Nicolas Demorand brise le silence sur son internement forcé
L'ex-présentateur de la matinale de France Inter, Nicolas Demorand, a révélé dans une interview exclusive à Télérama publiée ce dimanche 14 juin 2026 avoir été interné de force à l'hôpital psychiatrique Sainte-Anne, à Paris, le 11 novembre 2025. Hospitalisé sans son consentement après une phase maniaque aiguë liée à sa bipolarité, le journaliste de 55 ans raconte les circonstances dramatiques de cette prise en charge contrainte.
Selon le récit qu'il livre, conduit à l'hôpital après plusieurs nuits sans sommeil, Nicolas Demorand chantait « Les Portes du pénitencier » de Johnny Hallyday dans la voiture. Arrivé sur place, il s'est rebellé contre l'hospitalisation et a dû recevoir « un remède de cheval » pour être calmé. Il est resté trois semaines dans l'établissement parisien.
Cette douloureuse expérience est au cœur de son nouveau podcast baptisé Si besoin, dont le premier épisode est mis en ligne ce lundi 15 juin 2026 et sera diffusé sur France Inter pendant l'été. Le programme, qui tire son nom des médicaments prescrits « au cas où », donne la parole à d'autres malades atteints de troubles psychiques.
Un combat contre la maladie et le retour à l'antenne
Nicolas Demorand avait déjà courageusement révélé sa bipolarité le 26 mars 2025 sur l'antenne de France Inter, déclarant : « Je suis un malade mental », avant de publier le lendemain son livre Intérieur nuit aux éditions Les Arènes. Mais personne ne savait que l'ancien directeur de la rédaction de Libération avait vécu un épisode aussi violent.
Après cette première hospitalisation, le journaliste a connu une période de léger rétablissement avant de plonger dans une dépression profonde, décrite par Télérama comme « inédite » par son intensité. Une nouvelle hospitalisation, en mars 2026, a été nécessaire. Il y a reçu de la kétamine, un puissant anesthésiant utilisé pour ses propriétés antidépressives sous stricte surveillance médicale.
Aujourd'hui, Nicolas Demorand explique avoir repris pied grâce à la lecture, à la radio et au soutien indéfectible de ses proches, notamment la journaliste Léa Salamé, avec qui il partage l'antenne. Également président du jury du Livre Inter, il annonce son retour sur les ondes à la rentrée : une nouvelle émission hebdomadaire intitulée Recto Verso, diffusée tous les samedis et dimanches de 9 heures à 10 heures, consacrée à l'actualité culturelle.
Un témoignage qui libère la parole
Ce récit intime intervient dans un contexte où la santé mentale est au cœur des préoccupations médiatiques. Nicolas Demorand, qui a été pendant des années la voix la plus écoutée du pays avec cinq millions d'auditeurs chaque matin, dévoile les coulisses d'une maladie souvent taboue.
Son cas illustre la difficulté de concilier un métier à haute pression – réveil à 3 heures du matin, directs quotidiens – avec la gestion d'un trouble bipolaire. En novembre 2025, personne n'avait perçu ses symptômes à l'antenne, trompé par sa voix puissante. C'est Adèle Van Reeth, alors directrice de France Inter, qui avait remarqué sa fatigue excessive et avait alerté.
Ce témoignage rejoint d'autres prises de parole récentes de personnalités médiatiques sur la dépression et les troubles de l'humeur. Nicolas Demorand, par sa notoriété et sa franchise, contribue à briser un silence et à encourager d'autres patients à consulter sans honte.
Un retour progressif et un podcast pour les malades
Le podcast Si besoin, qui comprend six épisodes, raconte non seulement son hospitalisation forcée et les hallucinations visuelles qui ont marqué cette période, mais donne aussi la parole à d'autres malades. L'objectif : déstigmatiser les troubles psychiatriques et offrir un espace de partage.
En attendant son retour à l'antenne en août prochain, Nicolas Demorand continue d'écouter Florence Paracuellos, qui l'a remplacé au pied levé dans la matinale et qui rempile désormais avec Benjamin Duhamel. Une nouvelle page s'ouvre pour celui qui a traversé un « hiver éprouvant », comme il le confie à Télérama.
Cette révélation intervient alors que la France connaît des débats animés sur la prise en charge psychiatrique et les hospitalisations sous contrainte, comme en témoignent d'autres actualités récentes. Le courage de Nicolas Demorand pourrait contribuer à faire évoluer les regards sur une maladie qui touche des millions de Français.
Commentaires