La députée insoumise Clémence Guetté veut faire de l'amitié une cause politique
Alors que Jean-Luc Mélenchon a officialisé sa candidature à la présidentielle de 2027 le 3 mai dernier, un autre sujet agite la sphère politique : la proposition de loi de Clémence Guetté visant à reconnaître un statut officiel à l'amitié. La vice-présidente de l'Assemblée nationale publiera en août prochain un essai intitulé Pour une politique de l'amitié aux éditions La Découverte. Dans cet ouvrage, elle défend une vision révolutionnaire des liens sociaux, calquée sur le modèle familial, pour lutter contre le capitalisme et l'extrême droite.
Dès le 15 janvier 2026, Guetté avait déposé une proposition de loi en ce sens et organisé un colloque à l'Assemblée nationale, baptisé « L’amitié pour faire peuple », sous le haut patronage de Jean-Luc Mélenchon. Le Figaro rapporte que la députée justifie cette initiative par le fait que « le modèle familial traditionnel n’est plus la norme » dans la « nouvelle France », concept clé de la campagne mélenchoniste.
Une filiation revendiquée avec la Révolution française
Pour appuyer son projet, Clémence Guetté n'hésite pas à puiser dans l’histoire révolutionnaire. Elle cite ainsi Saint-Just, l’ami de Robespierre, pour qui l’amitié était un lien obligatoire dont la rupture devait être justifiée publiquement. Cette référence à la Terreur n’est pas anodine : elle suggère une volonté de refonder les relations humaines sur des bases politiques, loin de la sphère privée traditionnelle.
Un projet qui s’inscrit dans la stratégie de campagne de Mélenchon
Ce lundi 4 mai, Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, expliquait que la campagne présidentielle de Mélenchon allait mettre en avant la « Nouvelle France » : une société plus féminisée, plus urbaine, plus brassée. La proposition de Guetté en est un prolongement direct. En remettant en cause le modèle familial traditionnel, elle incarne le virage anthropologique que prône le mouvement insoumis.
Un concept qui fait débat
Si l’initiative séduit une partie de l’électorat de gauche, elle suscite des critiques acerbes à droite et à l’extrême droite. Boulevard Voltaire y voit une « politisation de l’amitié » destinée à achever le travail de sape contre la famille traditionnelle. Pour d’autres, le projet est jugé liberticide ou simplement irréaliste. Clémence Guetté assume : elle veut que l’amitié devienne un lien aussi reconnu que le mariage ou la filiation, avec des droits et des devoirs associés.
Perspectives : une campagne sous le signe de la polarisation
La question de l’amitié politique n’est qu’un des multiples clivages que Mélenchon entend creuser pour 2027. Comme le rapporte Le Point, le tribun mise sur la polarisation pour exister face à une gauche divisée. La proposition Guetté s’inscrit dans cette logique : créer une rupture nette avec les valeurs traditionnelles, pour fédérer un électorat jeune, urbain et multiculturel.
Alors que la campagne s’annonce tendue, portée par des thèmes forts comme la guerre généralisée ou la crise économique, ce débat sur l’amitié pourrait bien devenir un des marqueurs de la présidentielle 2027.
Un parallèle avec d’autres figures médiatiques
Sans surprise, cette actualité rappelle d’autres polémiques récentes autour de figures publiques. Par exemple, Clémence Castel de retour sous les projecteurs : ce qui agite la toile en ce printemps 2026 montre comment une personnalité peut cristalliser les débats de société. De même, les récentes déclarations de Karim Bouamrane illustrent la polarisation politique grandissante en France.
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