L'Arcom salue la modération de Pascal Praud après un dérapage sur Aya Nakamura
Ce lundi 22 juin 2026, le débat autour du traitement médiatique de CNews et de la figure centrale de Pascal Praud est plus vif que jamais. Alors que la rédaction s'interroge sur la pluralité de la chaîne, une décision de l'Arcom publiée le 19 juin dernier retient l'attention : le gendarme de l'audiovisuel n'a pas retenu de manquement dans l'affaire des propos de l'écrivain Richard Millet visant la chanteuse Aya Nakamura,soulignant au contraire la réaction rapide de l'animateur. Dans son édito du jour, Pascal Praud s'est saisi d'un tout autre sujet, dénonçant une forme de dérive idéologique autour du simple geste de se climatiser en période de forte chaleur.
Propos tenus le 23 février : une polémique ravivée
C'est un incident qui remonte au 23 février 2026, mais dont les conséquences continuent de se faire sentir. En plateau, dans l'émission L'Heure des pros, le romancier Richard Millet avait, lors d'une discussion sur la cérémonie de clôture des JO d'hiver de Milan-Cortina, qualifié Aya Nakamura de « chanteuse énorme malienne ». Des termes immédiatement condamnés par l'avocate Sarah Saldman et qui avaient provoqué un vif émoi sur les réseaux sociaux, poussant notamment SOS Racisme à saisir l'Arcom. Pascal Praud avait alors dû interrompre son chroniqueur : « Vous nous mettez en difficulté, nous, la chaîne et moi. » Une modération qui, selon l'Arcom,a permis d'éviter un manquement. L'autorité a toutefois contacté CNews pour « relayer l'émoi suscité », rappelant l'obligation de respecter les droits des femmes et de lutter contre les stéréotypes.
Un édito du 22 juin qui met le feu aux poudres
Ce même 22 juin, dans son édito, Pascal Praud s'est penché sur un sujet a priori anodin : la climatisation. Mais avec son ton caractéristique, il a placé cette question dans un cadre politique accusateur : « Aujourd'hui la climatisation est de droite, demain d'extrême droite et après-demain fasciste ? » Cette charge contre ce qu'il perçoit comme une tendance à tout politiser a suscité de nombreuses réactions, mêlant ironie et critiques sur les réseaux sociaux. Pour beaucoup, cette séquence illustre la ligne éditoriale de CNews, régulièrement pointée du doigt pour son manque de pluralité et sa porosité avec des idées d'extrême droite.
CNews dans le viseur de l'Arcom : une mise en demeure historique
Si l'affaire Aya Nakamura n'a pas donné lieu à une sanction lourde, elle s'inscrit dans un contexte plus large de tension entre la chaîne du groupe Canal+ et le régulateur. La semaine dernière, CNews a reçu une « mise en demeure » de l'Arcom pour « un déséquilibre manifeste et durable dans l’expression des courants de pensée et d’opinion ». Le président de l'Arcom, Martin Ajdari, a précisé que « sur de nombreux sujets,ils sont très majoritairement dans un seul sens ». Une décision ferme que la chaîne a annoncé « contester fermement »,envisageant même de saisir le Conseil d'État.
Un débat qui dépasse le simple cadre médiatique
Cette mise en demeure intervient dans un climat politique tendu. Comme le rappellent nos confrères, la question migratoire est régulièrement abordée par les chroniqueurs de l'émission, créant des polémiques en série.
Pascal Praud, figure médiatique incontournable et clivante
Au-delà des polémiques, Pascal Praud demeure une figure puissante du paysage audiovisuel français. Il est aussi capable de moments d'émotion sincère, comme le 18 juin dernier, lorsqu'il a rendu hommage à l'entraîneur de football Eric Roy,décédé des suites d'un cancer du pancréas. L'animateur a salué la mémoire d'un « chevalier du bien », un hommage qui a touché de nombreux téléspectateurs. Cette dualité – entre la défense d'une ligne dure et l'expression d'une sensibilité populaire – fait de lui un animateur aussi adulé que contesté.
L'impact sur l'avenir de CNews
Avec la multiplication des dérapages et la réaction de l'Arcom, l'avenir de CNews est sujet à interrogations. Le régulateur continue de surveiller de près le respect du pluralisme sur la chaîne, tandis que celle-ci défend son modèle. Pour les téléspectateurs, reste la question centrale : comment assurer une diversité de points de vue tout en préservant la liberté éditoriale d'une chaîne d'information en continu ?
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