Tesla Cybertruck : l'Australie annulée, l'Europe fermée, un avenir incertain

Tesla Cybertruck replica is seen in Mostar, Bosnia and Herzegovina September 4, 2020. Impatient Bosnian specialist builds a replica of Tesla's Cybertruck ahead of its official release in late 2021. Picture taken September 4, 2020. REUTERS/Dado Ruvic - Stock Image

Tesla annule le Cybertruck en Australie et en Nouvelle-Zélande

Tesla a officiellement mis fin aux plans de production du Cybertruck pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, près de sept ans après l'ouverture des réservations. Dans un courriel adressé aux détenteurs de réservations, le constructeur a indiqué que « les plans de production du Cybertruck pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande ont été abandonnés ». Les réservations seront annulées et les acomptes remboursés. Pour atténuer la déception, Tesla offre un an de logiciel Full Self-Driving (Supervised) aux clients qui achètent une Model 3 ou une Model Y avant la fin de l'année. Une compensation qui ressemble davantage à une promotion qu'à des excuses, ironise le YouTuber The Electric Viking, lui-même concerné.

Cette décision était pressentie depuis plusieurs mois. Le Cybertruck n'a jamais été produit qu'en version à conduite à gauche dans l'usine du Texas, et le développement d'une version à conduite à droite pour l'Australie aurait représenté un chantier d'ingénierie considérable. La carrosserie en acier inoxydable aux angles saillants soulevait en outre des questions de conformité aux règles australiennes de sécurité, notamment en matière de protection des piétons. Tesla Australia avait même importé un exemplaire à conduite à gauche pour une tournée promotionnelle en 2025, sans que cela n'aboutisse à un lancement local.

Un revers en Europe : le Cybertruck toujours interdit sur les routes allemandes

Quelques jours plus tôt, c'est en Allemagne que le pick-up a fait parler de lui. Un conducteur suédois a été intercepté par la police bavaroise près de Vaterstetten, au volant d'un Cybertruck immatriculé en Pologne. Le véhicule a été immobilisé : le conducteur ne disposait que d'un permis de catégorie B, alors que le poids total autorisé en charge du Cybertruck dépasse 3,5 tonnes, nécessitant un permis C1. Surtout, le Cybertruck ne bénéficie d'aucune homologation en Allemagne. Ses lignes anguleuses et son absence de dispositif de protection des piétons le rendent incompatible avec les exigences européennes. Même les demandes de dérogation individuelle ont été refusées, le véhicule « s'écartant significativement » des normes.

Ce n'est pas un cas isolé : le Cybertruck reste largement illégal sur les routes européennes. Seuls quelques pays, comme la Pologne, permettent une immatriculation sous conditions strictes, avec une limitation de vitesse à 90 km/h et un permis poids lourd. Un rappel que le pick-up n'a jamais été conçu comme un véhicule mondial.

Des ventes décevantes et un avenir compromis

Ces déboires commerciaux s'ajoutent à des chiffres de ventes déjà moroses. Selon Cox Automotive, Tesla n'a écoulé que 4 323 Cybertrucks aux États-Unis au troisième trimestre 2026. Un volume dérisoire au regard du million de réservations engrangées après la présentation de 2019. Le Cybertruck reste certes le pick-up électrique le plus vendu outre-Atlantique, devant le Rivian R1T, mais il est très loin des 100 000 Model Y vendues sur la même période. Tesla avait initialement prévu une production annuelle de 250 000 exemplaires.

La demande pour les véhicules électriques est également en berne aux États-Unis depuis la fin du crédit d'impôt fédéral de 7 500 dollars en septembre 2025. Mais le constructeur semble surtout réorienter ses priorités : il met l'accent sur le Cybercab, son robotaxi, et sur Optimus, son robot humanoïde, quitte à libérer des lignes de production en arrêtant les Model S et Model X. Le Cybertruck, encombrant et difficile à homologuer, paraît de plus en plus marginal dans cette stratégie.

Un symbole des limites du pari Cybertruck

L'échec annoncé du Cybertruck en Australie et ses déboires européens illustrent les limites d'un véhicule pensé pour un marché unique. Sa conception radicale, avec son système de direction steer-by-wire à reconfigurer et à homologuer dans chaque juridiction, rend toute expansion internationale coûteuse et incertaine. Les observateurs s'interrogeaient déjà, dès la présentation de 2019, sur la compatibilité de son design avec les normes de sécurité. Près de sept ans plus tard, la réponse est claire : le Cybertruck restera un véhicule de niche, symbole d'une ambition technologique autant que d'un pari commercial inabouti. Pour Tesla, l'avenir semble désormais se jouer ailleurs, loin du pick-up qui devait révolutionner le marché.

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