Patrick Montel : « Je suis effaré » par le 20h de France 2
Le journaliste sportif emblématique Patrick Montel a créé la surprise, mercredi 19 août 2026, en s'en prenant vivement au journal de 20 heures de France 2, présenté par Mélanie Taravant. Sur son compte X, l'ancienne voix de l'athlétisme sur France Télévisions a exprimé son indignation : « Ça faisait longtemps que je n’étais pas tombé sur le 20 heures de @france2 je suis effaré .. une succession de faits divers crapuleux. Rien d’autre dans l’actualité ? » Une sortie cinglante, relayée en masse sur les réseaux sociaux et reprise par plusieurs médias, dont Jean-Marc Morandini.
Un JT sous le signe du fait divers
Ce soir-là, le sommaire du 20h de France 2 enchaînait en effet des sujets sombres : addiction aux réseaux sociaux et suicides d'adolescents, effondrement de gradins à Erquy (16 blessés), usurpations d'identité, et feux de forêt. Un menu qui a visiblement outré Patrick Montel, qui n'a pas mâché ses mots. Joint par nos confrères de Public, l'intéressé est revenu sur cette critique, précisant qu'il était « effaré » par une telle programmation, qu'il juge trop axée sur le « crapuleux » et pas assez sur une actualité plus diversifiée.
Une critique qui fait écho à un malaise plus large
Cette prise de position n'est pas isolée. Elle s'inscrit dans un débat récurrent sur la place des faits divers dans les journaux télévisés. De nombreux téléspectateurs et observateurs des médias s'interrogent sur la tendance des rédactions à privilégier les histoires à forte charge émotionnelle ou spectaculaire, souvent au détriment de sujets de fond (politique, économie, international). Patrick Montel, fort de son expérience, incarne une certaine exigence journalistique, et sa critique a trouvé un écho particulier.
Un contexte médiatique tendu
Depuis son départ de France Télévisions en 2020, après plus de 35 ans de carrière, Patrick Montel s'est construit une nouvelle légitimité sur les réseaux sociaux et via son propre média. Il y commente l'athlétisme mais n'hésite pas à prendre position sur l'actualité des médias. Cette sortie contre le JT de France 2 intervient dans un climat où les chaînes sont régulièrement critiquées pour leurs choix éditoriaux. Elle a également relancé le débat sur l'audience : selon Jean-Marc Morandini, le 20h de Mélanie Taravant a rassemblé 3,3 millions de téléspectateurs ce soir-là, contre plus de 4,3 millions pour le JT de TF1, qui ouvrait sur un sujet médical porteur d'espoir (un nouveau médicament contre le cancer). Un écart qui donne du grain à moudre aux détracteurs du fait divers.
Patrick Montel, une voix qui compte encore
À 73 ans, Patrick Montel n'a rien perdu de sa verve ni de sa liberté de ton. Celui qui a commenté les exploits de Marie-José Pérec, Renaud Lavillenie ou Usain Bolt, a toujours su faire vibrer les foules. Sa passion pour l'athlétisme reste intacte, comme en témoigne sa présence sur les stades et ses interventions médiatiques. Avec sa critique du JT de France 2, il montre qu'il reste un observateur attentif de la scène médiatique française, et que sa parole pèse encore, même loin des plateaux.
Un ancien employeur toujours dans le viseur
Patrick Montel n'en est pas à son premier coup de gueule contre France Télévisions. Après avoir été écarté du service des sports en 2020, il avait confié au Parisien son sentiment d'avoir été « poussé vers la sortie », en partie pour des raisons d'âge. Depuis, il n'hésite pas à critiquer régulièrement les choix éditoriaux ou sportifs du groupe public. Cette fois, c'est le journal d'information générale qui est dans le collimateur, mais l'ancien commentateur conserve un regard acéré sur la gestion de son ex-employeur.
L'audience en question : le fait divers fait-il recette ?
L'un des arguments avancés par Patrick Montel et ses soutiens est que la surabondance de faits divers ne serait pas payante en termes d'audience. Jean-Marc Morandini a d'ailleurs souligné que TF1, avec un sujet plus positif, avait réalisé une meilleure performance. Il serait toutefois hasardeux d'établir un lien de causalité direct. Les audiences des JT dépendent de nombreux facteurs, tels que la notoriété du présentateur, les habitudes de consommation, ou encore l'actualité du jour. Mais ce chiffre alimente la réflexion des programmateurs et des journalistes.
Diversité de l'information : un enjeu majeur
Au-delà de l'anecdote, cette polémique met en lumière un enjeu crucial pour les rédactions : comment concilier l'impératif d'audience avec la mission d'informer sur tous les pans de la société ? La tentation du fait divers est forte, car elle promet une émotion immédiate et une identification facile. Mais elle risque à terme d'appauvrir le débat public et de laisser de côté des sujets essentiels, comme la politique étrangère, les enjeux économiques ou les évolutions scientifiques. Les médias doivent donc constamment arbitrer entre ces différentes attentes.
Un débat plus large sur l'évolution du journalisme
La sortie de Patrick Montel s'inscrit aussi dans une évolution plus générale du journalisme à l'ère du numérique. Les réseaux sociaux, qui lui servent de caisse de résonance, poussent à une forme de spectacle et de réactivité qui peut parfois se faire au détriment de la profondeur. La critique de l'ancien commentateur sportif résonne donc chez tous ceux qui s'inquiètent de la qualité de l'information délivrée par les grands médias.
La concurrence des nouveaux formats
Dans ce paysage en mutation, les journaux télévisés traditionnels sont concurrencés par les plateformes de streaming, les chaînes d'info en continu, et les réseaux sociaux. Pour exister, certains misent sur des angles plus tranchés ou des sujets plus anxiogènes. Pourtant, comme le montre cet épisode, une partie du public aspire à une information plus équilibrée et plus constructive. Les médias qui sauront répondre à cette demande, sans sacrifier le fond au sensationnel, pourraient bien tirer leur épingle du jeu.
En conclusion : un appel à la responsabilité
La critique de Patrick Montel, au-delà de son caractère polémique, est un appel à la responsabilité des rédactions. Elle rappelle que le journalisme a pour vocation première d'informer, pas seulement de divertir ou d'émouvoir. En pointant du doigt le 20h de France 2, l'ancien commentateur sportif a rouvert un dossier essentiel pour l'avenir de nos médias. Une chose est sûre : sa voix n'a pas fini de se faire entendre. La rédaction suivra de près les réactions de France Télévisions et l'évolution de ses choix éditoriaux.
Et maintenant ?
Dans les prochaines semaines, il faudra observer si cette polémique aura un impact sur la ligne éditoriale du JT de France 2. Mélanie Taravant, de son côté, n'a pas réagi publiquement à ces critiques. Affaire à suivre. En attendant, les téléspectateurs restent les premiers juges, comme le montrent les audiences comparées des deux journaux. La question posée par Patrick Montel — « Rien d’autre dans l’actualité ? » — mérite en tout cas qu’on s’y attarde. Le débat est lancé.
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