Sophie Cunningham veut « remettre le basket au centre » après la polémique trans

Sophie Cunningham (à gauche) et Cheryl Reeve portant un T-shirt « les enfants trans ont leur place » le 2 août. (A. Parr/AP)

Sophie Cunningham veut « remettre le basket au centre » après la polémique trans

La joueuse de la WNBA Sophie Cunningham a rompu le silence ce mercredi 5 août, appelant à recentrer les débats sur le basket après des semaines de controverse autour de ses commentaires sur la place des athlètes transgenres dans le sport féminin. Dans une interview accordée à WISH-TV, l'arrière de l'Indiana Fever a qualifié l'attention médiatique de « distraction » et a insisté pour que « l'essentiel reste l'essentiel ».

« Je veux revenir au basket et m'assurer que l'attention reste là où elle doit être », a déclaré Cunningham, 29 ans. Cette sortie intervient alors que la joueuse fait face à des critiques virulentes depuis plusieurs mois, certains médias et fans lui reprochant des positions jugées hostiles envers les personnes transgenres.

La polémique s'est intensifiée fin juillet lorsque la pivot du Seattle Storm, Stefanie Dolson, est apparue lors d'un match contre le Fever avec un t-shirt « trans rights are human rights », geste largement interprété comme une réponse directe aux positions de Cunningham.

Un débat qui dépasse le cadre sportif

L'affaire Cunningham s'inscrit dans un débat plus large qui agite le monde du sport féminin, où la question de l'inclusion des athlètes transgenres divise profondément joueuses, fédérations et supporters. En mars dernier, la basketteuse avait déjà suscité une vive polémique en déclarant à ESPN : « Je n'ai jamais dit que je haïssais les trans. Je suis là pour étendre l'amour, mais aussi pour protéger les jeunes filles dans les vestiaires ou dans le sport, qui ne devraient pas avoir à affronter des hommes biologiques. »

Ces propos, réaffirmés en juillet, ont valu à Cunningham le surnom de « MAGA Barbie », en raison de ses affinités présumées avec des personnalités républicaines sur les réseaux sociaux. Un surnom qu'elle rejette fermement, affirmant qu'il repose sur des suppositions concernant son passé dans le Missouri plutôt que sur ses opinions réelles. « Je ne déteste personne », a-t-elle martelé, tout en réaffirmant son engagement à « protéger les femmes biologiques ».

Le débat dépasse désormais le cadre de la WNBA. En France, la question de l'éligibilité d'une joueuse transgenre dominante, Julie Tetart, a récemment fait réagir jusqu'aux candidats à l'expansion de la WNBA. Le journaliste Clay Travis a même évoqué la création d'une équipe « inclusive » pour l'accueillir, tandis que la ligue reste silencieuse sur son éventuelle participation. Cette situation illustre les tensions croissantes entre les défenseurs des droits des personnes transgenres et ceux qui prônent une protection stricte des catégories sportives féminines.

Le sport face à un tournant médiatique

Sophie Cunningham a profité de son passage médiatique pour critiquer la couverture de la WNBA, qu'elle juge trop axée sur les polémiques extra-sportives. « Tout ce que fait la presse spécialisée, c'est couvrir tout sauf le basket, a-t-elle déploré. Il y a tellement de choses à raconter, des belles histoires qui montrent qui sont les joueuses en dehors du terrain, mais il faut garder le cap. »

Cette prise de position divise. Certains observateurs estiment que Cunningham utilise l'argument du « retour au sport » pour éluder des questions de fond sur ses positions politiques, tandis que d'autres saluent sa volonté de protéger l'essence du jeu. La réaction de Stefanie Dolson et les prises de parole d'autres joueuses montrent que le sujet reste brûlant au sein même de la ligue.

Alors que la saison WNBA bat son plein, cette controverse pourrait avoir des répercussions au-delà des terrains. Elle alimente un débat sociétal plus large sur la place des athlètes transgenres, la liberté d'expression des sportives et le rôle des médias dans la construction des réputations. Pour Cunningham, l'heure est désormais à l'apaisement : « Je veux que l'on reparle de basket, de nos performances, de notre saison. C'est ce que les fans méritent. »

Dans un contexte où les streamers et les grandes ligues tentent de redéfinir leurs relations avec le public, la gestion de cette polémique par la WNBA sera scrutée de près. Elle illustre les défis auxquels le sport professionnel est confronté à l'ère des réseaux sociaux, où chaque déclaration peut devenir un fait divers planétaire. En attendant, Sophie Cunningham espère que ses coéquipières et adversaires sauront « garder le main thing the main thing » : le basket.

L'Indiana Fever, actuellement en course pour les playoffs, devra composer avec cette pression médiatique. La franchise, qui a déjà dû gérer l'attention autour de ses jeunes talents, voit son arrière star au cœur d'un ouragan qui ne semble pas près de s'apaiser. Les prochaines semaines diront si la sportive parviendra à tourner la page et à se concentrer sur l'essentiel : gagner des matchs.

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