Vaccin grippe : la prescription devient obligatoire ce 10 juillet 2026

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Prescription obligatoire pour les vaccins antigrippaux : les professionnels de santé concernés

Depuis ce vendredi 10 juillet 2026, une nouvelle réglementation entre en vigueur : les vaccins contre la grippe saisonnière sont soumis à prescription obligatoire. Cette décision, prise par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), vise à renforcer le cadre réglementaire de ces vaccins, désormais classés sur la liste I des substances vénéneuses.

Jusqu'alors largement accessibles sans ordonnance, les vaccins antigrippaux voient donc leur statut évoluer. Concrètement, la prescription peut être établie par un médecin, une sage-femme, un pharmacien ou un infirmier. Cette mesure, qui suscite des débats dans le milieu, doit permettre un meilleur suivi médical et une traçabilité renforcée des vaccinations.

Les pharmaciens et infirmiers habilités à prescrire

La réforme ne se limite pas aux seuls médecins. Les pharmaciens ayant suivi une formation spécifique (mise en place dès 2019) peuvent désormais prescrire et administrer le vaccin aux personnes âgées de 11 ans et plus, qu'elles soient ou non ciblées par les recommandations vaccinales.

Pour les infirmiers, aucune condition de formation supplémentaire n'est requise pour ce vaccin. Cette extension des compétences vise à fluidifier le parcours vaccinal et à réduire la pression sur les cabinets médicaux, en particulier en période de campagne saisonnière.

Le classement sur la liste I des substances vénéneuses : pourquoi ce changement ?

L'intégration des vaccins grippaux sur la liste I des substances vénéneuses constitue le principal levier juridique de cette nouvelle obligation. Selon l'ANSM, ce classement justifie pleinement l'exigence d'une prescription. Jusqu'à présent, les vaccins n'étaient pas soumis à ce régime, ce qui permettait une délivrance sans ordonnance dans la plupart des officines.

Cette décision intervient dans un contexte marqué par une volonté de renforcer la sécurité sanitaire et d'harmoniser les pratiques avec d'autres vaccins soumis à prescription, comme ceux contre la rougeole ou la coqueluche. Elle s'accompagne également d'une volonté de mieux contrôler la traçabilité des doses administrées, un enjeu devenu crucial après la pandémie de Covid-19.

Une mesure qui ne fait pas l'unanimité

Plusieurs professionnels de santé ont exprimé leurs réserves. Pour certains, cette obligation pourrait freiner l'accès à la vaccination, notamment pour les personnes les plus vulnérables, en ajoutant une étape administrative. La Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) redoute une baisse de la couverture vaccinale en l'absence de campagne d'information massive.

D'autres rappellent que la vaccination antigrippale reste un enjeu de santé publique majeur, avec près de 10 000 hospitalisations évitées chaque année grâce à une couverture suffisante.

Une affaire de concurrence en toile de fond : Sanofi dans le viseur de l'UE

Ce changement de réglementation intervient alors que le marché des vaccins antigrippaux est secoué par une enquête de la Commission européenne. Le géant pharmaceutique français Sanofi est soupçonné d'abus de position dominante pour avoir dénigré un concurrent australien, CSL Seqirus, et son vaccin Fluad. Depuis 2024, Sanofi aurait mené une campagne visant à discréditer ce produit auprès des professionnels de santé en France et en Allemagne, afin de favoriser son propre vaccin, l'Efluelda.

Pour éviter des sanctions, Sanofi a proposé des mesures correctives, notamment la publication de communiqués clarifiant que le Fluad est jugé efficace par les autorités. L'entreprise précise que cela "ne constitue en aucun cas une reconnaissance d'une quelconque infraction". L'affaire pourrait avoir un impact sur la perception des vaccins par le grand public, déjà sensible aux polémiques industrielles.

Implications pratiques pour les patients et perspectives

Pour les patients, la nouvelle réglementation simplifie en réalité le parcours : un seul rendez-vous chez le pharmacien peut suffire pour la prescription et l'injection, là où une consultation médicale était parfois nécessaire. Cependant, les patients doivent désormais penser à se munir d'une ordonnance, ce qui n'était pas le cas auparavant.

À plus long terme, cette évolution pourrait ouvrir la voie à un élargissement des compétences vaccinales pour d'autres pathologies, comme le zona ou la coqueluche. Le gouvernement réfléchit déjà à étendre ce modèle à d'autres vaccins, dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.

En attendant, les autorités sanitaires rappellent que la campagne de vaccination antigrippale 2026-2027 débutera en octobre, et qu'il est déjà possible de se faire prescrire son vaccin auprès d'un professionnel habilité. Pour ne pas manquer les échéances, les patients peuvent consulter les recommandations sur le site de l'Assurance maladie.

Pendant que l'actualité sanitaire se concentre sur ces changements réglementaires, d'autres sujets, comme le Tour de France 2026 ou les tensions entre Katy Perry et Justin Trudeau, continuent d'animer l'actualité grand public.

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