Le gazole repasse sous la barre des 2 euros, une première depuis mars
C'est une bouffée d'air pour les automobilistes français. Selon les derniers chiffres de la direction générale de l'Énergie et du Climat (DGEC), publiés ce lundi 15 juin, le prix moyen du litre de gazole est redescendu à 1,995 euro, retrouvant son niveau d'avant le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient fin février. Il était monté jusqu'à 2,239 euro en avril au plus fort de la crise. Cette baisse, encore modeste (près de 2 centimes par rapport à la semaine précédente), est directement liée à l'annonce d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran, qui prévoit la réouverture du détroit d'Ormuz.
L'onde de choc de l'accord américano-iranien
Ce passage stratégique, par lequel transitaient près de 20 millions de barils de pétrole par jour avant le conflit, était quasi paralysé depuis le début des hostilités fin février. Dimanche soir, Donald Trump a annoncé un accord qui, s'il est signé vendredi à Genève, pourrait mettre fin au blocus. Les marchés ont immédiatement réagi : le Brent de la mer du Nord et le WTI américain ont plongé de près de 5 %, revenant aux alentours de 80 dollars le baril, contre 120 dollars en avril.
"Si cet accord est mis en place, que le détroit d'Ormuz rouvre dans les plus brefs délais, alors on observera une baisse du cours du Brent", a expliqué la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, sur RTL. Elle a insisté sur la nécessité que "les prix à la pompe reflètent les baisses des cours" et qu'elles soient "aussi rapides que les hausses l'ont été".
Un conflit qui a mis à l'épreuve le pouvoir d'achat des Français
Depuis le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, les prix des carburants ont flambé. Le gazole, carburant le plus consommé en France, a franchi la barre des 2 euros dès mars, avant d'atteindre un pic à 2,239 euro en avril. Le SP98, le SP95 et le SP95-E10 ont également connu des hausses significatives, même si la baisse actuelle les touche aussi.
Face à cette crise, le gouvernement avait mis en place des mécanismes de soutien, tandis que TotalEnergies avait plafonné ses prix. Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a révélé mercredi 17 juin devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale que cette mesure avait coûté environ 200 millions d'euros à l'entreprise depuis le début du conflit. "Le plafond est inférieur au prix de revient", a-t-il précisé, justifiant ce coût par le modèle intégré du groupe.
Des stations municipales en première ligne
Dans les zones rurales, les stations-service municipales ont joué un rôle d'amortisseur social. Refusant d'augmenter leurs tarifs malgré la hausse des coûts d'approvisionnement, elles ont vu leurs marges fondre mais continuent de servir les habitants. "S'il faut faire 20 km pour aller mettre de l'essence, ça revient au même", témoigne un automobiliste, soulignant l'attachement des ruraux à ces pompes de proximité.
Vers une détente durable ? Les défis qui restent
Si l'accord de paix semble en bonne voie, des incertitudes demeurent. Le détroit d'Ormuz doit encore être déminé, et la signature officielle n'aura lieu que vendredi. "Navires du monde entier, mettez les moteurs en marche. Que le pétrole coule à flots !", a lancé Donald Trump, mais la prudence est de mise.
Le gouvernement reste vigilant. "Il faut que les baisses à la pompe soient aussi rapides que les hausses", a insisté Maud Bregeon, tandis que le ministre de l'Économie, Sébastien Lecornu, a promis de suivre l'évolution des prix de près. D'autant que si l'accord se concrétise, la baisse du Brent pourrait se poursuivre, offrant un répit bienvenu aux ménages français.
Dans ce contexte, l'épisode de la guerre en Iran aura montré la fragilité des approvisionnements mondiaux et l'impact direct des tensions géopolitiques sur le quotidien des Français. La réouverture d'Ormuz, si elle se confirme, marquera un tournant, mais les hausses passées rappellent que la transition énergétique reste plus que jamais un enjeu de souveraineté.
En attendant, les automobilistes peuvent déjà profiter d'une accalmie, même si le gouvernement appelle à rester prudent. L'avenir dira si cette baisse est durable ou si les cours du pétrole repartiront à la hausse après la signature de l'accord.
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