US Open : Shelton s'impose malgré la polémique sur ses grunts

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Nuit agitée à New York : Shelton dompte Shapovalov et la polémique

Dans la nuit de vendredi à samedi à Flushing Meadows, Ben Shelton a décroché son billet pour les huitièmes de finale de l'US Open. L'Américain, tête de série numéro 4, a battu le Canadien Denis Shapovalov en quatre manches (7-6(3), 6-7(5), 6-3, 6-4) après plus de trois heures de combat. Un match interrompu par les caprices de la météo et qui s'est achevé après 2 heures du matin, heure locale, dans une ambiance électrique.

Mais la performance du joueur de 23 ans a été éclipsée par une controverse. Au cœur du quatrième set, Shapovalov a interrompu le jeu pour se plaindre auprès de l'arbitre des grunts de son adversaire. Des plaintes qui ont déclenché les sifflets du public new-yorkais : « Je comprends le grunt, mais le grunt est différent à chaque coup. Ce n'est pas cohérent », a lancé le Canadien, visiblement agacé. L'arbitre a tenté de calmer le jeu, affirmant que les vocalises de Shelton n'étaient pas prolongées, mais Shapovalov a maintenu : « Sur son service, il n'a pas grunté une seule fois, et maintenant sur les deux derniers points, c'est à pleine puissance. C'est incohérent. »

Malgré cette altercation, Shelton a su garder son sang-froid et conclure la rencontre sur sa lancée. Il s'impose comme un sérieux prétendant au titre dans ce tableau masculin, où son prochain adversaire sera Stefanos Tsitsipas. Le Grec, jamais apparu en deuxième semaine à l'US Open auparavant, réalise un parcours remarquable et s'annonce comme un test redoutable.

Un succès net, malgré des passages à vide. L'Américain a encore montré des signes de vulnérabilité, comme sur cette deuxième manche perdue au tie-break après avoir mené, ou ces moments de flottement dans la quatrième. Le genre de détails qui l'empêchent encore de rivaliser avec les tout meilleurs, comme l'analyse The Athletic. Car si ses qualités athlétiques et son service surpuissant font des merveilles, le natif d'Atlanta reste un talent brut, en perpétuelle évolution.

Ben Shelton, un talent brut à la recherche de la régularité

Cette rencontre face à Shapovalov illustre parfaitement la saison en dents de scie de Ben Shelton. Sacré à quatre reprises cette année, il a aussi déçu dans les tournois majeurs, avec une élimination dès le premier tour à Wimbledon. Une défaite frustrante contre le Finlandais Otto Virtanen, au cours de laquelle il s'était lui-même surpris : « Quand je repense à ce match, je ne pense pas avoir joué beaucoup mieux lors de mes vingt derniers matches en Grand Chelem », confiait-il cet été. Une introspection qui a révélé des carences : des trous de concentration, un retour imparfait et une construction de points perfectible.

Des carences qu'il travaille d'arrache-pied avec son père et entraîneur, Bryan Shelton, ancien joueur du circuit ATP. Conscient de ces lacunes, Ben Shelton assume son statut d'éternel apprenti : « Je pense que je suis encore un talent brut, avouait-il. Je ne me sens pas aussi affûté que les gars du top 10. J'ai beaucoup d'outils, mais ils ne sont pas encore totalement au point. » Un discours lucide qui tranche avec son image de showman, lui qui n'hésite pas à célébrer ses victoires avec exubérance.

Dans les tribunes, une supportrice de choix ne rate aucune de ses performances : Trinity Rodman, la footballeuse internationale américaine, médaillée d'or aux JO de Paris 2024. Le couple, officialisé en mars dernier, attire les projecteurs et ajoute une pression médiatique supplémentaire sur les épaules du jeune homme. Une présence qui semble toutefois lui réussir, lui qui n'a plus perdu depuis qu'elle a endossé le rôle de cheerleader attitrée. Son enthousiasme communicatif, et ses tenues personnalisées — un crop top « I Love My Boyfriend » et un pendentif en forme de raquette avec la lettre B — font le bonheur des photographes.

Si le talent et la confiance sont là, la route est encore longue pour transformer l'essai. La régularité sur les neuf mois d'une saison reste son principal chantier.

Un test grandeur nature face à Tsitsipas, avant un tableau de rêve ?

Désormais, place au huitième de finale contre Stefanos Tsitsipas. Le Grec, qui n'avait jamais dépassé le troisième tour à New York, est en pleine confiance après des victoires convaincantes contre Arthur Fils et Jiri Lehecka. Un adversaire au style très différent, plus axé sur le lift et la tactique, qui pourrait mettre en lumière les progrès de Shelton sur son retour et sa lecture du jeu.

En cas de victoire, un quart de finale potentiel contre Carlos Alcaraz ou Tommy Paul attend le fougueux Américain. De quoi faire saliver les fans américains, qui rêvent de voir leur champion national soulever le trophée à New York. Dans un tableau où Novak Djokovic a été éliminé plus tôt dans le tournoi, la voie semble dégagée pour Shelton. Sauf que l'Américain devra d'abord confirmer sa montée en puissance face à un Tsitsipas qui n'a plus rien à perdre.

Son parcours new-yorkais a déjà révélé des progrès. Ses trois premiers matches ont été des batailles, mais il a su hausser son niveau dans les moments décisifs. Loin de la démonstration de force attendue, la prestation de Shelton montre un joueur qui apprend à gagner avec moins de grâce, mais avec plus de caractère. À l'image de ses idoles américaines, il semble prêt à souffrir pour aller chercher son premier titre du Grand Chelem.

Le rendez-vous est pris. Mercredi, sur le court Arthur Ashe, Ben Shelton aura une nouvelle occasion de prouver qu'il n'est plus seulement ce prodige au service éclair. Le tennis américain retient son souffle. Lui, savoure l'instant, bien conscient que le plus dur commence : « Je sens que je progresse match après match, c'est le principal. J'apprends encore, mais je suis sur la bonne voie. » Les prochains tours nous diront si cette maturité naissante lui permettra de dépasser son plafond de verre. Une chose est sûre : le garçon ne manque ni d'ambition, ni de ressources. Et si son jeu était encore brut, sa soif de vaincre, elle, est déjà taillée pour les sommets.

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