Blandine L'Hirondel sera au départ de l'UTMB 2026 malgré sa blessure
À quelques heures du départ de l'UTMB 2026, prévu ce vendredi 28 août à 17h45 à Chamonix, l'incertitude planait sur la participation de Blandine L'Hirondel. Touchée à la jambe gauche depuis sa victoire à la Transvulcania en mai dernier, la traileuse française a finalement confirmé sa présence. Une décision mûrement réfléchie, alors que la native de Normandie souffre d'une pathologie artérielle qui limite son intensité à l'effort.
« Je ne suis pas à 100%. J'ai une petite pathologie qui s'est développée et qui se symptomatise depuis maintenant quelques mois. Je ne peux rien y faire à part de la chirurgie, mais je voulais la repousser jusqu'après l'UTMB », a-t-elle expliqué dans les colonnes du Dauphiné Libéré. Une annonce qui a de quoi surprendre, alors que la championne du monde 2019 et 2022 faisait figure de favorite avant ce coup du sort.
Un forfait de Ruth Croft rebat les cartes
L'édition 2026 de l'UTMB a déjà été marquée par le forfait de la tenante du titre, Ruth Croft, pour raisons familiales. Une nouvelle qui a secoué la vallée de Chamonix mercredi, selon L'Équipe. Dans ce contexte, la présence de Blandine L'Hirondel, même diminuée, prend une autre dimension. La Française, qui avait terminé cinquième en 2024, pourrait bien jouer un rôle dans la course, même si elle refuse de se fixer des objectifs chiffrés.
« J'ai d'autres objectifs que de vouloir le podium, la gagne, un chrono ou une place. J'ai vraiment à cœur de faire une course pleine, d'optimiser tout ce que je peux optimiser, d'apprendre de mes erreurs des années passées », a-t-elle confié. Une philosophie qui contraste avec les attentes placées en elle, mais qui reflète sa maturité sportive.
Une championne au parcours singulier
Blandine L'Hirondel n'est pas une athlète comme les autres. Découverte sur le tard, à l'occasion d'un internat de médecine à La Réunion, elle a rapidement gravi les échelons jusqu'au sommet du trail mondial. « La première sortie qu'on fait ensemble, dans la première bosse, elle m'a explosé alors qu'elle ne s'entraînait pas et courait à peine », raconte son compagnon Mathieu Masbernard, également coureur. Un talent brut, révélé par un premier entraîneur sur l'île : « Elle n'avait pas une foulée académique mais elle avançait du feu de Dieu. »
À 35 ans, la gynécologue du sport cumule les casquettes avec une aisance déconcertante. « Je me considère comme quelqu'un de lambda, comme madame Tout-le-Monde qui a eu la chance de pouvoir découvrir des capacités, un don », explique-t-elle dans le documentaire de L'Équipe explore qui lui est consacré. Une humilité rare chez une athlète de ce niveau, mais qui a conquis le public et les médias.
Une double vie assumée
Entre les consultations et les entraînements en altitude, Blandine L'Hirondel mène une double vie qu'elle assume pleinement. Convaincue que la médecine du sport doit mieux s'adapter aux sportives de haut niveau, elle consacre une partie de son temps à cette cause. Un engagement qui dépasse le simple cadre sportif et qui fait d'elle une figure inspirante, notamment pour les femmes.
Son palmarès parle pour elle : victoire aux Championnats du monde en 2019 et 2022, succès à la Diagonale des Fous en octobre dernier, sur les terres de ses débuts. Autant de performances qui auraient pu lui valoir une pression supplémentaire, mais qu'elle aborde avec recul.
Les enjeux d'une course sous tension
L'UTMB 2026 s'annonce comme l'une des éditions les plus relevées de ces dernières années. La présence de Courtney Dauwalter, véritable légende vivante de l'ultra-trail, ajoute une intensité particulière. L'Américaine, qui a remporté l'épreuve à plusieurs reprises, sera sans doute l'épouvantail de la course. Selon les analyses de L'Équipe, les deux athlètes présentent des profils différents mais complémentaires.
« C'est assez gratifiant de voir que les gens ont envie de me voir devant », reconnaît Blandine L'Hirondel, qui observe les discussions sur les réseaux sociaux et dans les médias avec une certaine surprise. « Je le vois plutôt d'une façon bienveillante », ajoute-t-elle, visiblement touchée par le soutien du public.
Une stratégie de course adaptée
Pour cette édition, la Française devra composer avec sa pathologie. « Dès que je dépasse une certaine zone d'intensité ou d'allure, c'est à ce moment-là que j'augmente un peu le débit sanguin et j'ai une petite pathologie de l'artère qui vascularise la jambe gauche, donc je ne pourrais pas faire de l'intensité vigoureuse », détaille celle qui devra puiser dans ses ressources pour maintenir un rythme constant.
« Si j'arrive à garder une intensité faible mais constante toute la course, ça peut faire aussi un bel UTMB », assure-t-elle. Une stratégie de gestion qui pourrait s'avérer payante sur une distance aussi longue, où l'expérience et la patience priment souvent sur la vitesse pure. Les observateurs seront attentifs à sa gestion, d'autant que les conditions météorologiques de cette fin août pourraient jouer un rôle.
Un parcours semé d'embûches
L'UTMB n'est jamais une course comme les autres. Avec ses 176 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif, l'épreuve exige une préparation minutieuse et une capacité d'adaptation hors normes. Pour Blandine L'Hirondel, chaque étape sera cruciale, d'autant que sa préparation a été perturbée par la blessure.
« Je ne me fixe pas vraiment d'objectifs. Je veux essayer de prendre du plaisir et d'être satisfaite de ma gestion de course », insiste-t-elle. Un état d'esprit qui pourrait faire la différence dans les moments difficiles, notamment lors des dernières heures de course, quand les jambes et la tête sont mises à rude épreuve.
Une tendance de fond dans l'ultra-trail
Au-delà de sa participation, Blandine L'Hirondel incarne une évolution plus large de l'ultra-trail. Longtemps considéré comme un sport de niche, cette discipline attire désormais un public toujours plus large, à l'image de l'engouement suscité par l'UTMB chaque année. Les profils des participants se diversifient, et les athlètes comme L'Hirondel, qui concilient vie professionnelle et sport de haut niveau, deviennent des modèles.
La médiatisation croissante de ces courses, portée par des documentaires comme celui de L'Équipe explore, contribue à populariser cette pratique exigeante. Les enjeux économiques et médiatiques autour de l'UTMB ne cessent de croître, attirant des sponsors et des diffuseurs du monde entier. Dans ce contexte, la performance d'une athlète comme Blandine L'Hirondel pourrait avoir un impact bien au-delà du classement final.
Et si la question n'était pas tant de savoir si elle peut gagner, mais comment elle va aborder cette course singulière ? Les supporters tricolores, qui suivront la course en direct sur la chaîne L'Équipe ou via notre suivi en direct de l'UTMB, seront nombreux à espérer un exploit, ou tout simplement un beau spectacle. Quoi qu'il arrive, Blandine L'Hirondel aura déjà marqué cette édition 2026 de son empreinte, fidèle à son image d'athlète authentique et passionnée.
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