Sebastian Stan alerte sur l'état des États-Unis à Cannes

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Sebastian Stan brise le silence politique sur la Croisette

L'acteur Sebastian Stan, figure montante d'Hollywood, a profité de la conférence de presse de son nouveau film "Fjord" au Festival de Cannes pour livrer un constat alarmant sur l'état des États-Unis. Interrogé sur son rôle dans le biopic controversé The Apprentice, sorti en 2024, il a balayé les rires nerveux de la salle d'un ton grave : "Ce n'est pas une plaisanterie. Nous sommes dans une très, très mauvaise passe."

Pour Stan, le parallèle entre les obstacles rencontrés lors de la sortie de The Apprentice — menaces de poursuites judiciaires, accusations de diffamation — et la situation actuelle outre-Atlantique est frappant. "Consolidation des médias, censure, procès interminables qui n'aboutissent jamais… Les signes étaient là." Une déclaration choc qui intervient alors que le 45e président des États-Unis, Donald Trump, est de retour au pouvoir.

"Fjord" : un triomphe cannois et une ovation de 10 minutes

Mais Sebastian Stan n'était pas seulement à Cannes pour faire de la politique. Son nouveau film, "Fjord", réalisé par le Roumain Cristian Mungiu (Palme d'or 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours), a littéralement enflammé le Grand Palais lundi soir. Une standing ovation de dix minutes a salué ce drame familial déchirant, une durée rare qui témoigne de l'émotion suscitée par l'œuvre.

Stan y incarne le père d'une famille roumaine aux croyances religieuses strictes qui émigre dans un village norvégien. Le choc des normes sociales dégénère en cauchemar lorsque leurs cinq enfants — adolescents, préadolescents et un nourrisson — leur sont retirés par les services sociaux, soupçonnés de maltraitance. "Le public haletait, hoquetait d'incrédulité" , rapportent nos confrères de Variety, soulignant la puissance d'un récit qui interroge les limites de l'ingérence étatique.

Cristian Mungiu, qui a prononcé un discours ému en français et en anglais, a confié que Cannes restait pour lui le juge ultime : "Je remercie tous ceux qui m'ont fait confiance, ce festival décidera si mon film traverse le temps." Le distributeur Neon, qui a racheté Fjord un an avant sa première, mise gros sur ce long-métrage.

Une star comblée : futur papa et homme repensé

En parallèle de ce triomphe professionnel, l'acteur de 43 ans vit un bonheur intime. Accompagné de sa compagne Annabelle Wallis (actrice vue dans Peaky Blinders), il a foulé le tapis rouge ce week-end pour la première fois depuis l'annonce de leur future parentalité, dévoilée en mars dernier. Arborant un costume à fines rayures, Stan rayonnait aux côtés de sa compagne, vêtue d'une robe scintillante mettant en valeur son ventre arrondi.

"Je veux être un bon père" , avait confié l'acteur à Deadline quelques jours plus tôt. "Je ressens le poids de la responsabilité d'être un bon père, et même un bon homme. À 43 ans, j'ai l'impression de commencer à apprendre." Un propos qui résonne étrangement avec son rôle dans Fjord où, selon les mots du réalisateur, "un homme est contraint de réfléchir à sa propre valeur en tant que père" .

L'intersection de l'art et de la politique

Au-delà de la performance, ce Cannes 2026 marque un tournant dans la carrière de Sebastian Stan. Alors que The Apprentice avait tenté de questionner les mécanismes du pouvoir trumpien avant l'élection de 2024, son échec relatif au box-office et les polémiques qui l'ont entouré préfiguraient, selon l'acteur, les dérives actuelles. "On a vécu tout ça, bien avant Jimmy Kimmel ou Stephen Colbert" , a-t-il glissé, évoquant les pressions subies par les médias critiques.

Cette prise de parole intervient dans le contexte d'un paysage politique américain de plus en plus polarisé. L'acteur rejoint ainsi d'autres figures publiques qui ont choisi Cannes — théâtre international de la liberté d'expression — pour alerter. La Croisette devient un forum politique autant qu'artistique, comme l'ont montré ces dernières années les prises de position de nombreux réalisateurs et acteurs.

Perspectives : un acteur en pleine mutation

Ce moment cannois pourrait bien marquer un avant et un après pour Sebastian Stan. Connu du grand public pour son rôle de Bucky Barnes dans l'univers Marvel, il explore désormais des eaux plus profondes : drame social avec Fjord, biopic politique, et bientôt les responsabilités de la paternité.

L'accueil triomphal de Fjord le place en sérieux prétendant pour la Palme d'or. Dans une édition où le jury présidé par Stellan Skarsgård — présent à la première — semble éclectique, ce film à la fois intime et universel pourrait bien tirer son épingle du jeu.

En attendant, Stan reste conscient des paradoxes de sa situation. "Je lis autant que possible, de tous les points de vue, juste pour comprendre" , confiait-il récemment. Une philosophie qui colle parfaitement à l'esprit d'un festival où le cinéma se veut miroir du monde, dans toute sa complexité.

À lire aussi : L'actualité cannoise ne s'arrête pas là. Alors que le monde politique hexagonal est secoué par la polémique autour de François Ruffin et sa bande dessinée Picardie Splendor accusée de racisme, le candidat se défend vigoureusement. Une affaire qui rappelle que l'art et la politique ne cessent de s'entremêler, sur la Croisette comme ailleurs.

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