Une première à Cannes pour Avril Besson
Le 16 mai 2026, le Festival de Cannes accueillait la réalisatrice Avril Besson pour la présentation de son premier long métrage, Les Matins merveilleux, en Séance Spéciale de la Sélection officielle. Le film, porté par India Hair et Raya Martigny, a fait sensation lors du photocall officiel, marquant l’entrée remarquée d’une nouvelle voix dans le cinéma français. L’équipe du film a partagé un moment de complicité face aux photographes, quelques heures avant la projection tant attendue.
Une Séance Spéciale très remarquée
Dans une interview accordée au site du Festival, Avril Besson a dévoilé les coulisses de ce projet personnel. Après avoir dirigé India Hair et Raya Martigny dans son court métrage Queen Size (nommé aux César 2025), la réalisatrice a souhaité prolonger cette collaboration sur un format long. Les Matins merveilleux raconte l’histoire de Charlie (India Hair), qui, au lendemain du décès de sa grand-mère, part en Twingo livrer des vinyles disco à un proche de la défunte, dans le sud de la France. Sur place, elle rencontre Marina (Raya Martigny), une serveuse libre et flamboyante, qui va bouleverser son chemin de deuil et de reconstruction.
Un casting qui fait parler
India Hair et Raya Martigny, un duo complice
Lors d’une conversation à trois, les actrices ont expliqué ce qui les avait attirées dans leurs personnages respectifs. Pour India Hair, Charlie est une trentenaire « lunaire et déphasée », qui refuse de se laisser submerger par le chagrin. « Elle fait toujours le choix de sortir de son émotion pour être avec les gens autour », a-t-elle confié, saluant la direction d’actrice d’Avril Besson, qui a su exploiter son « côté burlesque ». Raya Martigny incarne quant à elle Marina, une femme trans « heureuse là où elle est, malgré une forme de solitude profonde ». L’actrice a souligné la douceur du film, qui aborde des thèmes complexes avec légèreté et humour.
La surprise Éric Cantona
Le film réserve une apparition surprise de taille : celle d’Éric Cantona, qui interprète le mystérieux destinataire des vinyles. Dans un entretien accordé à L’Équipe, Avril Besson s’est dite bluffée par l’ancien footballeur : « Il nous a sorti une chorégraphie de dingue ! » Une séquence qui promet d’être l’un des moments forts du long métrage, mêlant nostalgie disco et émotion.
Une quête des origines sous le signe de la danse
Disco, deuil et émancipation
Les Matins merveilleux s’articule autour d’une image clé : une vidéo des années 1980 montrant la mère de Charlie (décédée quand elle était adolescente) dansant en boîte de nuit. Cette séquence, visionnée en boucle par la protagoniste, devient le moteur de sa quête identitaire. Selon la critique, le film « sert de prétexte à dérouler deux trajectoires programmatiques – une quête des origines, bientôt suivie d’un récit d’émancipation ». Avril Besson confirme cette ambition : « Marina va apprendre à Charlie qu’elle a le droit de s’écrire, et Charlie va apprendre à Marina qu’elle a le droit de ne pas trop s’écrire. »
Un style entre tendresse et maladresse
Si la presse salue la tendresse de la réalisatrice pour ses personnages, certains articles pointent une « main lourde pour forcer l’empathie ». La scène de karaoké où Charlie reprend « Mon amie la rose » de Françoise Hardy, filmée en plan unique avec un zoom resserré, a divisé. Reste que le film semble trouver sa place dans une veine récente du cinéma français, celle des trentenaires lunaires et attachants, entre Laure Calamy et Lætitia Dosch.
Ce que change ce premier long métrage
Avec Les Matins merveilleux, Avril Besson s’inscrit dans la dynamique des jeunes réalisatrices françaises qui bousculent les codes du récit d’apprentissage. En mêlant humour, deuil et représentation trans, elle offre une œuvre solaire et sincère, à l’image de ce Festival de Cannes 2026 qui voit défiler des projets tout aussi audacieux, comme le retour choc de Will Smith dans « Supermax ». Le film prouve que la légèreté peut être une arme puissante pour aborder des sujets graves. À noter également que, dans une édition marquée par des moments forts, l’actrice Iris Mittenaere a fait sensation sur le tapis rouge avec une robe blanche éclatante, confirmant que Cannes reste le lieu de toutes les métamorphoses.
En attendant une sortie en salles qui devrait confirmer l’engouement, Les Matins merveilleux s’impose déjà comme l’une des révélations de cette 79e édition.
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