Présidentielle 2027 : Tondelier prête à « désobéir » face au RN et tend la main à la gauche

Présidentielle 2027 : qui sont les candidats potentiels ou déclarés ?

Tondelier maintient le cap : union de la gauche et écologie au cœur de sa campagne

À l'occasion des universités d'été des Écologistes, qui se tiennent à Saint-Martin-d'Hères près de Grenoble, Marine Tondelier a réaffirmé sa détermination à porter la candidature écologiste à l'élection présidentielle de 2027. Interrogée sur LCI ce samedi 22 août, la secrétaire nationale du parti a déclaré : « Je ne suis pas là pour dire que j'aimerais beaucoup faire la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ou que j'aimerais beaucoup faire la campagne de Raphaël Glucksmann. Moi, je veux faire une campagne écologiste. » Elle a également souligné que « dans la Ve République, il y a toujours eu un candidat écologiste », justifiant ainsi la nécessité de présenter une candidature autonome.

Au-delà de la défense de son propre camp, Marine Tondelier a martelé son objectif principal : l'union de la gauche. « Les Écologistes, depuis le début, portent deux sujets. L'écologie et l'union, qui sont en réalité indissociables. Or on sait bien que s'il n'y a pas d'union de notre camp politique, il n'y aura pas d'écologie », a-t-elle insisté. Une position qui intervient dans un contexte de profondes divisions à gauche, où chaque formation semble vouloir jouer sa propre partition.

La « désobéissance » face au RN : une déclaration qui fait débat

Lors de la même interview, Marine Tondelier a provoqué une vive réaction en évoquant l'hypothèse d'une victoire du Rassemblement national à la présidentielle de 2027. Interrogée par le journaliste Darius Rochebin sur la possibilité de « désobéissances » dans un tel scénario, elle a répondu : « Oui, mais je sais qu'il y en aura très peu ». Elle a dénoncé une « forme de lâcheté » et le « silence des pantoufles » face à la dynamique du RN dans les sondages, tout en affirmant : « Je sais que je sais le faire, et je sais qui sait le faire ».

Ces propos ont immédiatement suscité des critiques, notamment de la part de l'extrême droite, qui y voit un appel à la rébellion. Marine Tondelier s'est toutefois défendue de tout appel à l'insurrection, précisant qu'elle ne réclamait pas l'interdiction du parti de Marine Le Pen. « On n'en est pas là », a-t-elle simplement répondu. Elle a également évoqué l'idée d'un « cordon sanitaire médiatique » contre le RN, à l'instar de ce qui se pratique en Belgique avec la RTBF, tout en reconnaissant qu'une telle mesure serait difficilement transposable en France aujourd'hui.

Un appel à l'humilité face aux divisions de la gauche

Marine Tondelier a également répondu aux attaques de Jean-Luc Mélenchon, qui avait estimé que les socialistes et les écologistes n'avaient « ni stratégie, ni candidat ». Sans hausser le ton, elle a lancé : « Je pense que pour la santé mentale de chacun, c'est important de rester de bonne humeur. Mais je le dis, j'appelle chacun à l'humilité. Aujourd'hui, personne à gauche n'est assuré d'être au deuxième tour si on reste dans cet état-là, et de le gagner encore moins. »

Une pique directe adressée au leader de La France insoumise, alors que ce dernier assure que « toute aide sera la bienvenue » de la part des écologistes. Mais Marine Tondelier refuse pour l'heure de se ranger derrière une autre candidature que la sienne, que ce soit celle de Raphaël Glucksmann, officialisée le 23 août, ou celle de Jean-Luc Mélenchon.

La question brûlante de l'union : Glucksmann ou Mélenchon ?

Au sein des Écologistes, le débat stratégique fait rage. Plusieurs figures, dont Yannick Jadot, poussent à un soutien à Raphaël Glucksmann, dont la candidature incarne une gauche sociale-démocrate et pro-européenne. D'autres, plus proches de La France insoumise, plaident pour un rapprochement avec le leader de la gauche radicale. Marine Tondelier, pour l'instant, semble vouloir préserver l'autonomie de son parti, tout en appelant chaque candidat à « dépasser les logiques d'appareil ».

Les Écologistes et l'union : jusqu'où aller ?

La position de Marine Tondelier reflète une tension interne persistante au sein du mouvement écologiste, entre la volonté de préserver une identité politique propre et la nécessité de s'allier pour faire poids face à la droite et à l'extrême droite. Cette tension s'était déjà exprimée lors de la campagne présidentielle de 2022, où l'accord avec La France insoumise avait été vécu comme une soumission par une partie des écologistes. En 2026, l'enjeu est d'autant plus crucial que les sondages donnent le RN au second tour dans presque toutes les configurations.

Pour certains observateurs, la stratégie de Marine Tondelier consiste à rester en position de force, sans s'engager trop tôt en faveur d'un candidat, afin de peser dans les négociations futures. C'est ce que semble confirmer sa volonté affichée de « trouver un chemin de victoire » pour la gauche, sans renoncer à ses propres ambitions.

Quelles implications pour la présidentielle de 2027 ?

Au-delà des déclarations, c'est toute la dynamique politique qui est scrutée. Alors que les élections approchent, la gauche apparaît plus fragmentée que jamais, et l'appel de Marine Tondelier à l'union semble peu entendu. La candidate des Écologistes incarne un double visage : un appel à la responsabilité face à la menace RN, et une position intransigeante sur la nécessité d'une candidature écologiste.

Tondelier, une femme enceinte en campagne : un autre défi

Dans cette course effrénée à la présidentielle, Marine Tondelier doit composer avec un autre événement de taille : sa grossesse. Une situation inédite dans la vie politique française, qui a été largement commentée, notamment dans la presse people. Pour certains, cette grossesse pourrait être un atout pour humaniser la candidate, pour d'autres, un facteur de fragilité. Quoi qu'il en soit, elle n'entame pas sa détermination à aller « jusqu'au bout » de la campagne, comme elle l'a répété à plusieurs reprises. Marine Tondelier enceinte : une campagne présidentielle sous le signe du « bébé miracle »

L'ombre du RN sur la campagne : le spectre d'un second tour sans la gauche

Les derniers sondages publiés, notamment celui réalisé début août après les déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur le second tour, placent systématiquement Marine Le Pen en tête au premier tour, devant Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Aucun candidat de gauche ne semble en mesure de se qualifier pour le second tour. Ce constat renforce l'urgence, pour les partis de gauche, de parvenir à un accord, mais les ego et les divergences idéologiques freinent toute avancée.

En proposant une « désobéissance » en cas de victoire du RN, Marine Tondelier ne fait pas que lancer un pavé dans la mare : elle tente de réveiller les consciences et de créer un électrochoc au sein de son camp. Reste à savoir si cet appel sera entendu ou s'il restera lettre morte. Une chose est sûre : la gauche, toutes tendances confondues, est plus que jamais sous pression pour présenter un front uni face à l'extrême droite.

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