Tour Montparnasse : des baies vitrées s'effondrent, la rénovation au point mort

Tour Montparnasse - Panorama sur Paris et la tour Eiffel depuis le toit-terrasse au 59ème étage de la tour Montparnasse

Des baies vitrées s'effondrent en pleine rue à Paris

Ce dimanche 26 juillet 2026, plusieurs baies vitrées des étages supérieurs de la tour Montparnasse se sont détachées et sont tombées au sol, rue Edgar-Quinet et rue du Départ, dans le 15e arrondissement de Paris. Les pompiers, rapidement déployés sur place, ont établi un périmètre de sécurité et fermé les deux voies à la circulation. Aucun blessé n'est à déplorer, selon les informations communiquées au Parisien.

Les secours sont intervenus en rappel le long de la façade pour sécuriser les autres vitres menaçant de s'effondrer. L'opération est désormais terminée, mais l'incident relance avec acuité le débat sur l'état de vétusté du plus haut immeuble de Paris intra-muros (209 mètres), inauguré en 1973.

Un projet de rénovation à 800 millions d'euros en suspens

Cet incident survient dans un contexte particulièrement tendu autour du projet de rénovation XXL de la tour. Imaginé il y a plusieurs années, le chantier doit transformer le gratte-ciel de bureaux en un bâtiment moderne ouvert sur la ville, avec une façade végétalisée, un hôtel perché entre les 42e et 45e étages, des commerces et une serre agricole sur le toit. Le coût global est aujourd'hui estimé à 800 millions d'euros, soit une forte augmentation par rapport aux 300 millions annoncés en 2017 et aux 625 millions évoqués à l'automne 2025.

Mais le projet est aujourd'hui menacé par un conflit majeur entre copropriétaires. Le principal d'entre eux, LFPI (La Financière Patrimoine d'Investissement), détenu à 25 % par l'homme d'affaires Xavier Niel, a voté contre le démarrage des travaux lors de l'assemblée générale du 21 juillet. A ses côtés, la MGEN (18 %), BNP Paribas (10 %) et d'autres associés de Xavier Niel (environ 10 %) sont également parties prenantes. En cause : l'explosion du coût du désamiantage, passé de 30 à 90 millions d'euros au cours des neuf derniers mois, et plus largement un différend sur le financement global du projet.

Une réunion de crise convoquée par le maire de Paris

Face à ce blocage, le maire PS de Paris, Emmanuel Grégoire, a annoncé samedi 25 juillet la convocation d'une réunion de crise avec les copropriétaires en début de semaine prochaine, a précisé son entourage à l'AFP. Selon la MGEN, un accord entre les copropriétaires des étages destinés à l'hôtel est nécessaire « avant le 30 juillet » pour la poursuite du projet. Si les contentieux ne sont pas réglés d'ici là, « les travaux ne commenceront pas », a prévenu un représentant d'un copropriétaire, rappelant que les parties « ont voté le démarrage des travaux en septembre, mais à condition qu'il y ait la paix en juillet ».

Le temps presse : le permis de construire expire le 26 novembre. Philippe Goujon, le maire LR du 15e arrondissement, en a appelé « à la raison pour que les travaux puissent s'engager avant que le permis de construire ne tombe ». Il a averti qu'il serait « incompréhensible qu'une opération aussi gigantesque ne puisse pas être engagée alors que tout a été conforme et voté par le Conseil de Paris ».

Les enjeux d'un bras de fer entre géants de l'immobilier

Le conflit actuel dépasse le seul désaccord financier. Il met en lumière les tensions autour de la gouvernance du projet et les intérêts divergents des copropriétaires. Xavier Niel, via LFPI, contrôle 28 % des tantièmes, ce qui lui donne un poids décisif. Le fonds refuse désormais de financer les travaux, arguant d'un coût devenu trop élevé et d'un manque de visibilité. En face, la MGEN et d'autres copropriétaires plaident pour une relance rapide du chantier, indispensable pour sécuriser le bâtiment et valoriser leur investissement.

Certains observateurs évoquent une partie de poker menteur, où chaque camp cherche à peser sur les conditions financières de la rénovation. L'enjeu est considérable : au-delà des 800 millions d'euros, c'est l'avenir même de la tour Montparnasse qui se joue. Si le projet venait à capoter, la tour pourrait se contenter d'un simple ravalement de façade, bien loin de l'ambitieuse transformation promise.

Un édifice vieillissant qui inquiète

L'effondrement des baies vitrées de dimanche illustre les risques liés au vieillissement de la tour. Construite en 1973, elle est le plus haut immeuble de Paris intra-muros. Sa façade, très exposée aux intempéries, nécessite une maintenance constante. Les chutes de vitres sont un signal d'alarme supplémentaire sur la nécessité d'une rénovation en profondeur.

Le quartier Montparnasse, très fréquenté, est directement impacté. La fermeture des rues Edgar-Quinet et du Départ a perturbé la circulation piétonne et automobile dimanche soir. Les commerces et riverains, déjà habitués aux aléas liés au chantier de la gare Montparnasse voisine, redoutent une prolongation des désagréments.

L'avenir incertain d'un projet phare pour Paris

Le projet de rénovation de la tour Montparnasse est l'un des plus gros chantiers urbains de la capitale. Il doit permettre non seulement de moderniser un bâtiment emblématique mais aussi d'améliorer son bilan énergétique et de l'ouvrir sur la ville. La serre agricole sur le toit, notamment, est un symbole fort d'une volonté de verdissement.

Mais l'incertitude grandit. Si la date butoir du 30 juillet n'est pas respectée, le permis de construire risque d'être caduc. Emmanuel Grégoire mise sur la réunion de crise pour trouver une issue. « Le projet est trop important pour Paris. Je ne dis pas que cela se fera sans difficulté, mais le projet n'est pas abandonné », veut croire Philippe Goujon.

Dans le même temps, l'actualité sportive parisienne est marquée par d'autres émotions, comme le passage du Tour de France à Montmartre, qui a offert des images spectaculaires. Une page d'histoire différente pour la capitale, loin des débats sur l'immobilier.

La balle est désormais dans le camp des copropriétaires. Leur décision conditionnera non seulement l'avenir de la tour Montparnasse, mais aussi la vision de la modernisation urbaine que Paris entend porter.

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