Roland-Garros 2026 : Cameron Norrie incertain avec une côte douloureuse

Aryna Sabalenka / Premier jour d'entraînement - Roland-Garros 2026

Cameron Norrie au pied du mur à Roland-Garros, gêné par une côte

À la veille de son entrée en lice à Roland-Garros 2026, le Britannique Cameron Norrie (24e mondial, tête de série n°20) inquiète. Blessé à une côte depuis son match perdu à Genève face à Mariano Navone (6-4, 6-4) le 20 mai, il n’a toujours pas pu taper une seule balle à Paris. "Je n'ai pas encore pu frapper depuis que je suis arrivé ici", a-t-il confié à la presse dimanche. Norrie, qui avait atteint les huitièmes de finale l’an passé, doit affronter mardi le Paraguayen Adolfo Daniel Vallejo (71e) sur le court n°13. Un premier tour qui s’annonce sous haute tension, d’autant que le Britannique a admis : "J'aurais peut-être dû abandonner à Genève. Je n'avais jamais abandonné en match, je ne savais pas quoi faire."

Le leader britannique face à une cascade de forfaits

Cette alerte physique intervient dans un contexte déjà délicat pour le tennis britannique à Paris. Jack Draper, numéro un britannique depuis 2024, a été contraint de déclarer forfait pour cause de blessure au genou. Une tuile de plus pour un joueur qui revenait tout juste de six mois d’arrêt pour une contusion osseuse au bras de service. Côté féminin, Sonay Kartal (absente sur terre battue pour une blessure au dos) et Emma Raducanu (retard dans le début de saison) ne sont pas non plus au meilleur de leur forme. Au total, six Britanniques sont engagés dans les tableaux simples, mais rares sont ceux qui arrivent en pleine possession de leurs moyens. Norrie, qualifié de "Mr Dependable" par la presse anglaise pour sa constance (15 troisièmes tours ou plus lors des 20 derniers Majeurs), se retrouve donc le dernier rempart crédible. Un rôle qu’il assume, mais avec une côte douloureuse.

Des difficultés récurrentes qui interrogent

Ce nouvel épisode de blessures chez les joueurs britanniques n’est pas un cas isolé. Plus tôt en mai, la BBC s’interrogeait déjà : "Pourquoi tant de joueurs britanniques sont-ils blessés ?" Au-delà de Norrie et Draper, Jacob Fearnley n’a disputé que deux tournois ces deux derniers mois en raison d’une blessure similaire (côte), et Francesca Jones a subi un traumatisme crânien en salle de sport. Norrie, pourtant réputé robuste malgré un jeu très physique, semble avoir payé un excès de motivation : "J'ai forcé à l'entraînement, je n'ai pas écouté mon corps ni mon esprit", a-t-il reconnu. Une accumulation de forfaits qui pousse à s’interroger sur la gestion de la charge de travail et la profondeur du réservoir britannique.

Un duel à distance avec Vallejo, et au-delà

Sur le papier, le match Norrie – Vallejo promet d'être serré. Le Paraguayen, en pleine forme sur terre battue cette saison (victoire contre Grigor Dimitrov, finale à Valence), convertit 48,1 % de ses balles de break, un chiffre qui mettra la pression sur le service de Norrie. Le Britannique, lui, s’appuie sur un excellent pourcentage de points gagnés sur son engagement (81,8 %) et une expérience des matches à rallonge. Les deux joueurs ne se sont jamais rencontrés, ce qui ajoute une part d’incertitude. Mais la principale inconnue reste la douleur de Norrie : s’il n’est pas capable de servir à pleine puissance ou de défendre avec ses déplacements caractéristiques, son parcours pourrait s’arrêter dès le premier tour. Le Britannique reste mesuré : "Nous verrons comment je peux me préparer d'ici mardi. Si ce n'est pas le cas, ce n'est pas la fin du monde."

Implications pour la suite du tournoi

Si Norrie écarte Vallejo, un deuxième tour potentiel contre le Serbe Laslo Djere ou un qualifié l’attendrait. Mais au-delà de la performance individuelle, ce match est un test pour le tennis britannique masculin, qui a vu plusieurs de ses représentants sortir prématurément des grands Chelems ces derniers mois. Un échec précoce de Norrie ne ferait que renforcer les questions sur la préparation physique des joueurs. À l'inverse, une victoire en souffrant serait un signal fort de sa résilience légendaire. En parallèle, les amateurs de tennis français suivront avec intérêt les premiers tours de Corentin Moutet face à Kopriva et de Thomas Faurel, tombeur de Vacherot. Deux jeunes Français qui pourraient profiter d’un tableau ouvert.

L’avis de ses pairs : un soutien de poids

Le Britannique peut compter sur le soutien de ses compatriotes. Cam Norrie s’est récemment exprimé au sujet de la nouvelle collaboration entre Jack Draper et Andy Murray pour la saison sur gazon : "Je ne suis pas surpris. Je suis ravi de voir Andy de retour sur le circuit, il va apporter tellement d’expérience." Murray, qui a déjà entraîné Novak Djokovic, rejoint l’équipe de Draper en remplacement de Jamie Delgado. Norrie, s’il apprécie les conseils de l’Écossais, assure être "très heureux avec [ses] deux entraîneurs". Mais la blessure de Norrie rappelle que, sur le circuit, l’enchaînement des tournois et des surfaces ne laisse aucun répit. Comme le résume le joueur en parlant de son propre staff : "J'adore passer du temps avec Andy en général. Je lui pose toujours des questions, il est tellement drôle." Ce sera, pour l’heure, un autre genre de combat qui l’attend sur la terre battue parisienne.

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