Présidentielle 2027 : Jancovici lance une assemblée citoyenne pour peser sur la campagne

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Un projet citoyen inédit à huit mois de la présidentielle

Jean-Marc Jancovici, l’ingénieur et président du think tank The Shift Project, a lancé mercredi 26 août 2026 une initiative ambitieuse : « Un Commun Accord ». Cette assemblée citoyenne, composée de 150 personnes tirées au sort, doit se réunir à partir de septembre pour débattre des grands dilemmes auxquels la France est confrontée et formuler des solutions communes. L’objectif affiché : peser sur la campagne présidentielle de 2027 sans être candidat.

Dès son lancement, le projet a rencontré un écho considérable. Selon Le Parisien, la plateforme participative Ulule a dépassé les 148 000 contributions vendredi 28 août, alors que l’objectif initial était fixé à 10 000. Ce succès traduit une attente forte d’une partie de l’opinion pour une autre forme de débat politique. L’initiative est soutenue par des personnalités aussi variées que le comédien Thierry Lhermitte, le navigateur François Gabart, l’ancienne Miss France Laury Thilleman ou encore les vidéastes McFly et Carlito.

Des week-ends de travail pour répondre à des dilemmes concrets

Concrètement, l’assemblée se réunira lors de six week-ends de travail, de septembre 2026 à février 2027, au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) à Paris. Les deux premières sessions seront consacrées à l’audition de scientifiques et d’experts, afin d’apporter des éléments factuels aux participants. Les sessions suivantes seront dédiées à la réflexion et à la délibération sur une dizaine de dilemmes : gestion de ressources qui se raréfient, arbitrage entre emploi et pouvoir d’achat, choix entre alimentation bon marché et production locale, etc.

En parallèle, les organisateurs invitent tous les citoyens à suivre les travaux et à contribuer via la plateforme en ligne. L’objectif est de « donner de la voix aux citoyens » et de prouver qu’un consensus est possible sur des sujets souvent clivants, explique Jancovici dans Le Dauphiné Libéré : « L’exercice préféré des candidats consiste à pointer les désaccords avec leurs concurrents. On veut prouver qu’un consensus est possible sur un certain nombre de points malgré la sensibilité politique de chacun. »

Un pari inspiré de la Convention citoyenne pour le climat, mais avec une différence de taille

Ce projet rappelle évidemment la Convention citoyenne pour le climat (CCC), mise en place en 2019 à la demande d’Édouard Philippe. Mais Jean-Marc Jancovici tient à marquer la différence. Invité sur RTL, il a souligné que « Un Commun Accord » n’est pas une émanation de l’exécutif et ne promet pas de mettre en œuvre les propositions. « Nous, on n’est pas l’exécutif. On ne promet pas de mettre en œuvre les propositions », a-t-il insisté. L’enjeu est de « faire tous les efforts qu’on peut pour que ces propositions existent dans l’espace public », en exposant les dilemmes et en discutant de leur faisabilité.

Cette prudence est sans doute liée au bilan en demi-teinte de la CCC : sur les 149 propositions, seule une minorité a finalement été reprise par le gouvernement. Fort de ce constat, Jancovici ne veut pas créer d’attentes irréalistes. Il se défend également de vouloir créer un parti ou une plateforme électorale. « Ce n’est pas l’embryon d’une plateforme électorale ou d’un parti », a-t-il assuré au Dauphiné Libéré.

Un contexte marqué par l’urgence climatique et une défiance politique

Ce lancement intervient dans un été particulièrement chaud, marqué par des incendies et des records de température. Jean-Marc Jancovici, figure médiatique incontournable sur les questions climatiques, estime que les élus « n’arrivent pas à s’emparer de ces thèmes » et « ont du retard sur la réalité perçue par les citoyens ». Selon lui, « les sujets qui seront débattus par l’assemblée montent en puissance car ils touchent aux limites physiques de notre monde ».

L’initiative s’inscrit dans un climat de défiance croissante envers les partis traditionnels et les discours politiques jugés déconnectés des réalités. En ciblant les têtes qui « font » la France – hommes et femmes politiques, élites économiques et universitaires –, « Un Commun Accord » espère peser sur le débat public et les programmes des candidats.

Des soutiens prestigieux et une dynamique inattendue

Le projet bénéficie d’un capital sympathie certain grâce à ses soutiens issus de la société civile. Outre Thierry Lhermitte, François Gabart, Laury Thilleman et McFly & Carlito, une douzaine de personnalités ont rejoint l’aventure. Cette diversité – du show-business au sport en passant par les influenceurs – vise à toucher un public large, au-delà des cercles militants écologistes.

Le succès de la collecte de contributions sur Ulule, qui a largement dépassé les espérances, témoigne d’un engouement populaire. En quelques jours, plus de 148 000 personnes ont manifesté leur intérêt, un signal fort envoyé à la classe politique. Ce dynamisme rappelle d’autres mobilisations citoyennes récentes, comme le ZEvent 2026, qui a su fédérer des millions de personnes autour d’une cause commune.

Vers une recomposition du débat politique ?

Au-delà du cas Jancovici, « Un Commun Accord » interroge sur les nouvelles formes de participation citoyenne en France. Entre les conventions citoyennes, les consultations en ligne et les initiatives locales, le modèle de la démocratie représentative semble en pleine mutation. L’initiative de Jancovici, par son ambition et son calendrier, pourrait bien influencer la campagne présidentielle, même sans mandat institutionnel.

Les candidats devront en tout cas intégrer ces thématiques, portées par une opinion de plus en plus sensibilisée aux enjeux climatiques et sociaux. La période de réflexion s’étendra jusqu’en février 2027, soit deux mois avant le premier tour. Les propositions de l’assemblée pourraient ainsi nourrir les débats télévisés et les programmes.

Reste à voir si cette énergie citoyenne se traduira par des changements concrets. Mais une chose est sûre : Jean-Marc Jancovici a réussi à placer le climat et la participation citoyenne au cœur de l’actualité, comme en témoigne l’engouement suscité par son projet. Dans un paysage politique fragmenté, cette initiative représente un pari audacieux : prouver que le consensus est possible, même sur les sujets les plus clivants.

Alors que la rentrée politique s’annonce animée, avec notamment la question de la primaire à gauche ou les débats sur l’école, « Un Commun Accord » apporte une note singulière. En parallèle, d’autres sujets agitent la société, comme les polémiques récurrentes sur les propos sexistes dans le sport ou les questions de sécurité. Mais Jancovici, lui, reste focalisé sur son objectif : faire émerger des solutions partagées pour affronter les défis du siècle.

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