Ronaldo au Brésil : le Fenômeno reprend la parole à la veille des 16es de finale
À quelques heures du match décisif entre le Brésil et le Japon en 16es de finale de la Coupe du monde 2026, l’ancien attaquant Ronaldo a multiplié les interventions dans les médias français. Dans un entretien accordé à L’Équipe et relayé ce lundi 29 juin par plusieurs sites sportifs, le double Ballon d’Or (1997, 2002) s’est exprimé sur l’héritage des numéros 9 brésiliens, la pression qui pèse sur la Seleção depuis 24 ans et les chances de son pays de décrocher une sixième étoile.
« On parle du sport le plus populaire au monde. Il y a de grands joueurs et de grandes équipes partout sur la planète », constate Ronaldo. « Au fil de ces années, le Brésil a perdu son statut de favori incontesté, mais il reste considéré comme l’une des grandes puissances du jeu. » Le champion du monde 2002 estime que le management de Carlo Ancelotti constitue « le principal facteur qui fait la différence aujourd’hui ». Une déclaration qui résonne à quelques heures d’une rencontre cruciale pour la Seleção.
Ancelotti, la clé du retour au sommet selon Ronaldo
« Est-ce que je crois qu’Ancelotti peut faire gagner le Brésil ? Oui, j’y crois », affirme Ronaldo dans un entretien à Maxifoot. « Nous avons des joueurs confirmés au niveau international, habitués des grands rendez-vous, nous avons des talents émergents… Et Ancelotti sait exactement comment gérer les joueurs de très haut niveau, comment motiver un groupe et créer un environnement favorable et détendu pour l’équipe. Le Brésil en a plus que jamais besoin en ce moment, parce que la pression liée à cette disette ne cesse de grandir. Mais on a bien commencé le Mondial. »
Le technicien italien, arrivé à la tête de la Seleção en 2024, est perçu comme l’homme providentiel capable de recréer la cohésion d’un groupe où évoluent Vinícius Júnior, Rodrygo, Raphinha ou encore un certain Neymar, de retour après une longue absence.
Le débat sur les 1 000 buts : Romário défie CR7
Pendant que Ronaldo s’exprime sur l’avenir du Brésil, un autre ancien attaquant brésilien fait parler de lui. Romário, champion du monde 1994, a relancé le débat sur le meilleur buteur de l’histoire du football. Au micro de RMC, le Baixinho a rappelé son total personnel : « J’ai marqué 1 002 buts en carrière. » Officiellement, Cristiano Ronaldo est le recordman avec 975 buts en matchs reconnus. Mais la comptabilité de Romário inclut des buts en amicaux, en rencontres de gala et en catégories de jeunes. Un débat qui divise toujours les supporters entre statistiques officielles et tradition brésilienne du « but qui compte peu importe le cadre ».
La pression d’une disette de 24 ans et le pari Neymar
Le Brésil n’a plus remporté la Coupe du monde depuis le sacre de 2002, où Ronaldo avait inscrit un doublé en finale face à l’Allemagne. Depuis, la Seleção a enchaîné les désillusions : 2006, 2010, 2014, 2018, 2022. « La pression liée à cette disette ne cesse de grandir », confirme Ronaldo. Mais le Fenômeno voit une lueur d’espoir dans le retour de Neymar, de nouveau opérationnel après plusieurs blessures.
« Il a une chance de faire taire tous ceux qui n’ont pas cru en lui. J’ai moi aussi connu mon propre retour en 2002, alors je suis à fond derrière Neymar », déclare Ronaldo. La comparaison est osée : en 2002, Ronaldo revenait de deux graves blessures au genou et avait inscrit huit buts dans le tournoi, dont le fameux doublé final. Neymar, lui, reste sur une période plus contrastée, marquée par des pépins physiques récurrents et un transfert mouvementé à Al-Hilal. Mais pour Ronaldo, le talent du numéro 10 brésilien transcende les statistiques.
La tradition perdue du numéro 9 brésilien
Dans le même entretien, Ronaldo s’inquiète de la disparition des grands attaquants de pointe au Brésil. « On doit recommencer à former des attaquants efficaces », prévient-il. L’ancien buteur du Real Madrid et du Barça déplore que la Seleção n’ait plus produit de véritable numéro 9 depuis son départ et celui d’Adriano. Une tradition qui semble s’être éteinte au profit de profils plus hybrides ou de joueurs offensifs évoluant sur les ailes. Ronaldo plaide pour un retour à une formation plus spécifique des buteurs, capable de répondre aux exigences du football moderne tout en conservant l’âme du jeu brésilien.
Une perspective mondiale pour le football brésilien
Au-delà du match de ce lundi, les déclarations de Ronaldo s’inscrivent dans une réflexion plus large sur l’avenir du football brésilien. Le Brésil, qui a longtemps été le pays du « jogo bonito » et des attaquants de génie, doit désormais composer avec une concurrence mondiale de plus en plus féroce. Les sélections européennes (France, Argentine, Allemagne) ont développé des systèmes de formation très performants, tandis que des nations comme le Maroc ou le Japon ont démontré une grande capacité d’organisation tactique. Le Japon, justement, est l’adversaire du Brésil en 16es de finale. Un adversaire que Ronaldo respecte, mais contre lequel il voit son pays l’emporter.
Dans un contexte plus large, la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, pourrait marquer un tournant. La compétition a été élargie à 48 équipes, offrant des opportunités inédites à des sélections moins habituées des grandes scènes. Mais pour le Brésil, l’objectif reste le même : décrocher une sixième étoile et mettre fin à 24 ans d’attente. Ronaldo, lui, y croit dur comme fer. Et si l’histoire du football nous a appris une chose, c’est qu’il ne faut jamais enterrer trop tôt les légendes.
Un soutien à Carlo Ancelotti et à Neymar
Alors que la Seleção s’apprête à affronter le Japon, les mots de Ronaldo ont valeur d’encouragement pour un groupe qui doit gérer la pression d’un peuple entier. « Le Brésil en a plus que jamais besoin en ce moment », répète le Fenômeno. Reste à savoir si les hommes d’Ancelotti sauront transformer cette confiance en victoire. La réponse sera donnée sur le terrain, dès ce lundi 29 juin.
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