Catherine Chabaud indexe les aides pêcheurs sur le carburant, la taxe TAEMUP 2027 passe mal

Catherine Chabaud réaffirme l'indexation des aides sur le cours du carburant

La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a réitéré samedi 19 septembre sur franceinfo son engagement : les aides destinées aux marins pêcheurs seront désormais indexées sur l'évolution du cours du gazole pêche. « Pour la première fois, on va indexer l'indemnisation selon le cours du carburant », a-t-elle déclaré, précisant que ce mécanisme suivra « l'intensité de l'augmentation du prix du gazole pêche », et non le prix à la pompe. Selon la ministre, la Commission européenne et la France ont négocié un dispositif permettant d'atteindre 70 % de cette intensité.

Cette annonce intervient après six heures de négociations avec les représentants des marins pêcheurs, jeudi 17 septembre. Catherine Chabaud a reconnu une « incompréhension » chez les professionnels, qui s'interrogeaient sur l'application concrète du chiffre de 35 centimes annoncé par le Premier ministre. « Même si la crise perdure, les pêcheurs toucheront ces aides », a-t-elle assuré, alors que la flambée des prix du carburant continue de peser sur la trésorerie des entreprises de pêche.

Un prêt à taux zéro pour les trésoreries fragilisées

Face aux retards de versement des aides, la ministre a également annoncé la mise en place d'un prêt à taux zéro pour les professionnels confrontés à des problèmes de trésorerie. Une mesure d'urgence qui vise à répondre aux inquiétudes d'une filière déjà éprouvée par la hausse des coûts d'exploitation et les blocages récents, levés à Nice et dans l'Hérault.

Un contexte de flambée des prix et de tensions sociales

Cette actualité s'inscrit dans un climat de crise persistante du carburant. La hausse du gazole pêche, amplifiée par les tensions sur les marchés mondiaux, fragilise un secteur dont les marges sont structurellement faibles. Les aides indexées constituent une réponse d'urgence, mais leur mise en œuvre technique reste complexe : le calcul dépend de l'intensité de la hausse, ce qui a suscité des interrogations chez les pêcheurs, inquiets de voir le dispositif s'essouffler si les prix continuaient de flamber.

Le gouvernement tente ainsi d'éviter une nouvelle vague de blocages, après ceux qui ont secoué plusieurs ports français. La levée des barrages à Nice et dans l'Hérault, jeudi, témoigne d'une accalmie relative, mais les organisations professionnelles restent vigilantes. Elles réclament des garanties sur la pérennité du mécanisme et sur la rapidité des versements.

La taxe TAEMUP 2027 cristallise l'opposition du nautisme

En parallèle, Catherine Chabaud fait face à une controverse croissante autour de la réforme de la TAEMUP (taxe annuelle sur les engins maritimes à usage personnel), prévue pour 2027. Selon ActuNautique, les organisations professionnelles du nautisme ne contestent pas le principe d'un élargissement de l'assiette fiscale, mais dénoncent une méthode qui pourrait fragiliser l'ensemble de la filière.

À partir de 120 kW (environ 163 chevaux), des bateaux de moins de 7 mètres jusqu'ici exonérés deviendraient imposables. Cela concerne directement des unités de 6 à 7 mètres motorisées en 175 ou 200 chevaux, très répandues sur le marché français : pêche-promenade, semi-rigides, petits open et day-boats. Les professionnels redoutent un coup dur pour l'entrée de gamme et les ventes de bateaux neufs, dans un marché déjà difficile.

Un risque politique à sept mois de la présidentielle

La réforme pourrait avoir des conséquences électorales. À sept mois de l'élection présidentielle, elle risque de mobiliser plusieurs millions de plaisanciers français. Les organisations professionnelles proposent depuis plusieurs années une alternative : élargir l'assiette pour répartir l'effort de manière raisonnable, plutôt que de concentrer brutalement la taxe sur certaines catégories de bateaux et de motorisations.

Perspective : un double défi pour Catherine Chabaud

La ministre de la Mer et de la Pêche se trouve à la croisée de deux dossiers sensibles. D'un côté, elle doit rassurer les pêcheurs sur la solidité du filet de sécurité face à la flambée du carburant ; de l'autre, elle doit défendre une fiscalité environnementale qui, mal calibrée, pourrait se retourner contre l'industrie nautique française et contre la majorité.

L'indexation des aides sur le cours du gazole pêche marque une rupture : elle introduit une automaticité inédite dans un secteur habitué aux négociations annuelles. Mais sa réussite dépendra de la clarté des règles et de la capacité de l'État à verser rapidement les sommes promises. Quant à la TAEMUP, elle illustre la difficulté de concilier transition écologique et soutien à une filière économique. À sept mois du scrutin, l'équation politique pourrait bien s'avérer aussi délicate que l'équation budgétaire.

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