Andre Agassi ont réussi cet exploit dans l'histoire du tennis messieurs.

« Il est en mission », résume un observateur. Sa progression linéaire depuis ses débuts professionnels laisse peu de doutes sur sa capacité à marcher sur les traces des plus grands.

Les implications pour le tennis italien

Sur le plan national, l'impact dépasse le cadre sportif. Sinner a inspiré toute une génération de jeunes Italiens à se mettre au tennis. Les inscriptions dans les clubs ont bondi, et plusieurs espoirs italiens émergent sur le circuit. Le pays, qui attendait un champion depuis Panatta, vit une véritable renaissance.

L'Italie, déjà vainqueur de la Coupe Davis en 2023 (même si Sinner n'avait pas participé à la finale), pourrait bien régner sur le tennis mondial pour les années à venir. En parallèle, l'actualité politique et économique est agitée, mais le tennis offre une parenthèse enchantée aux supporters transalpins.

Une domination qui interroge

Certains critiques estiment que cette série intervient dans un contexte particulier : l'absence d'Alcaraz, les blessures récurrentes de Djokovic (défaite prématurée à Rome face au jeune Dino Prizmic) et le déclin de Nadal. Mais ces arguments ne résistent pas à l'analyse : Sinner a battu tous les joueurs qu'il a rencontrés, souvent avec une autorité rare. Comme le rappelait un journaliste, « on ne peut que battre ceux qui sont en face, et lui le fait avec une régularité d'horloge suisse ».

D'ailleurs, sa victoire à Madrid contre Rafael Nadal sur terre battue a démontré qu'il savait aussi dominer les monstres sacrés sur leur surface de prédilection.

Un record pour l'éternité ?

Ce record de 32 victoires consécutives en Masters 1000 sera difficile à battre. Seul Novak Djokovic, qui avait établi la précédente marque, ou peut-être un Alcaraz revenu au meilleur de sa forme, pourrait un jour le menacer. Mais en attendant, Jannik Sinner règne sans partage sur le circuit, et son nom est désormais associé aux plus grands.

La finale, s'il la remporte, serait une consécration dans son pays. Mais même en cas d'échec, son héritage est déjà en marche. L'histoire du tennis retiendra que le 14 mai 2026, à Rome, un prodige italien nommé Jannik Sinner a ajouté une ligne à sa légende.

En conclusion : La demi-finale face à Medvedev ce vendredi pourrait être un nouveau chapitre d'une saison déjà monumentale. Quoi qu'il arrive, Jannik Sinner a prouvé qu'il n'était pas seulement l'avenir du tennis : il en est déjà le présent le plus éclatant.

Commentaires