Jacques Dutronc frôle la mort : sa compagne Sylvie Duval, son ange gardien
Ce n’est un secret pour personne, Jacques Dutronc, icône désinvolte des années 1960, a toujours eu une santé fragile. Mais le chanteur de 83 ans, qui a soufflé ses bougies le 28 avril dernier, a révélé dans une interview au Parisien avoir échappé à la mort à deux reprises, grâce à la vigilance de sa compagne Sylvie Duval. Des confidences poignantes qui rappellent que derrière l’artiste insouciant se cache un homme marqué par les épreuves.
La première alerte a eu lieu dans leur propriété corse. Victime d’une chute provoquée par un chat, Dutronc s’est ouvert le visage en tombant dans un escalier en pierre. « J’étais sous anticoagulants et ça pissait sans arrêt », raconte-t-il. Alors que l’hémorragie était incontrôlable et qu’il risquait de « rester crever », c’est Sylvie qui a immédiatement appelé les pompiers, lui sauvant la vie. Quelque temps plus tard, nouvel épisode critique. Sa compagne, inquiète de son comportement « bizarre » – il ne mettait plus les bons boutons – l’a emmené d’urgence à l’hôpital de Bastia. Diagnostic : un énorme hématome intracrânien de 75 cl de sang. Une intervention de l’équipe médicale et la rapidité de Sylvie Duval lui ont une nouvelle fois permis de s’en sortir. « Je l’ai échappé belle », résume-t-il sobrement.
Une rescapée de l’ombre
Sylvie Duval, rencontrée sur le tournage du film Place Vendôme en 1997, est bien plus qu’une compagne : elle est devenue son infirmière et son ange gardien. Leur couple, formé après la séparation du chanteur d’avec Françoise Hardy en 1988, dure depuis plus de vingt ans. Ces révélations, alors que l’artiste est récemment revenu sur le devant de la scène pour évoquer son passé, offrent un éclairage touchant sur la vulnérabilité d’un homme souvent perçu comme insaisissable.
L’adolescent cloîtré qui a appris la guitare pour survivre
Ces épisodes de santé résonnent avec un passé douloureux : celui de l’adolescent Jacques Dutronc, frappé par le rhumatisme articulaire aigu – ou maladie de Bouillaud – à 16 ans. Cette maladie, qui survient après une infection bactérienne (souvent une angine streptococcique), provoque des inflammations articulaires et force le système immunitaire à attaquer les tissus. « À 16 ans, j’ai été frappé par le rhumatisme articulaire aigu, dit de Bouillaud », écrit-il dans ses mémoires Et moi, et moi, et moi. Résultat : l’adolescent, qui jusque-là ne faisait pas de musique, a dû rester cloîtré chez lui durant un an, alité et souffrant.
Une renaissance par la musique
C’est pour tromper l’ennui et la douleur que Jacques Dutronc s’est emparé de la guitare de son frère. En autodidacte, il commence à reproduire les tubes qu’il entend. Ce qui n’était qu’un passe-temps forcé devient une passion dévorante, puis une carrière fulgurante. En 1966, à 23 ans, il sort son premier album et enchaîne les hits : Les Play-Boys, Les Cactus, Et moi, et moi, et moi ou encore Mini-mini-mini. Sans cette maladie, Dutronc n’aurait peut-être jamais pris un instrument. Ironie du sort : ce qui devait le briser l’a construit. C’est aussi à cette période qu’il rencontre Françoise Hardy, une autre légende de la chanson française, avec qui il formera un couple mythique mais complexe.
Goldman vs Dutronc : la répartie cinglante qui refait surface
En parallèle de ces confidences intimes, un autre épisode agite la toile : l’affrontement larvé entre Jacques Dutronc et Jean-Jacques Goldman. Si les deux hommes incarnent deux visions de la chanson française – l’un instinctif et désinvolte, l’autre méthodique et rigoureux –, leur rencontre professionnelle n’a jamais pris. Selon une source récente, Dutronc aurait été « rabaissé » par Goldman, et sa répartie, restée célèbre, aurait fusé : « Moi, je n’ai pas de… ». Si les paroles exactes restent floues (le site Parlons Basket cite une phrase tronquée), l’anecdote illustre le caractère bien trempé de l’artiste, qui n’a jamais plié devant les codes. Ce différend, qui ressort régulièrement dans les médias, rappelle que Dutronc, même vieillissant, reste une figure incontournable et clivante du paysage musical français.
Un héritage qui dépasse la musique
Ces révélations sur la santé de Jacques Dutronc et son passé s’inscrivent dans une actualité plus large. Tandis que le débat sur la santé des artistes vieillissants prend de l’ampleur, le cas Dutronc illustre la résilience d’un homme qui, grâce à sa compagne et à sa propre force intérieure, a survécu aux pires épreuves. Alors que la France s’interroge sur la place de ses aînés et que des figures comme Philippe de Villiers ou Natacha Polony animent le débat public, Dutronc, lui, rappelle que la longévité artistique ne tient qu’à un fil – ou à un geste salvateur.
Son histoire montre aussi que la maladie peut être un moteur imprévu de création. D’autres artistes, comme l’humoriste José Garcia, témoignent de cette capacité à transmettre de l’espoir malgré les coups du sort. Jacques Dutronc, à 83 ans, reste une légende vivante, cabossée mais debout. Ses confidences, entre humour et gravité, nous rappellent que derrière le mythe, il y a un homme qui a plusieurs fois frôlé la mort, et qui a choisi d’en rire – ou d’en pleurer, mais toujours avec une guitare à la main.
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