Terrence Tengué, porte-drapeau aux JO de Paris 2024, sous le coup d’une OQTF
Le nageur olympique centrafricain Terrence Tengué, âgé de 20 ans, a été placé sous obligation de quitter le territoire français (OQTF) par la préfecture de l’Yonne au mois de mai 2026. Installé à Sens depuis près de deux ans, il a immédiatement initié un recours auprès du tribunal administratif de Dijon, assisté par une avocate. L’athlète, qui a participé au 50 m nage libre des Jeux olympiques de Paris 2024 en tant que porte-drapeau de la Centrafrique, se dit « choqué, déboussolé, mais pas résigné ».
Un dossier d’intégration solide mais incomplet
Selon les informations révélées par L’Yonne Républicaine le 15 juin et reprises par La Dépêche du Midi, Terrence Tengué a déposé une demande de titre de séjour il y a plus d’un an, sans obtenir de réponse. Après la notification de l’OQTF, il a rassemblé « la majeure partie des preuves de son intégration » (bénévolat, études, liens familiaux) pour son recours. Il ne manque plus que sa licence sportive, qu’il doit prendre au club de natation de Sens. « Quand mon dossier sera complet, le tribunal fixera une date d’audience », précise-t-il.
Un athlète sans attaches en Centrafrique, mais toute sa famille en France
La situation de Terrence Tengué illustre un paradoxe administratif douloureux. Toute sa famille proche vit en France : sa mère à Valenciennes, son oncle, sa grand-mère et un cousin à Sens, un autre à Villeneuve-sur-Yonne. « Du côté de mon père, ils ont tous la nationalité française », confie le jeune homme. Son père est décédé en 2020 en République centrafricaine, et il n’a « plus personne là-bas ».
Un parcours d’intégration exemplaire sous tension
Arrivé en France après les Jeux olympiques, Terrence a d’abord vécu chez sa mère à Valenciennes, où il s’est entraîné au club local, puis a rejoint Sens pour se rapprocher de sa famille et intégrer le club de natation de la ville. Malgré ces efforts, l’administration lui signifie une OQTF, au motif qu’il n’aurait pas justifié d’une résidence stable ou d’une insertion suffisante. « Ce n’est pas normal ce qui lui arrive », estime son entourage.
Les enjeux d’une OQTF pour un sportif de haut niveau
Cette affaire intervient dans un contexte plus large de durcissement des politiques migratoires en France et en Europe. Le cas de Terrence Tengué, reconnu comme athlète olympique, met en lumière les contradictions entre la volonté d’attirer et de retenir les talents sportifs, et les procédures administratives souvent inflexibles. L’athlète pourrait bénéficier d’une régularisation à titre exceptionnel, mais son avenir reste suspendu à la décision du tribunal.
Un précédent qui interroge
D’autres sportifs étrangers, pourtant intégrés et soutenus par leurs clubs, se sont heurtés à des obligations de quitter le territoire. Le cas de Terrence Tengué rappelle celui de nombreux migrants dont les liens familiaux et l’engagement local ne suffisent pas toujours à obtenir un droit au séjour. L’issue de son recours sera scrutée par les associations de défense des droits des étrangers et par le milieu sportif, qui suit avec attention l’évolution de cette procédure.
L’avenir de Terrence Tengué : entre espoir et incertitude
En attendant la décision du tribunal administratif de Dijon, le nageur continue de s’entraîner et de préparer sa saison. Il espère que les preuves de son intégration — sa scolarité, ses activités bénévoles, et surtout sa licence sportive — suffiront à convaincre le juge. « Je veux rester en France, près de ma famille, et continuer à nager », résume-t-il. Son avocate mise sur la durée du recours pour rassembler tous les éléments et obtenir l’annulation de l’OQTF.
Pendant ce temps, l’opinion publique s’émeut de voir un jeune porte-drapeau olympique menacé d’expulsion. Plusieurs associations ont déjà proposé leur soutien, et une pétition en ligne circule pour demander sa régularisation. Terrence Tengué, lui, garde espoir : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends », lance-t-il, reprenant une devise qui pourrait bien l’aider à traverser cette épreuve.
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