Benjamin Duhamel face à Sonia Mabrouk : tension palpable sur France Inter

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Benjamin Duhamel face à Sonia Mabrouk : un échange sous tension sur France Inter

Ce jeudi 27 août 2026, l'ambiance était électrique dans les studios de France Inter. Invitée de Benjamin Duhamel dans "La Grande Matinale", Sonia Mabrouk est venue défendre sa nouvelle émission "100 % Mabrouk", lancée trois jours plus tôt sur BFMTV. Mais les critiques fusent, et l'interview a rapidement tourné au bras de fer.

Dès les premières minutes, Benjamin Duhamel a interrogé la journaliste sur le choix controversé de certains invités, notamment Sophie de Menthon et Céline Pina. Des invitations qui suscitent l'ire des syndicats de la rédaction de BFMTV, qui dénoncent un "défilé de personnalités d'extrême droite". Sonia Mabrouk a répondu avec ironie : "Je vais rassurer ceux qui nous écoutent ce matin, je ne vais pas devenir chroniqueuse sur France Inter." Une phrase qui n'a pas désamorcé la tension.

Un dialogue de sourds sur la liberté éditoriale

Face aux questions insistantes de Benjamin Duhamel sur l'indépendance éditoriale de l'émission, Sonia Mabrouk a défendu sa liberté de choix. "Il y a une variété d'invités et d'opinions que je compte représenter dans cette émission", a-t-elle insisté. Mais le ton est monté lorsque Benjamin Duhamel a évoqué l'hypothèse que certains puissent se demander si la journaliste était finalement une "femme libre". Mabrouk a rétorqué, non sans malice : "C'est vous qui l'avez dit d'ailleurs. Vous voyez, vous aussi vous avez des opinions."

Le compagnon d'Agathe Lambret n'a pas apprécié la remarque. "Vous savez, Sonia Mabrouk, quand je vous pose une question, ne me renvoyez pas une question." Un échange vif qui illustre les relations tendues entre les deux journalistes, mais aussi les enjeux autour de la nouvelle émission de Mabrouk.

Contexte : une arrivée sous le feu des critiques

Sonia Mabrouk a rejoint BFMTV après son départ de CNews, où elle officiait depuis plusieurs années. Son arrivée, très médiatisée, n'a pas fait l'unanimité. Trois jours après la première de "100 % Mabrouk", les syndicats SNJ et CGT du groupe RMC-BFM ont publié un communiqué cinglant, accusant la direction de laisser la nouvelle animatrice "importer la ligne CNews". La Société des journalistes (SDJ) de BFMTV a également envoyé un mail interne pour alerter sur l'équilibre des plateaux.

En cause, notamment, la présence de Sophie de Menthon, une entrepreneure qui avait qualifié le viol de Nafissatou Diallo par Dominique Strauss-Kahn de "meilleure chose qui ait pu lui arriver", et de Céline Pina, une essayiste ayant comparé Zohran Mamdani aux attentats du 11 septembre 2001. Des propos que Benjamin Duhamel n'a pas manqué de rappeler à son invitée.

Sonia Mabrouk assume ses choix

Loin de se démonter, Sonia Mabrouk a réaffirmé sa volonté de représenter toutes les sensibilités. "Je ne suis pas la première à avoir eu un communiqué cinglant de la SDJ", a-t-elle lancé, en rappelant que Benjamin Duhamel lui-même avait été critiqué par la SDJ de Radio France en 2025 pour son cumul de fonctions entre le service public et BFMTV.

L'animatrice a également évoqué son départ de CNews, justifié par le maintien de Jean-Marc Morandini à l'antenne après sa condamnation définitive pour corruption de mineur. "Je comprends que certains téléspectateurs aient eu un doute sur une affaire aussi importante", a-t-elle concédé, tout en affirmant "garder pour CNews une véritable affection".

Perspective : un débat plus large sur l'indépendance des médias

Cette passe d'armes entre Benjamin Duhamel et Sonia Mabrouk dépasse le simple cadre d'une interview matinale. Elle illustre les tensions croissantes dans le paysage médiatique français, où les frontières entre information et opinion deviennent de plus en plus floues.

L'arrivée de Sonia Mabrouk sur BFMTV, une chaîne historiquement ancrée dans l'info en continu, interroge sur la stratégie éditoriale du groupe. La direction assume vouloir élargir le spectre des opinions, mais les syndicats y voient une dérive dangereuse.

Pendant ce temps, Benjamin Duhamel poursuit son ascension dans le service public. Dimanche 30 août, il lancera sur France 2 et France Inter "Franc-jeu", un nouveau rendez-vous politique hebdomadaire. Le premier invité sera Raphaël Glucksmann, candidat déclaré à l'élection présidentielle de 2027. Une manière de rappeler que les journalistes, eux aussi, jouent un rôle clé dans la campagne qui s'annonce.

De quoi alimenter encore les débats sur la place des médias dans la vie démocratique française.

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