Bac 2026 : Édouard Geffray muscle les règles, liste noire et lutte contre les violences

Sujets corrigés bac pro 2026 : épreuve de français

Édouard Geffray durcit le bac et le brevet pour redonner du sens aux examens

À la veille des épreuves du baccalauréat 2026, le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a annoncé un renforcement significatif des règles d’évaluation. Invité de France Inter le 28 mai, il a détaillé les nouvelles mesures qui visent à “recrédibiliser” l’examen. Désormais, une copie jugée insuffisante en orthographe, syntaxe ou grammaire ne pourra pas obtenir la moyenne, toutes disciplines confondues. Par ailleurs, le seuil d’accès aux épreuves de rattrapage est relevé : il faut au moins 8 sur 20, contre une pratique plus souple auparavant.

Le brevet n’est pas en reste. Le contrôle continu ne comptera plus que pour 40 % de la note finale, contre 60 % auparavant, tandis que les épreuves terminales pèseront désormais 60 %. L’objectif affiché est d’éviter que des élèves arrivent le jour de l’examen en ayant déjà quasiment obtenu leur diplôme. Édouard Geffray assume que ces réformes pourraient entraîner une baisse des taux de réussite, mais il les juge nécessaires pour restaurer la valeur du diplôme.

Cette reprise en main intervient alors que Parcoursup a profondément modifié les priorités des lycéens, souvent plus préoccupés par leur admission dans le supérieur que par l’obtention du bac lui-même. Le ministre répond ainsi à une interrogation récurrente : faut-il durcir l’examen pour lui redonner du sens ? Le contexte de la session 2026 est également marqué par des épisodes de chaleur intense, compliquant l’organisation des épreuves dans des salles parfois qualifiées de “bouilloires”.

Une liste noire pour protéger les élèves des violences

Parallèlement au renforcement des examens, Édouard Geffray a dévoilé un dispositif inédit de “liste noire” destiné à interdire l’accès à l’école aux adultes ayant eu des comportements inappropriés envers des mineurs. Invité du JT de 20 heures de France 2 le 27 mai, le ministre a précisé le fonctionnement de ce fichier d’interdits d’école. Y figureront des personnes sanctionnées pénalement, mais aussi des personnels licenciés par l’Éducation nationale pour des faits ne relevant pas nécessairement d’une condamnation judiciaire.

Concrètement, un surveillant qui insulterait régulièrement des élèves, un professeur licencié pour violences sexuelles ou un animateur périscolaire impliqué dans des faits de harcèlement pourraient se voir interdire l’exercice dans tout établissement scolaire. “Ce sont des adultes auxquels nous interdirons l’accès à l’école, comme professeur, animateur périscolaire, intervenant associatif ou autre, parce qu’ils auront été au préalable identifiés comme ayant commis des actes qui ne sont pas acceptables sur des mineurs”, a expliqué Édouard Geffray.

Cette mesure fait écho à une actualité brûlante : selon les chiffres communiqués par le ministre, 255 signalements pour violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire ont été recensés depuis le début de l’année 2026. La “liste noire” vise à empêcher les personnes signalées de se faire embaucher dans un autre établissement après un licenciement, un problème que le ministre juge “intolérable”. Le dispositif devrait être opérationnel dès la rentrée prochaine, avec une procédure d’évaluation collégiale pour déterminer ce qui constitue un “comportement inapproprié”.

Des questions sur les critères et les droits des personnes concernées

La mise en place de cette liste noire suscite déjà des interrogations, notamment sur la définition précise des “comportements inappropriés” et sur les garanties accordées aux personnes qui y seraient inscrites. Édouard Geffray assure qu’une commission interne, composée de représentants de l’administration, de psychologues et de membres de la communauté éducative, sera chargée d’évaluer chaque cas. Les sanctions pénales constitueront un motif automatique d’inscription, mais les licenciements pour faits non criminels feront l’objet d’un examen au cas par cas.

Cette annonce s’inscrit dans un mouvement plus large de lutte contre les violences en milieu scolaire, un sujet sur lequel le gouvernement a multiplié les annonces ces derniers mois. Pour rappel, des figures comme Pauline Déroulède, Peyrade, Crucis : trois femmes au cœur de l’actualité ont contribué à mettre en lumière les violences de genre dans la société française. Le ministère espère que cette mesure, couplée à la banalisation du signalement, permettra d’endiguer un phénomène encore trop souvent passé sous silence.

Vers une école plus exigeante et plus sûre ?

Les réformes portées par Édouard Geffray témoignent d’une double volonté : restaurer la crédibilité des diplômes nationaux et renforcer la protection des élèves. Sur le premier point, le ministre fait le pari que l’exigence rédactionnelle, couplée à un contrôle continu moins prépondérant, redonnera du poids au baccalauréat. Cette orientation est soutenue par une partie de la communauté éducative, mais critiquée par d’autres, qui y voient une source de stress supplémentaire pour des élèves déjà fragilisés par la crise climatique et les tensions liées à Parcoursup.

Le volet sécuritaire, lui, répond à une demande sociale forte. Les 255 signalements de violences sexistes et sexuelles en milieu scolaire depuis janvier 2026, révélés par Le Monde, montrent l’ampleur du problème. La “liste noire” constitue une réponse administrative inédite, mais son efficacité dépendra de sa mise en œuvre concrète et de l’adhésion des personnels de l’Éducation nationale. Certains syndicats ont déjà exprimé des réserves sur le risque de “stigmatisation” ou sur l’absence de voies de recours pour les personnes inscrites à tort.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle bouleverse les méthodes d’apprentissage et où la chaleur perturbe les examens, le ministre semble vouloir incarner une autorité ferme et réformatrice. Reste à savoir si ces mesures tiendront leurs promesses lors de la session 2026 du baccalauréat, dont les premières épreuves ont déjà commencé dans une ambiance mitigée.

Commentaires