Tottenham s'enfonce : De Zerbi critique ses cadres après la défaite contre Aston Villa
La situation devient critique à Tottenham. Samedi 19 septembre 2026, les Spurs se sont inclinés 3-2 à domicile face à Aston Villa, concédant leur troisième défaite en cinq journées de Premier League. Avec seulement deux points au compteur et une différence de buts de -6, le club londonien signe son pire départ dans l'élite anglaise depuis la saison 2008-09, selon les données compilées par ESPN.
Au coup de sifflet final, Roberto De Zerbi n'a pas masqué sa colère. L'entraîneur italien a quitté la pelouse sans un mot pour ses joueurs, avant de s'exprimer devant la presse. « Je suis très déçu, triste et frustré par la performance, a-t-il déclaré, relayé par The Guardian. On ne peut pas perdre le match de cette façon. On ne peut pas encaisser le deuxième but, on ne peut pas perdre l'équilibre juste parce qu'on est mené. »
Une défense en crise et des erreurs répétées
Les buts de Johan Manzambi, Nicolas Jackson et Emi Buendia ont exposé les lacunes défensives d'une équipe pourtant menée 2-0 avant une réaction tardive en seconde période. De Zerbi a particulièrement ciblé le deuxième but, inscrit par Jackson à la 67e minute après une longue relance du gardien de Villa, Zion Suzuki. « On savait qu'Aston Villa joue 86 % de longs ballons de plus que la saison dernière, on en a parlé dans de nombreuses réunions », a-t-il insisté, pointant un manque de concentration.
Le technicien a également critiqué l'état physique de ses joueurs et l'impact négatif de l'entrée en jeu de Mohammed Kudus, qui selon lui a « perturbé l'équilibre » de l'équipe. Fait rare, De Zerbi a refusé d'adresser le moindre message à ses joueurs avant la trêve internationale. « Je n'ai pas parlé aux joueurs parce que je ne voulais rien dire », a-t-il confié.
Un investissement massif sans résultats
Cet été, Tottenham a dépensé plus de 430 millions de dollars sur le marché des transferts, recrutant pas moins de treize joueurs pour tenter de tourner la page d'une saison précédente marquée par une lutte pour le maintien. Un investissement colossal qui devait permettre à De Zerbi d'imposer son style offensif et de ramener le club dans le haut du tableau.
Force est de constater que la greffe n'a pas pris. Malgré des occasions franches en première période contre Villa, les Spurs n'ont toujours pas remporté le moindre match cette saison. Le contraste entre les moyens engagés et les résultats obtenus commence à faire réagir outre-Manche.
Les observateurs pointent la responsabilité du manager
Sur BBC Radio 5 Live, le journaliste Rory Smith estime que De Zerbi a lui-même créé cette situation : « Je ne pense pas que Tottenham devrait être dernier, mais je ne suis pas surpris qu'une équipe avec huit ou neuf nouvelles recrues sur le terrain ne sache pas ce qu'elle fait. De Zerbi voulait ces changements, il s'est donc presque fait du mal à lui-même. »
Chris Sutton, ancien attaquant devenu consultant, se montre encore plus direct : « On attendrait de De Zerbi qu'il tire davantage d'un groupe de joueurs qu'il a lui-même fait venir. Chaque semaine, il critique systématiquement la performance de ses joueurs, et il est raisonnable de penser qu'ils devraient faire mieux. »
Nedum Onuoha, ex-défenseur de Manchester City, balaie l'argument du temps d'adaptation nécessaire : « Ils méritent les critiques. La plupart ont eu une présaison pour assimiler les idées de De Zerbi. Quand un joueur ne performe pas, c'est au manager de décider qui garder dans l'équipe. »
Un calendrier et une pression qui s'intensifient
La trêve internationale de trois semaines tombe à un moment charnière. Elle offre à De Zerbi du temps pour travailler, mais aussi à ses dirigeants l'occasion de s'interroger sur la direction prise. Les supporters, qui ont de nouveau conspué leur équipe samedi, commencent à perdre patience.
Le bilan à domicile est particulièrement alarmant : Tottenham n'a remporté que cinq de ses 36 derniers matchs de championnat à la maison. Une statistique qui pèse lourdement sur la crédibilité d'un entraîneur dont la philosophie offensive peine à produire des résultats concrets.
Quelles options pour la suite ?
De Zerbi conserve pour l'instant le soutien apparent de sa direction, qui a massivement investi selon ses souhaits. Mais en cas de nouvelle contre-performance à la reprise, la question de son avenir pourrait rapidement devenir centrale. L'Italien, connu pour son franc-parler, devra trouver les mots justes pour ressouder un vestiaire visiblement fragilisé.
« On doit travailler plus dur, mais le football, c'est comme la vie. Soit tu es fort, soit tu perds », a résumé De Zerbi. Une formule qui sonne aujourd'hui comme un aveu d'impuissance pour un club qui espérait retrouver les sommets.
La pression est désormais maximale sur un entraîneur dont l'arrivée devait incarner le renouveau, mais qui se retrouve aujourd'hui au bord de la crise après seulement cinq journées.
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