Sean Cuenin de retour aux qualifications de Roland-Garros, deux ans après avoir tout arrêté
Ce mardi 19 mai 2026, Sean Cuenin (381e mondial) affronte le Bolivien Hugo Dellien au premier tour des qualifications de Roland-Garros. Un simple match, certes, mais qui représente déjà une victoire pour le jeune Toulonnais de 22 ans. Il y a deux ans, il ne touchait plus une raquette. Aujourd'hui, il est de retour Porte d'Auteuil, porté par une renaissance sportive et personnelle.
L'ancien espoir du tennis français, demi-finaliste junior à Roland-Garros en 2021 aux côtés de ceux qui sont devenus des stars du circuit (Fils, Van Assche, Mpetshi Perricard), avait vu sa carrière dérailler en 2023. Après avoir quitté le Centre National d'Entraînement (CNE) en avril 2023, il s'est retrouvé sans structure, s'est blessé au genou, puis a complètement lâché le tennis pendant près d'un an. Dans un entretien accordé à Ski Nordique, il confie : « Mentalement, j'étais mort et financièrement dans la galère. J'aurais préféré être un joueur lambda, en sachant que même si je donnais le meilleur de moi-même, je n'avais aucune chance d'atteindre un jour le top 100. Mais je savais que le potentiel était là. »
Une reconstruction sur les courts et dans la tête
Renaissance à Toulon
Depuis un an et demi, Cuenin s'entraîne avec Bastien Lobbrecht à Toulon. La collaboration a changé sa donne. En 2025, il a remporté trois titres ITF, et a rapidement enchaîné en 2026 avec deux autres titres et une demi-finale. Une progression constante qui lui permet d'aborder les Challengers, un palier supérieur, avec plus de sérénité.
C'est aussi une nouvelle philosophie qui l'anime. « À une époque, le tennis me rendait malheureux sur et en dehors des courts. Aujourd'hui, même s'il y a toujours le stress lié à la compétition, j'essaie de prendre du plaisir, de me prendre la tête le moins possible. » Ce changement mental est sans doute le plus grand atout du joueur varois.
La dure réalité financière du tennis
Pour financer son retour, Sean Cuenin a dû voyager seul la plupart du temps. « Je partais souvent seul pour limiter mes dépenses. Or ce n'est pas évident de s'entraîner seul ou d'être seul sur le court. Quand on a quelqu'un au bord du terrain, ça change tout », explique-t-il. Sa participation aux qualifications de Roland-Garros n'est pas qu'un rêve sportif : elle peut financer une partie de sa saison.
Contrairement au contexte de certains faits divers récents qui interrogent sur la sécurité et la résilience humaine, comme le drame du longe-côte au Conquet, l'histoire de Cuenin est celle d'une reconstruction individuelle, loin des projecteurs.
Un symbole d'une génération sacrifiée ?
Le parcours de Sean Cuenin met en lumière la fragilité du système de formation français. Ses contemporains, comme Arthur Fils ou Luca Van Assche, ont percé très tôt dans le top 100 mondial. Lui a failli disparaître des radars. Pourtant, il assure ne ressentir aucune jalousie : « Je sais que de base, je ne suis pas moins fort que les autres Français de ma génération. Je le dis sans aucune jalousie, chacun fait son parcours. »
À 22 ans, il a encore le temps d'inverser la courbe. Sa participation à ces qualifications est déjà une victoire sur l'adversité. Reste à savoir jusqu'où le mènera sa deuxième chance.
Alors que le monde du tennis suit avec attention les performances des jeunes Français en ce mois de mai, le parcours de Sean Cuenin rappelle que le chemin vers les sommets n'est jamais linéaire. Et que la résilience peut parfois valoir tous les talents du monde.
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