Un appel désespéré au président de la République
Quatre mois après la disparition de Manon Relandeau, sa mère, Nathalie, a lancé un appel solennel à Emmanuel Macron, jeudi 6 août, pour qu'il intervienne auprès des autorités algériennes. "Je suis désemparée", a-t-elle confié à ICI Loire-Océan. "Je supplie monsieur le président de la République de m'aider à faire avancer le dossier relatif à la disparition de ma fille Manon auprès des autorités algériennes", a-t-elle insisté, dans des propos rapportés par BFM TV.
L'agricultrice de 31 ans, installée à Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), n'a plus donné signe de vie depuis le 27 mars 2026. Le principal suspect, son conjoint Karim B., a fui en Algérie le 2 avril avec leur fille, alors âgée de 15 mois. Interpellé un mois plus tard, il est placé en détention provisoire en Algérie, mais les autorités locales refusent de l'extrader. La famille, sans nouvelles de l'enquête, Vit une "souffrance quotidienne".
Une enquête au point mort côté algérien
Le procureur de la République de Nantes a ouvert une enquête pour enlèvement et meurtre. Mais les investiguations piétinent : la justice algérienne, qui a la main sur le suspect, ne transmet aucune information à la famille. "Je ne supporte plus de ne rien savoir. C'est une souffrance quotidienne", a déclaré Nathalie au Figaro, mercredi 5 août. Elle réclame l'aide du gouvernement français pour établir un lien avec la justice algérienne et obtenir l'accès au dossier.
"C'est lui qui a la vérité", affirme-t-elle à propos de son ancien gendre, espérant qu'il finisse par parler. "Mais encore faut-il qu'il soit interrogé. Il est peut-être interrogé, mais rien n'est transmis", déplore-t-elle. La mère de la disparue conserve un infime espoir de retrouver sa fille vivante, peut-être retenue quelque part en Algérie, mais elle admet avoir "perdu espoir de la retrouver en vie".
La ferme de Manon en péril
Parallèlement à ce combat judiciaire, la famille doit faire face à une autre urgence : préserver l'exploitation agricole de Manon, la ferme du Chêne Creux. La jeune femme, qui tenait une pension pour chevaux et élevait des vaches nantaises, en est seule propriétaire. Le prêt contracté court toujours, les factures s'accumulent, et les animaux doivent être nourris et soignés. Sur les 23 chevaux en pension, il n'en reste que 8, ce qui réduit encore les revenus.
Pour payer les charges et sauver l'exploitation, la famille a lancé le 1er août une cagnotte en ligne sur la plateforme onparticipe.fr. "Même en vendant les vaches, on n'arrivera pas à joindre les deux bouts", a expliqué Nathalie. La cagnotte, qui n'est pas "sa philosophie" comme elle le reconnaît, avait récolté près de 5 000 euros mercredi midi.
Un douloureux précédent dans les relations franco-algériennes
Cette affaire s'inscrit dans un contexte tendu entre la France et l'Algérie en matière de coopération judiciaire. Le refus d'extrader Karim B. n'est pas un cas isolé : les autorités algériennes ont déjà opposé des fins de non-recevoir à plusieurs demandes françaises dans des dossiers criminels. La famille de Manon Relandeau espère que l'intervention personnelle d'Emmanuel Macron débloquera la situation.
Pour l'heure, le seul espoir de Nathalie est que Karim B. soit entendu et livre enfin la vérité. Elle redoute également qu'il soit remis en liberté et récupère la garde de sa fille, aujourd'hui confiée à ses grands-parents en Algérie. Un scénario que la famille ne peut envisager sans trembler.
Cette affaire, qui mêle drame familial et tensions diplomatiques, rappelle que les disparitions de Français à l'étranger restent des situations particulièrement complexes, où la coopération judiciaire internationale est cruciale. L'appel de Nathalie, relayé par les médias, est un dernier recours pour tenter d'obtenir des réponses. En attendant, la famille de Manon Relandeau continue de se battre sur tous les fronts, avec l'espoir que la vérité éclate enfin.
Commentaires